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MAROC
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Les capitales
Casablanca et Rabat, les deux villes principales du Maroc, ne sont qu'à une heure de train l'une de l'autre un trajet court et confortable (il faut compter un peu plus de temps par la route). Extrêmement différentes, ces cités se complètent à merveille: «Casa» incarne le dynamisme et la puissance économique, alors que Rabat est une ville d'histoire, d'espace et d'élégance.

Casablanca
Environ un Marocain sur dix habite Casablanca. Presque tous les bâtiments datent du XXe siècle, et les nouveaux quartiers du centre-ville à l'architecture contemporaine rivalisent d'opulence et de modernité. Des palmiers hauts de huit étages bordent les boulevards ponctués de parcs ombragés, avec cafés et glaciers en plein air. Impossible d'ignorer la Grande Mosquée Hassan II, «nouveau phare de l'islam», au bord de l'Atlantique. Son minaret, le plus haut édifice du pays (200 m), domine le front de mer d'où qu'on le voie, et surtout la nuit lorsqu'un rayon laser indique depuis son sommet la direction de La Mecque. Cette «méga-mosquée» est la plus grande après celle de La Mecque: sa salle de prière a la taille de quatre terrains de football, et l'esplanade peut accueillir 80'000 fidèles supplémentaires. Tous les bâtiments annexes, des écoles coraniques aux parkings souterrains, présentent la même démesure. L'architecte, Michel Pinseau, est Français; des milliers d'artisans marocains ont créé l'impressionnante décoration de ce monument, qui confère une dimension spirituelle à la métropole commerciale animée.

Casablanca n'était qu'une bourgade de 20'000 habitants à l'arrivée des Français en 1907. Ceux-ci édifièrent une spacieuse ville coloniale, quadrillée d'imposants boulevards, autour de l'actuelle place des Nations-Unies. Les nouveaux bâtiments associent les architectures européenne et arabe dans le style dit mauresque. Mais les architectes n'ont pas pu résister à la tentation de couronner les arcades de l'Hôtel de Ville d'une sorte d'horloge de gare. Témoin de l'époque coloniale, la cathédrale du Sacré-C ur est désaffectée, mais sa haute silhouette fait partie des curiosités de Casablanca. Plusieurs églises plus modestes continuent à accueillir la communauté chrétienne.

Il est aisé de s'orienter à l'intérieur de la vieille ville fortifiée. La médina est suffisamment peu étendue pour que vous ne risquiez pas de vous y perdre, les rues sont relativement larges et claires, et les vendeurs ne vous harcèleront pas davantage qu'un banc de pieuvres. Au sud-est de la ville, dans le quartier des Habous, les Français ont construit, dans les années 1930, la nouvelle médina. Avec ses ruelles étroites et bien ordonnées, elle est une version améliorée de l'architecture traditionnelle.

L'autre pôle d'attraction de la ville se situe au-delà du port, de l'ancienne médina et de la gigantesque nouvelle mosquée, dans le quartier d'Aïn Diab. Comme ce n'est pas très loin, vous pouvez vous y rendre à pied. Le boulevard de la Corniche mène à un chapelet d'hôtels luxueux, de clubs et de stations balnéaires sur l'océan. C'est là que la population se rend l'été pour échapper à la chaleur, se régaler de fruits de mer, nager (le plus souvent dans une piscine d'eau de mer) et rencontrer des amis. De méchantes vagues secouent l'Atlantique à cet endroit, et l'eau est douteuse, mais Aïn Diab vaut le détour, fût-ce pour prendre un bol d'air marin.

Rabat
Si les Français en ont fait une capitale illustre, Rabat, situé à l'embouchure du Bou Regreg, est une ville importante depuis l'époque romaine. Ses monuments les plus remarquables illustrent la perfection architecturale du haut Moyen Age à nos jours. L'une des visions les plus frappantes est le voisinage de la tour Hassan (XIIe siècle) avec le mausolée Mohammed V (années 1970).

Une vraie médina pour néophytes! Contrairement aux labyrinthes d'autres cités, la vieille ville de Rabat présente un quadrillage de rues rectilignes, où il est impossible de se perdre. Autre avantage: les marchands sont si calmes qu'ils ne feraient pas de mal à une mouche. Mais la couleur locale y est. Bab el-Had (une porte située au sud) sert de refuge aux écrivains publics, qui remplissent des formulaires à la machine pour des clients illettrés ou peu sûrs d'eux. Ici, également, des artisans peintres avec leurs rouleaux et brosses, maçons avec leur truelle patientent dans l'attente d'un travail, mais l'offre dépasse de loin la demande.

Au nord et en surplomb de la médina, la casbah (citadelle) animée mérite d'être découverte. La porte principale, Bab el-Kasbah ou porte des Oudaïa, est un superbe exemple de sculpture sur pierre de la fin du XIIe siècle. L'artère principale conduit au-delà de l'ancienne mosquée jusqu'à la plate-forme du Sémaphore, d'où le regard embrasse l'océan, l'oued et la ville de Salé, sur l'autre rive. Autre lieu privilégié, le café en plein air situé sous les ombrages du jardin Andalou, frais et reposant. A cet endroit, un pavillon princier du XVIIe siècle abrite un musée consacré aux arts marocains sous toutes leurs formes.

Des cavaliers en rutilant uniforme rouge montent la garde à l'entrée du mausolée de Mohammed V, qui accueille aussi la dépouille de Hassan II. Le site abrite également les ruines d'une mosquée almohade. Tous les matériaux et techniques traditionnels ont été utilisés pour cette construction moderne: zelliges, pierres précieuses et laiton travaillés à la perfection. Exceptionnellement, les non-musulmans sont autorisés à admirer les tombeaux des deux souverains.

La mosquée Hassan, l'ambitieux projet du sultan Yacoub el-Mansour (XIIe siècle), resta inachevée à sa mort. La forêt de 200 colonnes pointant vers le ciel donne une idée de la taille de l'édifice projeté. Il n'en reste qu'un minaret, l'un des plus beaux au monde. La tour Hassan relève de la même inspiration que la Giralda de Séville et la Koutoubia de Marrakech, qui lui sont contemporaines.

Le Musée archéologique, situé dans la nouvelle ville, présente des vestiges de l'histoire marocaine, des pierres les plus primitives aux lampes à huile, aux bijoux, aux monnaies et aux poteries du début de l'ère islamique. Sa collection la plus estimable, celle des bronzes antiques, est exposée dans l'annexe, où le superbe buste de Juba II de Maurétanie, découvert à Volubilis, tient la vedette. Le musée renferme aussi des bijoux anciens, admirablement ouvragés.

La côte septentrionale
L'Espagne est si proche de Tanger (13 km) que l'on croirait percevoir un air de flamenco par-dessus le détroit de Gibraltar. Au point de rencontre de l'Atlantique et de la Méditerranée, la côte septentrionale du Maroc possède une histoire mouvementée et une atmosphère cosmopolite.

Tanger
Intrigues internationales, contrebandiers, réfugiés, excentriques en tout genre ou personnages louches les tolérants Tangérois ont tout vu. Les Phéniciens fondèrent il y a 3000 ans un comptoir commercial et un port de pêche à cet endroit, qui accueillit plus tard la cité romaine de Tingis. Les Arabes s'emparèrent de la ville au VIIIe siècle, et les Portugais au XVe. Elle appartint un temps à Charles II d'Angleterre. En 1906, Tanger passa sous le contrôle de huit puissances européennes, tandis que l'Espagne administrait le reste des territoires septentrionaux.

Juste à l'extérieur des remparts de la vieille ville, le Grand Socco (grand marché) est le point de passage le plus fréquenté de Tanger. Un portail mène à l'intérieur de la médina, un labyrinthe étagé de ruelles animées, où se côtoient les artisans menuisiers, bijoutiers, cordonniers.

Au c ur de la médina, le Petit Socco est une agréable placette entourée de cafés. C'était le lieu de toutes les intrigues, à la porte de l'Afrique. Tout Tanger passe encore par ici hommes d'affaires en djellabah rayée, femmes en cafetan ou à l'élégance parisienne, et bandes d'enfants espiègles.

Située au sommet de la colline surplombant la médina, la casbah semble imprenable par terre comme par mer. Le sultan Moulay Ismaïl y avait érigé au XVIIe siècle le palais du gouverneur, à l'abri de la batterie de canons installée sur les remparts. Un porche discret, rue Riad Sultan, permet d'entrer dans l'odorant jardin du Sultan, qui conduit au Dar el-Makhzen, le palais du Sultan.

Le Musée des Arts marocains, installé dans le Dar el-Makhzen, présente des pièces inestimables, des Corans enluminés aux objets en bois et en métal, ainsi que des tapis berbères et une collection de céramiques. Le Musée des Antiquités attenant expose notamment des vestiges de l'âge de la pierre et des mosaïques romaines. Le palais est une uvre d'art en soi, avec ses deux patios richement décorés.

Tétouan
Tétouan, un étagement de maisons blanchies à la chaux sur les versants du Rif surplombant la Méditerranée, doit beaucoup de son charme à l'influence andalouse. Si son histoire remonte à plus de 2000 ans, la ville ne reprit vie qu'à la fin du XVe siècle, lorsque les musulmans et les juifs chassés par la Reconquête espagnole s'y installèrent. Ils y apportaient le savoir-faire andalou dans le domaine de l'architecture, de l'art et de l'artisanat.

Le dallage de la place Hassan II, esplanade monumentale bordée de palmiers, de drapeaux et de tours crénelées en forme de minaret, est constitué de motifs géométriques entrelacés. Un palais royal nouvellement restauré occupe l'un des côtés de cette saisissante interprétation moderne de la place marocaine traditionnelle.

Des décors andalous raffinés balcons en fer forgé et azulejos colorés font de la médina le prototype de la médina mauresque du Maroc. Dans les souks, Tétouan déploie ses tentations à chaque détour: des tissus aux poteries et aux marchandises de contrebande venues de la proche enclave espagnole de Ceuta.

Lixus
De nombreux vestiges archéologiques attestent la présence d'une importante colonie romaine à Lixus, juste au nord du petit port tranquille de Larache, sur la côte atlantique. La ville fut pourtant fondée par les Phéniciens au VIIe siècle av. J.-C.; c'est la colonie phénicienne la plus ancienne du Maroc. Le site comprend les ruines d'une acropole, de temples, d'un amphithéâtre et, dans la ville basse, de bassins de salaison pour le poisson. La légende situe le jardin des Hespérides le long de l'oued Loukos à Lixus. C'est là qu'Hercule aurait volé les pommes d'or.

Le coeur impérial
Meknès
Le sultan alaouite Moulay Ismaïl (1672 1727) fit de Meknès sa capitale, qu'il dota d'innombrables monuments grandioses. Certains sont en ruine, mais les édifices intacts sont suffisamment nombreux pour témoigner de son rêve de grandeur.

Les remparts de Meknès, percés de portes monumentales et interrompus de tours et de bastions, s'étirent sur près de 40 km. La plus belle porte est celle de Bab el-Mansour, du nom de son architecte, un esclave chrétien converti à l'islam. Sa disposition symétrique fait merveille. Prenez le temps d'observer le riche décor surmontant l'arc ogival principal et les arcs des deux bastions. La façade donnant sur la place el-Hedim est ornée de magnifiques carreaux de céramique où domine le vert.

Des pèlerins, le plus souvent issus du peuple, viennent encore prier dans la mosquée du mausolée de Moulay Ismaïl. L'imprévisible sultan, qui aurait eu des milliers de victimes sur la conscience, est néanmoins perçu comme un saint par ses compatriotes en raison de sa ferveur religieuse. Les non-musulmans sont exceptionnellement autorisés à visiter la mosquée du mausolée.

Haut lieu de la médina, Dar Jamaï est un palais du XIXe siècle qui accueille le Musée des Arts marocains. Parmi les chefs-d' uvre exposés figurent des tapis du Moyen-Atlas, des meubles traditionnels, des broderies, des zelliges, des poteries et des bijoux. Un ministre de la cour du sultan coula ici des jours enviables, et le palais lui-même est un régal pour les yeux.

Au coin du musée commencent les souks, où les artisans produisent de tout, des babouches aux selles et des robes de mariage aux théières en argent. Sous vos yeux, ils tissent des tapis, sablent une table, cousent un cafetan, martèlent un plateau. Tous les parfums de l'Orient embaument l'air, du safran vendu en sacs géants aux brochettes de viande grésillant sur le gril. Vous pourrez également acheter des simples et, si le c ur vous en dit, des remèdes traditionnels, notamment de gros lézards vivants dont le sang est considéré comme un fortifiant efficace.

La médersa Bou Inania, école coranique du XIVe siècle, entoure un patio carrelé, où le chant d'une fontaine en marbre incite à la méditation. Construite à la même époque que la remarquable médersa Bou Inania de Fès, elle se caractérise par ses sculptures sur bois de cèdre, en particulier sur les parois du dortoir. Il est possible de visiter les cellules des étudiants, puis de grimper sur la terrasse pour admirer d'en haut la Grande Mosquée voisine, avec ses toits de tuiles rouges et son minaret au décor vert.

Moulay Idriss
Voici des siècles que les pèlerins escaladent les deux collines de cette ville blanche, située au nord de Meknès. Ici se trouve la tombe de l'arrière-petit-fils du Prophète, le sultan-saint Idriss Ier, fondateur de la première dynastie marocaine. L'entrée du mausolée et de la zaouïa attenante est interdite aux non-musulmans, mais la ville est ouverte, sinon très accueillante, aux infidèles Moulay Idriss regarde ses visiteurs de haut. Si vous en avez le courage, gagnez le sommet de la cité pour admirer les toits de tuiles vertes vernissées, ainsi que les oliviers, pins et cactus de la campagne environnante.

Volubilis
Les Romains vinrent de loin pour s'implanter sur ce site majestueux, que les Phéniciens auraient déjà occupé plusieurs siècles auparavant. Au Ier siècle de notre ère, Volubilis était un poste avancé crucial de la Maurétanie Tingitane. La ville, nichée au c ur de l'un des plus beaux paysages nord-africains, est entourée de vallées et de montagnes paradisiaques. Aujourd'hui, les transports modernes permettent de visiter en une demi-journée cette merveille aux ruines évocatrices, située à 4 km seulement de Moulay Idriss.

Pour une somme modique, vous pourrez accéder au site archéologique en suivant le sentier qui franchit un petit ravin. Quelques rares panneaux informent les visiteurs, qui n'ont toutefois aucune peine à se repérer. Si vous franchissez les limites ou escaladez les pierres fragiles, un gardien vous rappellera à l'ordre avec son sifflet. Vous verrez une huilerie et ses entrepôts; la région produit encore de l'huile d'olive, et les techniques n'ont guère évolué. A proximité, les fondations de la maison d'Orphée témoignent du génie romain en matière de canalisation et de chauffage; les mosaïques illustrant le mythe d'Orphée sont intactes. Le forum, centre vital de Volubilis, surplombait la ville. On y trouve la basilique, dont de nombreuses arches restent debout, et le capitole à colonnades. L'arc de triomphe, partiellement restauré mais très imposant, fut édifié en l'honneur de l'empereur Caracalla. La voie Decumanus Maximus, bordée des ruines de demeures aristocratiques et de palais, le relie à la porte de Tanger. Quelques mosaïques classiques sont restées en place, mais les pièces les plus importantes et les statues ont rejoint des musées, parfois très lointains.

Fès
Sûrs d'eux et raffinés, les habitants de Fès ne cachent pas leur fierté d'appartenir à une ancienne métropole politique, religieuse, intellectuelle et commerciale. Ses contrastes peuvent surprendre les étrangers: splendeurs de l'art classique, brouhaha des activités quotidiennes et odeurs industrielles d'un autre temps.

Fès el-Bali, le plus ancien quartier de Fès, le plus vivant aussi, est extrêmement pittoresque. Vous visiterez sans doute les monuments historiques de Fès el-Bali, mais vous retiendrez surtout le souvenir de ces gens ordinaires vaquant à leurs occupations dans un tourbillon incessant d'odeurs et d'images bigarrées. Les ânes sont les taxis de la médina, il y a des embouteillages dans les ruelles et de la saleté par terre. Au cri de «bâlek!» («gare!»), écartez-vous pour laisser passer le trafic. Les artisans sont regroupés par métier: dans des échoppes contiguës, toutes portes ouvertes, étincellent les aiguilles des tailleurs qui cousent un mètre à la minute; plus loin, l'odeur des copeaux de cèdre flotte sur le domaine des ébénistes.

La porte Bab Bou Jeloud, la plus belle de la médina, date du début du XXe siècle malgré son décor mauresque classique. Des arabesques sur faïence émaillée ornent le fronton. Son portail monumental, assez grand pour laisser passer un sultan à chameau, est flanqué de deux arcs plus étroits pour les piétons.

La médersa Bou Inania, édifiée par les Mérinides au XIVe siècle, est l'une des plus remarquables du pays. Un rafraîchissant filet d'eau courant dans le marbre du patio sépare l'école coranique de la salle de prière; le patio lui-même est orné de splendides boiseries, de stucs et de zelliges. Les cellules des étudiants, à l'étage, sont spartiates. La superbe horloge médiévale d'en face, aujourd'hui muette, devait alors rythmer les prières tout au long du jour.

Un vaste jardin, investi par des nuées d'oiseaux pépiants, ajoute au charme de Dar Batha (XIXe siècle), qui abrite le Musée des Arts marocains. Celui-ci rassemble de nombreuses pièces allant des clés, cadenas et portes du XIVe siècle aux somptueux tapis du Moyen-Atlas. Des commentaires en arabe et en français identifient les instruments de musique et les costumes traditionnels, la dinanderie, les céramiques du XVIe siècle, les livres anciens et les manuscrits.

Jusqu'à la construction de la Grande Mosquée Hassan II, la mosquée Karaouiyne de Fès était le plus grand édifice religieux du Maroc. Fondée au IXe siècle, largement agrandie aux Xe et XIIe siècles, elle est entourée de tous côtés par la médina animée. En décrivant un large cercle, vous passerez peut-être par chacune de ses 14 portes, mais jamais vous n'aurez une vue d'ensemble. La Karaouiyne possède un oratoire à 16 nefs, pouvant accueillir 20'000 fidèles.

Ne pas confondre ville nouvelle et Ville Nouvelle. Fès el-Jedid, la «ville nouvelle», date du XIIIe siècle, lorsque le sultan mérinide fit édifier une enceinte fortifiée avec jardins, palais, forteresses et quartier juif (le mellah). La Ville Nouvelle européenne aux larges avenues est le centre du commerce; c'est ici que les gens se retrouvent pour la promenade vespérale et le traditionnel thé à la menthe dans les cafés en plein air.

Marrakech
Marrakech est un patchwork d'images contrastées: majestueux boulevards bordés de palmiers et de beaux orangers dans la ville moderne, murailles de pisé ocre autour de l'ancienne, palais, jardins, mosquées et marché en effervescence, une vie qui déborde dans la rue, sur fond de montagnes enneigées du Haut-Atlas. La quatrième ville du Maroc, et la plus envoûtante, n'a jamais déçu ses visiteurs. Marrakech fut fondé il y a près d'un millénaire par les Almoravides. Destruction et reconstruction soignée se succédèrent au XIIe siècle sous les Almohades, auxquels la ville doit la Koutoubia et son minaret caractéristique. La Ville Nouvelle (XXe siècle) tient son élégance des Français.

Remettez la visite des monuments historiques à plus tard et allez d'abord prendre un bain de foule sur l'une des places les plus colorées d'Afrique du Nord, la place Jemaa-el-Fna mais méfiez-vous des pickpockets. Cette esplanade est un cirque permanent avec acrobates, jongleurs, conteurs, cracheurs de feu, charmeurs de serpents, diseurs de bonne aventure, derviches tourneurs, musiciens et vendeurs roublards de potions magiques et autres remèdes de jouvence. On peut aussi y faire des achats, s'y restaurer, avoir recours à l'écrivain public, s'y faire couper les cheveux ou arracher une dent. Ce spectacle à ciel ouvert attire les touristes, mais ceux-ci restent toutefois en minorité, car tout Marrakech converge jour et nuit vers la place Jemaa-el-Fna (ce nom signifie probablement «assemblée des trépassés», car les exécutions y eurent lieu jusqu'au XIXe siècle).

Au nord de la place Jemaa-el-Fna commencent les souks, où vous pourrez admirer les artisans au travail. Mais vous aurez le plus souvent affaire à des revendeurs, qui importunent parfois les touristes. On trouve de tout dans l'entrelacs de ruelles protégées du soleil par des lattis: de la poterie, de la maroquinerie, de la ferronnerie, des habits, des produits de beauté et les remèdes les plus bizarres. Comme ailleurs, les artisans sont regroupés par spécialité, et il ne faut jamais aller très loin pour comparer les prix d'un cafetan ou d'un tapis. Chez les cordonniers, vous trouverez des babouches en cuir souple, dont le contrefort est replié d'origine pour permettre de les ôter et de les remettre plus aisément, à la mosquée notamment.

Au centre de la médina médiévale se trouve la médersa Ben-Youssef, une école coranique fondée au XIVe siècle et entièrement reconstruite au XVIe dans un style d'influence andalouse. Le splendide patio central de cette médersa comporte des galeries sur deux côtés. Les anciennes chambres des étudiants, au premier étage, vont de la cellule monacale à la grande pièce avec vue. (Par courtoisie, l'attribution des cellules changeait tous les vendredis.)

A Marrakech, l'absence de relief favorise les déplacements à vélo ou en calèche. Elle permet aussi d'apercevoir de n'importe quel endroit de la ville la silhouette caractéristique du minaret de la Koutoubia, l'un des plus beaux de la dynastie almohade avec ceux de Rabat et de Séville. On doit sa construction au sultan Yacoub el-Mansour, qui étendit son pouvoir sur toute l'Afrique du Nord et une grande partie de l'Espagne. Le nom de cette mosquée (de kutubiyin, marchands de manuscrits) évoque les libraires qui y dressaient leurs éventaires. Le minaret, dont la décoration s'était détériorée, a été rénové il y a quelques années.

Le palais de la Bahia, résidence à peine centenaire, fut construite sur l'ordre de Ba Ahmed, un grand vizir au pouvoir autocratique. Pour sa décoration, on a recouru sans compter aux ornements traditionnels. Les guides se font un plaisir de montrer les appartements des quatre femmes et des innombrables concubines du vizir dans le harem, où n'entraient jadis que des musiciens aveugles et des serviteurs eunuques. Dar Si Saïd, palais très frais, fut édifié par le demi-frère de Ba Ahmed non loin de celui de la Bahia. Aujourd'hui Musée des Arts marocains, il abrite des collections d'artisanat berbère, ancien et moderne, du Sud marocain: bijoux, costumes, poteries, tapis, meubles, jouets et armes qui méritent certes une visite.

L'élégante nécropole des mausolées des princes saadiens, datant du XVIe siècle, ne fut découverte qu'au début du XXe. Moulay Ismaïl, le sultan rancunier qui mit tout en uvre pour effacer le souvenir de ses prédécesseurs, l'avait fait murer. On y trouve une débauche de marbre de Carrare sculpté, le sucre marocain étant alors troqué contre son poids en marbre de qualité. Le premier mausolée se distingue par ses plafonds voûtés et son élégant mihrab (niche de prière). Cette salle du mihrab et les deux autres pièces du mausolée renferment des tombeaux de sultans, de princes, de fonctionnaires ou encore de serviteurs. Le plus impressionnant est la sépulture d'Ahmed el-Mansour, le prince saadien qui mena ses troupes jusqu'à Tombouctou, s'assurant par là le commerce lucratif de l'or et des esclaves à travers le désert.

Aménagé au XIIe siècle, puis agrandi par les princes saadiens, le jardin de l'Agdal couvre aujourd'hui quelque 400 ha. Dissimulés par des kilomètres de murs, des centaines de citronniers et d'oliviers sont irrigués par un réseau complexe de canalisations venant de l'Atlas. Les princes se promenaient en bateau dans le plus grand bassin d'irrigation. Il est désormais interdit de s'y baigner par mesure d'hygiène. De vieux oliviers et un bassin du XIIe siècle occupent le jardin de la Ménara situé à l'ouest de celui de l'Agdal. Le bassin rectangulaire, immense et profond, est alimenté par l'eau des montagnes. Un mystérieux pavillon du XIXe siècle s'y mire. Non loin de cette oasis de calme et de beauté, une conserverie produit, à en croire les Marocains, les meilleures olives et l'huile la plus raffinée du pays.

Le Musée Majorelle, aménagé dans l'atelier du peintre Jacques Majorelle, originaire de Nancy et amoureux du Maroc, expose sa collection d'art islamique. La façade d'un bleu intense s'élève sur le fond d'un magnifique jardin tropical, uvre du peintre, et partiellement ouvert au public.

Les stations
La plus belle portion de la côte atlantique, au sud de Casablanca, fut colonisée au XVIe siècle par les Portugais. Ils y ont laissé un chapelet de ports, forteresses et villages charmants à l'aspect déconcertant. La route de la corniche, d'où la vue est superbe, permet d'accéder à une infinité de plages.

El-Jadida
Les intrépides Phéniciens y arrivèrent les premiers. Les Portugais l'appelèrent Mazagan, la reconstruisirent et la fortifièrent, ce qui leur permit de résister deux siècles et demi. Une vaste plage y attire des essaims de vacanciers marocains en été. A El-Jadida («la nouvelle ville», ainsi rebaptisée après le départ des Portugais), l'héritage lusitanien est particulièrement marqué dans les remparts et les bâtiments de la vieille ville. A l'intérieur de son enceinte se trouvent le palais du gouverneur, un hôpital, une prison et une église aujourd'hui désaffectée et flanquée d'une mosquée. L'endroit le plus magique est sans doute la citerne portugaise (XVIe siècle), un réservoir souterrain dont les voûtes soutenues par 25 piliers se reflètent dans l'eau.

Essaouira
L'histoire de cette ville, qui s'appelait Mogador jusqu'à l'indépendance du pays, remonte aux Phéniciens et aux Romains, mais ce sont les Portugais qui y ont laissé l'empreinte la plus visible. La Skala, une classique forteresse du XVIe siècle, évoque des temps glorieux. Orson Welles y tourna les extérieurs de son film Othello. L'animation est aujourd'hui assurée par des légions de véliplanchistes, qui ont fait la renommée internationale d'Essaouira; les conditions sont idéales le long de sa plage immense, et la décontraction de la ville a tout pour plaire.

Suivez les mouettes jusqu'au port de pêche le plus exubérant qui soit, au pied des remparts. Lorsque les gros chalutiers rentrent, une armada de dockers en décharge les paniers de poissons, qui sont vidés sur des plateaux et recouverts de glace. Des porteurs en ciré et couvre-chef rembourré transportent ensuite ces plateaux tout dégoulinants sur leur tête jusqu'aux camions. Pendant ce temps, les équipages préparent les bateaux et les filets pour la sortie suivante. Il n'y a jamais de répit. Sur place, marins, dockers et touristes se restaurent de savoureux poissons et fruits de mer grillés en plein air.

Agadir
A plus de 500 km au sud-ouest de Casablanca, c'est la station du tourisme au soleil, avec ses 10 km de plages de sable fin et doré: on peut y bronzer, chevaucher un chameau, faire de la planche à voile et de la pêche en haute mer. Le soir, le choix est tout aussi difficile entre les boutiques, les restaurants internationaux, les cafés et les discothèques. Tous ces équipements et un aéroport international font d'Agadir la première destination touristique du Maroc, la plus cosmopolite aussi. Il ne manque que l'héritage historique. Les horloges se sont arrêtées le 29 février 1960, lorsqu'un terrible tremblement de terre a détruit toute la ville.

La nouvelle ville fut construite plus au sud, sur des plaines sismiquement sûres. Le centre-ville est une ruche bourdonnante de béton, commerce et trafic, mais des allées piétonnes, des parcs et la Vallée des Oiseaux (une volière) procurent un calme bienvenu. Au-delà du centre des affaires, les urbanistes ont créé des zones industrielles et résidentielles. Les plus beaux emplacements, parallèles à la baie, ont été réservés au complexe hôtelier, où chaque nouvel hôtel est plus grand et plus beau que le précédent. Le site touristique s'étend à perte de vue, sur des kilomètres, à l'instar de la magnifique plage.

Des panneaux discrets, une route sinueuse, et vous voici au sommet de la grande colline, devant les remparts ocre de la casbah. Ces murailles renfermant un champ de ruines et les restes des milliers de victimes du séisme sont tout ce qui subsiste de la vieille ville. De là, la vue est saisissante sur le port, la nouvelle ville et l'Atlantique. Des chameaux y posent pour la photo, et les inévitables vendeurs de souvenirs s'y pressent, apparemment indifférents à l'histoire tragique du site.

Le port d'Agadir, moderne et extrêmement développé, vaut une visite. Des criées aux poissons y ont lieu deux fois par jour, le matin et l'après-midi. Et l'on y trouve aussi bien de bons restaurants de poisson que des grils en plein air.

Tafraoute
Des excursions à partir d'Agadir traversent des paysages montagneux pour gagner la vallée Ameln, ou vallée des Amandiers et son chef-lieu Tafraoute. Le meilleur moment pour y aller est sans aucun doute février, lorsque les vergers sont en fleurs. Tafraoute se niche près d'une palmeraie, surmontée d'étonnantes falaises de granit, avec l'Anti-Atlas en toile de fond.

Taroudant
Ses remparts ocre, crénelés et percés de cinq portes, seraient suffisamment massifs et solides pour protéger une métropole, mais Taroudant présente un caractère villageois. Il ne compte en tout et pour tout que deux places, entre lesquelles il est absolument impossible de se perdre. Taroudant est l'ancienne capitale de la fertile vallée du Sous, couverte d'oliviers et d'agrumes. Après une histoire mouvementée du XIe au XVIe siècle, elle connut son apogée sous la dynastie saadienne, qui en fit sa capitale avant de choisir Marrakech. Le sultan alaouite Moulay Ismaïl détruisit la ville en 1687 et fit massacrer une grande partie de la population. Les remparts furent restaurés, mais Taroudant ne retrouva jamais sa gloire d'antan. Il fait bon flâner dans la vieille ville. Les commerçants y harcèlent relativement peu les touristes, moins nombreux qu'à Agadir ou Marrakech. Dans les souks, on trouve des bijoux et des armes anciennes, des pierres calcaires sculptées, des tapis et tout l'artisanat en général.

Vers le désert
Les oasis du Maroc sont situées sur les derniers contreforts de l'Atlas et au-delà, aux portes du Sahara, le long d'une ligne Er-Rachidia Goulimine, à l'est et au sud de Marrakech.

Erfoud, Er Rachidia et les oasis orientales
Sans grand intérêt hors de la période de la Fête des Dattes qui se tient chaque année en octobre , la ville d'Erfoud ne s'en trouve pas moins au c ur de la plus grande oasis du Maroc, celle du Tafilalet. Sur près de 100 km, d'Er-Rachidia à l'entrée du désert, ce n'est qu'une succession de palmeraies, de terres cultivées et de ksour (villages fortifiés). Tout autour s'étendent d'importants gisements de pierres noires truffées de fossiles que des gamins, au bord de la route ou à l'étape, vous proposeront pour quelques dirhams.

Capitale du fertile Tafilalet et berceau de la dynastie alaouite, Rissani, village battu par les vents, vit les ancêtres du roi actuel y établir leur pouvoir religieux avant de triompher au XVIIe siècle. De cette époque faste, où l'oasis hébergeait plus de 100'000 habitants répartis dans 600 villages, il ne subsiste guère de vestiges, et vous aurez peut-être du mal à imaginer l'allure de ces lieux autrefois. En revanche, l'itinéraire décrivant une boucle autour de Rissani vous révélera, assoupis sous la chaleur suffocante, des villages aux ruelles tortueuses bordées de maisons de terre cuite. Ici, dans ce paysage presque plat, le désert n'est pas loin. Au fur et à mesure que l'on avance, il prend le dessus sur les derniers palmiers et les ultimes cultures. Même la route défoncée rappelle les pistes proches, comme celle qui conduit à Merzouga, à quelques kilomètres.

Près du village de Merzouga, l'erg Chebbi est la plus grande dune du pays (150 m de hauteur, sur des kilomètres). Ne manquez pas l'endroit au lever du soleil. De là partent des excursions à pied ou à dos de chameau vers le désert brûlant.

Vallée du Dadès
Longue de 300 km, la route goudronnée qui relie le Tafilalet à Ouarzazate fournit l'occasion de découvrir une série de sites naturels parmi les plus impressionnants du Maroc. Elle traverse la vallée du Dadès, où s'égrènent casbahs, ksour et palmeraies.

Le centre régional moderne de Tinerhir, au bord d'une oasis, annonce l'entrée des gorges du Todra. La route de montagne est émaillée de villages, parfois en ruine, aussi colorés que les falaises. Perchée à plus de 1000 m, la palmeraie de Tinerhir s'étire jusqu'aux contreforts de l'Atlas. Un panorama extraordinaire, à compléter (aux heures fraîches) par une visite qui vous fera percevoir la vie quotidienne des populations au travail autour des canaux d'irrigation, dans les vergers et les champs. Cette oasis figure incontestablement parmi les plus belles et les plus riches du pays. Dans les gorges du Dadès, la route (à partir de Boumalne) se fraie un passage entre des falaises aux teintes extraordinaires. En période de sécheresse, certains intrépides atteignent cette piste depuis les gorges du Todra, à travers la chaîne de l'Atlas.

Vers Zagora et les oasis du Sud
Au départ de Ouarzazate, la majestueuse vallée du Drâa s'ouvre au-delà des imposants paysages du Haut-Atlas, chaîne que l'on franchit, en venant de Marrakech, par le col du Tizi n'Tichka (plus de 2200 m).

Ancienne garnison française, Ouarzazate s'étire sur 5 km de long, de part et d'autre d'une large rue principale. La «porte du désert» est désormais une ville militaire marocaine, où se croisent soldats à vélo et vendeurs de tapis. Des hôtels de luxe y accueillent non seulement des groupes de touristes en partance pour une méharée, mais aussi des équipes cinématographiques de tous pays. Tout a commencé dans les années 1960 avec Lawrence d'Arabie. Son soleil, ses dunes de sable, ses chameaux et ses figurants bon marché font de cette région le lieu idéal de tournage pour de nombreuses productions.

Le principal édifice historique de Ouarzazate, est l'ancienne résidence des Glaoui, en haut de l'avenue Mohammed V. Les Glaoui, seigneurs de la guerre, soumirent par la force des armes une grande partie du Sud marocain au XIXe siècle et au début du XXe. La casbah de Taourirt hébergeait alors la nombreuse famille des chefs, leur suite ainsi qu'une grande armée de serviteurs et d'artisans. Les guides font visiter les secteurs restaurés, où les techniques traditionnelles de construction en pisé sont clairement visibles, et surtout les appartements des femmes, en racontant force anecdotes sur la vie au harem.

Bien que distante d'une quinzaine de kilomètres à peine de Ouarzazate, l'oasis de Fint n'est accessible que par une piste. Après 10 km de rocailles sur fond de collines constituées de roches noires, vous verrez soudain apparaître son bouquet de verdure au creux d'une gorge. Même si le lieu a servi de décor à plusieurs films, ses habitants continuent de vivre à leur rythme un peu hors du temps. Une visite au hasard des chemins sinueux de la palmeraie vous révélera une population attachante, subsistant chichement du produit de ses récoltes.

La route qui part de Ouarzazate vers le sud-est traverse des paysages fabuleux: du désert caillouteux et des contreforts escarpés jusqu'à la vallée du Drâa, avec ses casbahs historiques et ses palmeraies de rêve. La route culmine au Tizi n'Tinififft (1660 m), un nain comparé aux montagnes du Haut-Atlas. La première escale, en bas de la descente, est un village poussiéreux: Agdz offre néanmoins toutes les commodités souhaitées: cafés, hôtels modestes, taxis et commerces de tapis et de poteries. D'Agdz à Mhamid, il y a près de 200 km au fil desquels le fleuve Drâa, ici symbole de vie, irrigue palmeraies et cultures avant de se perdre parmi les sables du désert, pour rejoindre enfin l'océan. Le long de cette vallée florissante, lauriers-roses, palmiers dattiers et acacias se marient aux ocres de la terre. Un paysage merveilleux dont les couleurs changeantes prennent toute leur splendeur aux premières et aux dernières heures de la journée. De mystérieuses casbahs et des ksour ponctuent la route tous les 2 km environ. Les murs battus par les vents, qui présentent souvent des dessins gravés, sont en pisé.

La chose la plus photographiée à Zagora est un panneau illustré de chameaux indiquant «Tombouctou 52 jours». A cet endroit, des guides «officieux» vous offriront probablement leurs services. Si vous souhaitez trouver un guide agréé et compétent, adressez-vous plutôt à votre hôtel ou à l'Office du Tourisme. Ils vous montreront les magasins où les tapis de la vallée du Drâa, appréciés depuis longtemps, côtoient ceux que fabriquent les tribus touarègues. La route ne se termine pas vraiment à Zagora, mais c'est ici que les 4x4 entrent dans leur élément. Des excursions à dos de chameau partent également de cet endroit. Mais sans nécessairement vous enfoncer dans les dunes, pour pourrez en ressentir toute la fascination dès votre premier coucher de soleil à Zagora.

Tamegroute, cité du désert, cache une zaouïa du XVIIe siècle. Sa médersa possède une superbe bibliothèque ouverte au public, qui renferme notamment des manuscrits vieux de neuf siècles, de précieux traités scientifiques, des ouvrages religieux datant de l'âge d'or andalou et des Corans enluminés.

La route venant de Zagora s'arrête au bout de 90 km, à Mhamid. A Tinfou, quelques dunes, peu élevées mais évocatrices, vous auront auparavant donné une petite idée du désert. Des chameaux vous attendent pour une simple photo ou une balade. Mhamid est la dernière oasis face à l'immensité du Sahara. C'est là que vous aurez le plus de chance de croiser ces fameux «hommes bleus», nomades et chameliers d'origine berbère, qui viennent les jours de marché échanger tapis et artisanat contre divers produits de base.

Tata et la route du Grand Sud
La route du Grand Sud, au-dessous de Marrakech et d'Agadir, permet de voir un autre Maroc et d'approcher lieux et gens d'une manière plus authentique.

Bien que située au-delà du massif de l'Anti-Atlas, Taliouine constitue souvent une étape pour le voyageur en partance pour le Sud et le pays berbère. La spécialité de ce petit village du Djébel Siroua demeure le safran, dont les jardins de l'oasis donnent d'abondantes récoltes. La coopérative à la sortie de la localité propose à bon prix la fameuse poudre, qu'on utilise en cuisine, comme colorant ou pour ses vertus antispasmodiques.

Il vous faudra franchir l'Anti-Atlas pour arriver dans la région de Tata. La route s'élève jusqu'à dépasser les 2000 m à travers un paysage sauvage, cerné de canyons où se mélangent les multiples couleurs de la roche et d'une végétation de plus en plus rare. Puis, quelques kilomètres après l'oasis de Tagmoute et ses 35'000 palmiers, vous apercevrez Tata. Chef-lieu de la province du même nom, cette ville rose à arcades dispose de toutes les commodités nécessaires aux touristes. Elle s'étend au milieu d'une belle oasis irriguée par trois oueds issus de l'Anti-Atlas.

Une ancienne piste à présent goudronnée relie Tata à Goulimine. Très peu de circulation sur cet axe, qui traverse sur 300 km de larges plateaux ouverts sur le Sahara. Ici, sous l'effet d'un vent brûlant, se mélangent le sable du désert et les cailloux de l'Atlas. Çà et là apparaissent les premières dunes Les troupeaux de chèvres le long de la route indiquent la proximité d'un des rares villages de la région. L'oasis d'Akka, avec ses maisons basses et ses ruelles envahies par le sable, est plantée de dattiers et de diverses autres variétés d'arbres fruitiers. A l'intérieur de la palmeraie, vous verrez, à flanc de colline, les vestiges du mellah, l'ancien quartier juif.

Passé Akka se succèdent d'autres oasis: Tisgui, Icht et son village fortifié, Foum el-Hassane, Tarhjijt, Tagmoute et enfin Goulimine la fameuse ville des «hommes bleus», où se tient encore un marché aux dromadaires. Autant de localités que vous traverserez comme le faisaient naguère ces caravanes parties des confins du Sahara. Peu de touristes s'y rendent: vous aurez l'impression d'être à mille lieues de Marrakech ou des stations de la côte.

De toutes les oasis de la région, Amtoudi est la plus réputée et, bien qu'à l'écart de la route principale, également la plus visitée. Elle possède une ancienne casbah célèbre pour son agadir, grenier communautaire datant du Moyen Age. De là, un superbe panorama s'ouvre sur des gorges, creusées dans le lit de l'oued, abritant une grande variété d'arbres fruitiers. Non loin de la palmeraie, une source naturelle invite à la baignade.

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