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CANADA
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Toronto
Ville la plus riche du pays, Toronto bénéficie d'une histoire dynamique et de sa situation sur la rive nord du lac Ontario, au carrefour du Québec, des Etats-Unis et des grandes plaines centrales. Poste de traite, puis centre de colonisation puritain, la bourgade se développa surtout à partir de 1849, lorsqu'elle fut promue au titre de capitale du Canada-Uni (réunissant Ontario et Québec). Dans les années 1870, l'essor industriel de la région des Grands Lacs la constitua en métropole économique, rôle qu'elle tient encore aujourd'hui. Toronto est aussi, et peut-être avant tout, l'archétype du creuset culturel du Canada nouveau: quarante pour cent de ses 4,5 millions d'habitants sont nés hors du pays.

La Bourse de Toronto (TSE), sur York Street, offre une bonne image de cette ville florissante. Près de Bay Street toute proche, les vaches sculptées de Joe Faffard sont là pour rappeler aux économistes de tous poils que la richesse du Canada repose avant tout sur ses ressources naturelles! Les deux tours courbes du nouvel Hôtel de Ville et les arches de la Liberté enjambant le Nathan Philips Square transformé l'hiver en patinoire donnent un peu de fantaisie au caractère strict du centre. Le vieux beffroi de l'ancien Hôtel de Ville et le monument aux morts en forme d'ange s'immiscent entre les tours de verre. Sous terre, 10 km de galeries souterraines permettent aux citadins de vivre au chaud l'hiver. A quelques centaines de mètres vers l'est, Yonge Street est la grande artère commerçante de Toronto; c'est aussi la plus longue rue du monde (1,896 km) en la suivant jusqu'à son extrêmité, vous atteindrez la frontière entre l'Ontario et le Minnesota!

A l'ouest de University Avenue, Toronto retrouve son côté village dans la Chinatown active et convulsée la troisième plus grande au monde. L'Art Gallery of Ontario, sur Dundas Street West, est célèbre pour sa peinture moderne mais aussi pour sa collection de sculptures d'Henri Moore. A deux pas se trouve le Musée des Textiles. Au Royal Ontario Museum, la magnifique collection d'art chinois rappelle que la plus grande minorité culturelle de la ville est issue de l'Empire du Milieu. Vous y verrez aussi des objets d'art de toutes les grandes civilisations. Les mordus d'astronomie pourront faire un tour au planétarium McLaughlin tout proche. Vers l'ouest (327 Bloor Street West), le Musée de la Chaussure Bata présente une étonnante collection de ballerines, d'escarpins et de socques dont certains remontent au XVIe siècle.

A 553 m (et 30 cm!), la CN Tower désignée comme étant l'édifice le plus élevé et la structure autoporteuse la plus haute du monde imprime sa marque filiforme sur le skyline de Toronto. Inaugurée en 1976, elle a été édifiée par la compagnie de chemins de fer Canadien National pour servir d'émetteur radio. Elle attire 2 millions de visiteurs annuels ce qui en dit long sur les files d'attente. L'ascenseur conduit en 58 secondes aux 346 m de la nacelle inférieure, célèbre pour son plancher de verre. Un deuxième ascenceur permet de parvenir au Belvédère (Sky Pod), perché à 447 m. A vos pieds, le Waterfront entièrement redessiné par les architectes de la ville nouvelle est un vaste complexe d'activités culturelles et ludiques gagné sur le lac. Le Skydome, célèbre pour son architecture, est un gigantesque stade à géométrie variable. Le soir, le restaurant tournant permet d'apprécier le panorama devant un bon dîner. Au rez-de-chaussée, diverses attractions s'adressent aux enfants comme aux adultes (Q-ZAR jeux de lasers, Simulator Theatre). Le tout récent centre CyberMind, où chacun peut s'essayer au monde virtuel, est le premier de son genre au Canada.

Les chutes du Niagara
C'est du versant canadien que les points de vue sur les chutes sont les meilleurs. Il y en a en réalité deux différentes: Horseshoe Falls, la plus impressionnante, large de 675 m et haute de 52 m, et American Falls, de moitié moins grande. L'hiver, le gel cristallise les projections et le décor devient irréel. Grand classique devant l'éternel, l'excursion sur le Maid of the Mist mène au pied de la cataracte. Cirés et capuchons sont fournis pour résister aux embruns glacés. Pour une autre version du spectacle, descendez dans les souterrains percés à même la roche et débouchant tout contre la base des chutes. Là encore, humidité garantie. Pour une belle vue au sec, prenez l'ascenseur de la Skylon ou de la Minolta Tower. Et si vous cherchez encore, le musée des chutes vous dira tout sur ces trompe-la-mort qui franchirent les chutes dans un tonneau! Curieux de savoir ce qu'ils ont ressenti? Ride Niagara vous fait partager l'expérience par simulateur!

Ottawa
La capitale fédérale, fondée en 1827 sous George IV, a grandi au rythme du Canada. Haut lieu de la vie politique, Ottawa s'étend le long de la rivière des Outaouais, marquant la frontière entre le Québec à l'est et l'Ontario à l'ouest. La ville s'ancre en Ontario, mais la présence de l'agglomération de Hull, sur la rive opposée, la rend symboliquement double: une géographie qui justifie amplement son choix. La ville a conservé un cachet très british.

Situés face à la rivière, les trois édifices du Parlement furent érigés entre 1859 et 1865 et restaurés en 1916 après un incendie. Ils composent un ensemble impressionnant. Le débat sur leur style architectural perdure: les Anglais le voudraient d'inspiration francophone, les Français d'inspiration anglophone. Néo-gothique en tout cas, autant en conclure qu'il symbolise l'union des deux cultures. Des visites guidées permettent de pénétrer à l'intérieur. Du sommet de la tour de la Paix, connue pour son carillon, le panorama, magnifique par beau temps, s'étend aux forêts de l'Outaouais. Tous les étés, à 10 h, la relève de la garde attire un grand nombre de visiteurs. Plus à l'ouest se trouvent la Cour suprême, la Bibliothèque et les Archives nationales.

La place triangulaire de la Confédération commande à la cité. Vous y trouverez le Centre national des Arts, l'un des plus importants ensembles culturels du Canada (théâtre, opéra et concerts). L'esplanade voisine avec le canal Rideau, creusé dans les années 1820 entre le Saint-Laurent et la rivière des Outaouais. L'hiver, le canal devient la plus longue patinoire du monde! Le long de la rivière, l'Hôtel Château Laurier fait partie de ces palaces édifiés à la fin du siècle dernier par la compagnie des chemins de fer canadiens. Les avenues Mackenzie et Sussex Drive, parallèles, regroupent de nombreux grands magasins. Vous pouvez faire un tour, à deux pas de là, au marché By et à la cathédrale-basilique Notre-Dame. Au-delà, passé la rivière Rideau, on atteint les premiers beaux quartiers d'Ottawa. Dans celui de Rockliffe se trouve Rideau Hall, la résidence du gouverneur général du Canada.

Spacieux et très lumineux, le moderne Musée des Beaux-Arts abrite une importante collection d' uvres des paysagistes canadiens membres du Groupe des Sept. On y trouve également un large éventail de la peinture européenne du XVIe siècle à nos jours. L'école allemande est particulièrement bien représentée. Surprenante, la chapelle du couvent des S urs Grises de la Croix a été déménagée de la rue Rideau au premier étage de l'édifice. Ottawa compte de nombreux autres musées: du Ski (rue Scott), de la Photographie contemporaine (contre le canal Rideau), de la Monnaie (banque du Canada), des Sciences et de la Technologie (bd Saint-Laurent), de la Nature (McLeod Street, au sud de la ville), de l'Aviation (aéroport de Rockliffe), etc.

Hull
Hull, côté québécois, incarne le visage francophone de la capitale. Le très beau Musée canadien des Civilisations met en valeur l'héritage pluriculturel du pays. Les expositions consacrées aux différents peuples amérindiens sont des plus intéressantes.

Montréal
Métropole américaine, Montréal, à l'image de ce continent conquérant et moderne, est tirée au cordeau: buildings de verre et d'acier, avenues contenues par le carcan de l'angle droit, business et dollars. Mais Montréal est aussi la deuxième ville de langue française du monde; ce qui signifie qu'elle sait se faire méditerranéenne. Grande mélangeuse de genres, la cité a grandi sans s'en rendre vraiment compte, regroupant des tas de hameaux: quartiers francophones, anglophones, italien, chinois

Le vieux Montréal
Du clocher de la chapelle Notre-Dame de Bonsecours, on découvre d'un côté un Saint-Laurent apaisé et, de l'autre, le berceau de la cité. Sur 40 hectares à peine se concentrent des maisons de pierre cossues chapeautées d'ardoise, des places aérées et fleuries, des rues pavées où l'on se promène en calèche. Longtemps négligé, puis restauré, le vieux Montréal est devenu l'un des fleurons de la cité.

Les bâtiments datant des premiers temps de la colonisation se regroupent pour la plupart aux abords de la jolie Place Jacques-Cartier, inclinée en pente douce en direction du Saint-Laurent. Face à l'Hôtel de Ville, bâtiment massif style Second Empire coiffé de cuivre, le château Ramezay est en réalité un simple manoir, résidence du onzième gouverneur français de Montréal. On peut y découvrir un petit musée historique consacré à la vie des colons et à l'aristocratie du XVIIIe siècle. Plus proche du fleuve, la rue Saint-Paul est l'une des mieux conservées de la vieille ville. Vous y verrez la maison Pierre du Calvet (1725), située en vis-à-vis de la chapelle Notre-Dame de Bonsecours (Musée de Poupées costumées), ainsi que le marché Bonsecours, le principal marché public de Montréal de 1847 à 1963, surmonté d'un grand dôme argenté. Vous y trouverez un étage de commerces et de galeries et un autre où se tiennent des expositions sur les métiers d'art et de design. Voyez aussi à proximité la belle résidence Dumas (n° 445).

Descendant la rue Notre-Dame bordée de bâtiments aux fenêtres voûtées, vous approchez du secteur le plus imposant du vieux quartier. Place d'Armes, Montréal retrouve ses racines: le séminaire de Saint-Sulpice, le plus ancien bâtiment de la ville (1685) prolonge la basilique Notre-Dame (1829) à la façade néo-gothique inspirée de Notre-Dame de Paris. La façade sobre contraste fortement avec le ch ur polychrome, bleu et or. Remarquez les vitraux, résumant les débuts de Ville-Marie. Face à la basilique, la ville se souvient de son fondateur, Paul de Chomedey de Maisonneuve. L'immeuble de grès rose qui lui tourne le dos n'a peut-être l'air de rien mais c'était, à sa construction en 1817, le premier gratte-ciel du Canada. Vers l'ouest, la place d'Youville, nommée en l'honneur de la fondatrice de l'hôpital des S urs Grises (beau bâtiment XVIIe) était au c ur de l'ancienne Ville-Marie. La caserne des pompiers en briques rouges (1903), surmontée d'une tour sur laquelle séchaient les lances à incendie, a été transformée en Centre d'histoire. Plus près du fleuve, ne ratez pas le Musée d'Archéologie et d'Histoire Pointe-à-Callière qui contient une riche collection de maquettes retraçant l'évolution de Montréal. Du toit-terrasse, le point de vue sur le Saint-Laurent est imprenable. Depuis 1964, les brise-glaces des garde-côtes gardent le fleuve ouvert à la navigation tout l'hiver. En 1974, l'augmentation du trafic maritime obligeait le vieux port de Montréal à cesser ses activités pour se déplacer plus à l'est. Dix ans plus tard, un vaste projet de réhabilitation voyait le jour. Le long du quai, les paquebots jettent les amarres. L'été, on vient s'y promener, à pied, en vélo, près de la tour de l'Horloge restaurée. L'IMAX, un cinéma à écran géant, attire la foule, ainsi que les expositions et les animations. Des bateaux-mouches proposent des promenades sur le fleuve. Tous les étés, le vieux port est le théâtre du Festival international de l'Humour. En 1993, les Québécois sont allés jusqu'à ouvrir le Musée du Rire (2111 bd Saint-Laurent).

La ville moderne
Le c ur de Montréal est un gigantesque damier de rues perpendiculaires et de forêts de tours, coupé en son centre par la main le boulevard Saint-Laurent. Comme toutes les grandes cités du continent américain, la métropole québécoise subit l'exode au profit de ses banlieues: une politique d'urbanisme dynamique tente d'enrayer le phénomène.

La place Ville-Marie est une monumentale réalisation de l'architecture moderne, dessinée en 1959 par Ieoh Ming Peï l'architecte de la pyramide du Louvre. L'esplanade, encadrée de gratte-ciel, représente la partie émergée du Montréal souterrain. Dans le prolongement du boulevard René-Lévesque, la cathédrale Marie-Reine-du-Monde reproduit à l'échelle d'un tiers la basilique Saint-Pierre de Rome. A deux pas de là, «la Catherine» (rue Sainte-Catherine ) regroupe les grands magasins de la ville. Sur l'avenue McGill College, jetez un coup d' il à La foule illuminée du sculpteur anglais Raymond Mason. Place de la Cathédrale, le building étincelant de la Maison des Coopérants sert de toile de fond à la petite Christ Church Cathedral au triple portique gothique. En remontant «la Catherine» vers l'est, on atteint la place des Arts, temple de la culture montréalaise: salles de théâtre, de concert et de cinéma voisinent avec le Musée d'Art contemporain principalement dédié aux artistes canadiens et à la sculpture. Plus loin encore, la rue Sainte-Catherine se fait plus populaire.

En continuant dos au fleuve, vous parvenez à la rue Sherbrooke, sorte de Champs-Elysées montréalais aux belles demeures victoriennes. Les grands hôtels, les galeries d'art et les boutiques les plus chic de la ville s'y sont donné rendez-vous. C'est également là que se trouvent de nombreux musées. Au n° 690, le Musée McCord met en valeur l'histoire des pionniers du Canada superbe exposition de photos des années 1900. De l'autre côté de la rue, l'Université anglophone McGill fut la première du Québec (1829). Vous y verrez l'éclectique Musée Redpath: antiquités égyptiennes, animaux empaillés et dinosaures. Le Musée des Arts décoratifs se trouve tout près dans ses nouveaux quartiers au 2200 rue Crescent. Rue Baile, au sud-ouest, le Centre canadien d'Architecture est un musée d'une grande réputation. A noter encore, le Planétarium Dow, rue Saint-Jacques Ouest, le Musée du Hockey et celui des Beaux-Arts.

Au début des années 1970, avec la construction du métro, des boutiques ont commencé à s'installer dans les stations. Puis on a aménagé des passages permettant de se rendre d'un bâtiment à l'autre, d'une rue à une autre sans mettre le nez dehors. Petit à petit, toute une ville souterraine s'est construite en parallèle. Aujourd'hui, près de 30 km de galeries reliées à neuf stations de métro et deux gares s'insinuent au départ de la place Ville-Marie, permettant à un demi-million de Montréalais de se déplacer, de travailler, de faire leurs courses en restant au chaud de novembre à avril.

Le Plateau Mont-Royal est l'endroit à la mode montréalais. Les maisons de briques se dotent ici des fameux escaliers en colimaçon. Cafés-terrasses et restaurants se succèdent le long des rues. Fréquenté par les artistes, les intellectuels, les étudiants UQAM, l'Université du Québec à Montréal est à deux pas on l'a d'ailleurs surnommé le Quartier Latin.

Poumon de la cité avec balcons sur les gratte-ciel du centre, le Mont-Royal, la «Montagne» comme on l'appelle ici, est indissociable de la vie montréalaise. L'été on y pique-nique. L'automne on y fait du jogging au milieu des bois et des écureuils. L'hiver, le lac des Castors gelé devient patinoire. Sur ses pentes, les dynasties industrielles ont installé au siècle dernier leurs magnifiques résidences de pierre. Les quelque 25'000 habitants du quartier possédaient alors près de 70% des richesses canadiennes. Il en reste peu de traces. Mais le surnom du quartier demeure: le «mille carré doré» (golden square mile).

Plus à l'ouest, Westmount est depuis le siècle dernier le quartier anglophone huppé. L'oratoire Saint-Joseph, une basilique moderne, conserve une relique de Frère André, un prêtre «guérisseur» béatifié en 1982. A sa mort en 1937, la chapelle devint un important lieu de pèlerinage. Chaque jour, des croyants parcourent à genoux le chemin de croix qui gravit la colline. Vers le nord, Outremont est un autre de ces beaux quartiers, celui-ci francophone.

Le Parc olympique
Construit dans le cadre des Jeux olympiques de l'été 1976, le gigantesque stade au toit rétractable sert dorénavant aux concerts rocks et aux matchs de base-ball des Expos l'équipe de Montréal. Un funiculaire conduit au sommet de la tour olympique, une sorte de mât incliné de 169 m de haut, d'où la vue porte par beau temps à 80 km. Tout près, le château Dufresne (4040 rue Sherbrooke), construit en 1918 sur le modèle du Petit Trianon de Versailles, fut la demeure d'un fabricant de chaussures, Thomas Dufresne. L'ancien vélodrome olympique a été reconverti en un musée d'un genre nouveau: sous le même toit cohabitent une forêt tropicale, une forêt québécoise, le Saint-Laurent et un coin de banquise. Les quatre biotopes réunis représentent ainsi les différentes régions climatiques du continent américain. Au total, ce sont 250 espèces animales et 350 végétales qui peuplent le Biodôme. Celui-ci se double d'un centre de formation et de recherche écologique (expositions et animations au «carrefour de l'environnement»). L'espace Naturalia permet aux enfants de s'initier à la protection de la nature. Créé en 1931, l'immense Jardin botanique de Montréal s'étend sur 73 hectares et abrite près de 30'000 espèces de végétaux. Une dizaine de serres et une trentaine de jardins s'ordonnent par thème. La maison de l'arbre permet de découvrir le monde de la forêt. L'un des derniers-nés, le jardin de Chine, est le plus grand du genre hors d'Asie; il présente seize paysages différents. Les sept pavillons de bois recréent l'atmosphère des grands jardins Ming des rives du Yangtsé. Ne ratez pas la collection de penjings (bonsaïs), l'une des plus belles au monde. A l'Insectarium, vous pourrez voir 250'000 spécimens de toutes tailles dont certains vivants. Les expositions s'emploient à mieux faire comprendre le rôle primordial des insectes dans l'équilibre biologique. Au rez-de-chaussée, une intéressante exposition est consacrée aux régimes alimentaires un peu particuliers de certains peuples Le musée organise d'ailleurs en février un festin auquel sont conviés les membres de la Société des mangeurs d'insectes!

Les îles
L'île Sainte-Hélène accueille depuis l'Exposition Universelle de 1967 le parc d'amusement de La Ronde (espace vert, manèges, Aquaparc). L'été on y canote, l'hiver on y patine. Le Musée David Stewart, aménagé dans une ancienne redoute britannique, se consacre à l'histoire militaire du Canada colonial (armes, instruments, cartes, etc.). Les après-midi d'été, les Fraser Highlands, un régiment habillé en uniforme écossais du XVIIIe siècle, défilent du mercredi au dimanche.

L'île Notre-Dame voisine fut créée de toutes pièces en 1967 pour la même Exposition Universelle. C'est ici que se court le grand prix automobile de Montréal. Vous pouvez d'ailleurs suivre au volant de votre voiture le circuit de Formule 1 (désolé, la vitesse est limitée à 40 km/h!). Quitte à faire surgir du néant une île nouvelle, les ingénieurs en ont profité pour construire une plage en ville! Vous pouvez y louer des planches à voile ou de petites embarcations. Plus à l'ouest, au c ur de l'archipel de Montréal, l'île Perrot invite à découvrir la vie des meuniers d'antan au parc de la Pointe-du-Moulin.

Québec
Si différente de Montréal, Québec s'enorgueillit de son architecture «vieille France». Sa taille humaine, ses maisons malouines, ses rues pavées, ses escaliers sinueux, ses remparts et son château Frontenac à la silhouette extravagante en ont fait le haut lieu du tourisme de la Belle Province. En 1985, l'Unesco faisait de la cité un «joyau du patrimoine mondial».

Ceinte de murailles, Québec domine le Saint-Laurent, juchée sur un promontoire. Du haut des falaises, la haute ville et sa figure de proue, le château Frontenac, accrochent le regard des milles à la ronde, offrant à l'âme nostalgique l'image d'une cité préservée. A leurs pieds, la basse ville, née du fleuve, révèle son lacis de ruelles et de maisons aux toits colorés. C'est ici, autour de la place Royale, qu'est né Québec. Si l'Habitation de Champlain et son magasin de traite ont disparu, les belles maisons de pierre ramènent un instant au temps où les colons débarquèrent de Saint-Malo ou de La Rochelle. Chef-d' uvre de l'ensemble, l'église Notre-Dame des Victoires, connue pour ses tableaux et son maître-autel en forme de château fort, remonte à 1688.

Le quartier Petit-Champlain regroupe les venelles les plus anciennes, les constructions les plus typées. Voyez par exemple, place Royale, les maisons Lambert-Dumont (no 1) et Fornel (no 9), siège de l'association Québec-France, datant respectivement de 1689 et de 1724 1735, ou encore, à l'angle des rues du Porche et Notre-Dame, la maison Milot (1689). Celles-ci font partie des mieux restaurées. Promenez-vous aussi rue Saint-Paul, à l'ombre des remparts, la tanière des antiquaires. Rue Petit-Champlain, la plus fringante de toutes, le théâtre accueille les chansonniers québécois. Au no16, la maison Louis-Joliet (1683), du nom de l'explorateur, donne accès au funiculaire permettant de grimper en quelques instants au sommet de la falaise où siège la haute ville. Libre à vous de vous y rendre à pied, par la côte de la Montagne et l'escalier Casse-Cou.

Près de la berge du Saint-Laurent (85 rue Dalhousie) se tient l'intéressant Musée de la Civilisation, basé sur l'interactivité. Depuis le vieux port restauré, n'hésitez pas à emprunter la traverse de Lévis: du pont du ferry, le panorama sur la ville est imprenable.

Le château Frontenac (fin XIXe) est encore l'un des fleurons du Canadien Pacifique, qui ordonna sa construction dans le sillage des premiers voyages transcontinentaux. Une visite guidée permet de se familiariser avec les boiseries, la salle de bal, les cafés. Près des bancs publics de la terrasse Dufferin, une élégante promenade en bois accotée au château, touristes et Québécois déambulent, enivrés par la vue grandiose sur le fleuve. L'hiver venu, le parquet devient piste de luge. A l'autre extrémité de la terrasse trône une statue de Champlain. Dans l'ombre du château, la place d'Armes, petite esplanade avec ses arbres et sa fontaine néo-gothique, s'ouvrent sur le c ur de la haute ville. On y trouve le Musée du Fort, connu pour un diorama sur les batailles franco-anglaises et pour sa maquette de 36 m2 représentant la ville vers 1750. Dans la rue Sainte-Anne, vous trouverez une série de petits restaurants, ainsi que le Musée de Cire, dans une maison de 1640. En perpendiculaire, la rue du Trésor se transforme l'été en une véritable galerie à ciel ouvert. Entre la porte Saint-Louis et le château, la rue Saint-Louis aux nombreux restaurants montre de très belles demeures XVIIIe. De la place, les calèches vous emmènent en balade. Parmi les plus agréables ruelles de la haute ville, citons les rues Couillard, Sainte-Famille ou des Remparts. Rue de Buade, face à l'Hôtel de Ville inauguré en 1896, la basilique Notre-Dame du Québec s'élève sur le site de la première chapelle édifiée par Champlain en 1633. Le séminaire, fondé trente ans plus tard, est intéressant pour sa chapelle intérieure où l'on peut voir le gisant du premier évêque de la ville. Son Musée de l'Amérique française retrace 400 ans d'histoire à travers plusieurs thèmes: arts européen et québécois, orfèvrerie, etc. La cathédrale anglicane, érigée en 1793, est une réplique de l'église St Martin's in the Fields de Londres.

Nombreux sont les musées à se pencher sur l'histoire, et particulièrement sur l'histoire religieuse de la cité. Celui des ursulines (rue Donnacona), dans un couvent fondé en 1639, retrace l'histoire de la communauté et son action auprès des populations iroquoises et algonquines. Le monastère des augustines, au 32 rue Charlevoix, fut établi cinq ans plus tard par trois religieuses venues de Dieppe. Le musée du couvent se penche sur la vie des Canadiens français d'autrefois au travers des objets de leur quotidien: meubles, céramiques, broderies et, dans ce cas précis, instruments chirurgicaux.

Au bout de la rue Saint-Jean, la porte du même nom voisine avec le parc de l'Artillerie, célèbre pour son plan en relief de Québec en 1808. Un grand jardin donne accès aux remparts. Passé la porte Saint-Louis reconstruite en 1878 dans un style médiéval, l'hôtel du Parlement, de la même époque, abrite l'Assemblée et une galerie de ses présidents (visites guidées). La Grande Allée Est est une élégante avenue bordée de maisons victoriennes. En continuant vers l'ouest, les villas cossues aux jardins paysagers s'égrènent jusqu'au parc des Champs de Bataille.

Construite dans les années 1820 sur d'anciennes fortifications françaises, la citadelle devait prévenir les attaques des troupes des Etats-Unis en cas de nouveau conflit anglo-américain. Elle abrite depuis 1920 le 22e régiment et son musée royal, exposant armes, uniformes, etc. Tous les jours à 10 h (sauf en cas de pluie), la relève de la garde conserve des allures très british. Rue Saint-Denis, derrière le château Frontenac, l'architecture se fait résolument malouine. De la promenade de la citadelle, un point de vue époustouflant se dégage sur Québec et le Saint-Laurent.

C'est au parc des Champs de Bataille, sur les plaines d'Abraham que le Canada français cessa d'exister. En 1759, les troupes anglaises y anéantissaient celles du marquis de Montcalm et s'emparaient de Québec. Mais le temps a fait son uvre et le parc, en surplomb du Saint-Laurent, est aujourd'hui un lieu de détente très apprécié. Le Musée du Québec, partiellement installé dans une prison désaffectée, abrite une importante collection d'art québécois.

Dans les quartiers ouest, la banlieue de Sillery conserve plusieurs résidences historiques: la maison des jésuites (chemin du Foulon), fondée en 1637 pour évangéliser et sédentariser les Montagnais et les Algonquins (musée); la villa Bagatelle (1563 chemin Saint-Louis), une résidence XIXe où se tiennent des expositions; le domaine de Cataraqui (no 2141), meublé 1850 et connu pour son musée-jardin. Tout près de là, à Sainte-Foy, se trouve l'Université Laval, la plus ancienne université francophone d'Amérique du Nord. A quelques kilomètres, l'Aquarium se consacre en particulier à la faune québécoise. Enfin, boulevard des Galeries, le dôme IMAX de Québec est l'un des plus grands cinémas en 3D du monde.

Au parc historique Cartier-Brébeuf, sur la berge nord de la rivière Saint-Charles, on commémore l'hivernage de Jacques Cartier en 1535 1536. On peut y voir une réplique de son navire La Grande Hermine et la reconstitution d'une maison longue amérindienne. En descendant le long de la rive gauche du Saint-Laurent, on emprunte l'ancien «chemin du Roy», en marge duquel se tiennent quelques vénérables demeures. Avant de se fondre dans le fleuve, la rivière Montmorency se jette en une impressionnante cataracte de 84 m. Un petit téléphérique permet de se rendre au manoir (restaurant, boutiques), au sommet des chutes.

L'île d'Orléans
L'île d'Orléans est une parenthèse au milieu du Saint-Laurent. Un pont l'a désenclavé pour la joie de tous sauf peut-être de ses habitants, qu'on disait un peu sorciers. Peuplée dès les premiers jours de la colonie, elle possède, avec plus de six cents bâtiments classés au patrimoine culturel, un véritable trésor architectural. En suivant le chemin royal tracé en 1744 autour de l'île, on découvre ses différentes paroisses. Sainte-Pétronille, tout à l'ouest, fut au siècle dernier un lieu de villégiature apprécié de nombreux artistes. De riches propriétaires y ont laissé de magnifiques demeures. En remontant le long de la côte orientale, Saint-Laurent fut au XIXe siècle un important centre de construction des goélettes qui cabotaient sur le fleuve. A Saint-Jean, une jolie bourgade aux maisons colorées, le manoir Mauvide-Genest, édifié en 1734, rappelle en pleine terre d'Amérique les bâtisses de pierre normandes. Son musée historique et ethnographique est des plus intéressants. A la pointe orientale, Saint-François est sur la trajectoire migratoire des oies. Une tour d'observation permet de les observer ou simplement de profiter du paysage. Sur la côte ouest, Sainte-Famille, capitale de la fraise, se distingue par son étonnante église à trois clochers (1749). Peu avant de revenir à la hauteur du pont sur le Saint-Laurent, Saint-Pierre conserve la plus vieille (1717) et la plus belle des églises de l'île. C'est dans son cimetière que Félix Leclerc est enterré.

Vancouver
Vancouver est entourée de trois côtés par les eaux English Bay et Burrard Inlet au nord, Georgia Strait à l'ouest et la rivière Fraser au sud. Ici, la qualité de la vie tient en bonne part à la diversité ethnique. Au fil du temps, les descendants des premiers colons britanniques de la ville et les immigrants des provinces plus froides de l'Est du Canada ont été rejoints par un mélange cosmopolite: Allemands, juifs, Italiens, Chinois, Japonais, Européens de l'Est, Sikhs

Le quartier des affaires, du shopping et des divertissements se trouve sur la presqu'île du West End séparant English Bay de Burrard Inlet. La ville comptant à peine plus d'un siècle d'existence, les monuments historiques sont rares, mais la prospérité actuelle de Vancouver trouve son expression dans de nombreux édifices à l'architecture moderne. Robson Street est l'endroit idéal pour prendre le pouls de la ville. Sur cette avenue bordée d'arbres, l'animation bat son plein jour et nuit aux terrasses des cafés, dans les restaurants, boutiques et grands magasins. Les deux blocs d'immeubles à l'ouest de Burrard offrent une palette cosmopolite de restaurants japonais, italiens, scandinaves et vietnamiens.

Sur Robson Square, situé à la hauteur du pâté d'immeubles no 800, l'étonnant complexe architectural rassemble des jardins suspendus ainsi qu'un étang illuminé, le tout autour d'une place en sous-sol, groupant boutiques et cafés, où vous pourrez faire une pause pour admirer les gratte-ciel alentour. Parmi eux, citons le fameux Hôtel Vancouver datant des années 1970, uvre du célèbre bâtisseur de la ville Arthur Erickson et de l'architecte-paysagiste Cornelia Oberlander.

Provincial LawCourts, structure révolutionnaire d'Erickson, sur Smithe Street 800, parvient à faire d'un tribunal un immeuble aussi plaisant que son voisin Robson Square. Le Palais de Justice de Vancouver déploie des lignes horizontales qui invitent les visiteurs à déambuler sur sept niveaux reliés par un véritable labyrinthe de rampes et d'escaliers, en empruntant des passerelles claires et aérées de verre, d'acier et de béton. Parsemés d'étangs en cascade, les jardins sont partout, à l'intérieur comme à l'extérieur.

La Vancouver Art Gallery, collection municipale, essentiellement d'artistes canadiens, se trouve dans l'ancien tribunal provincial, plus traditionnel. Ce bâtiment néo-palladien du début du XXe siècle fut conçu par Francis Rattenbury, à qui l'on doit également le Parlement et l'Empress Hotel, tous deux à Victoria, qui furent rénovés par Erickson. La collection compte des uvres américaines d'Andy Warhol et de Roy Lichtenstein, mais l'artiste à l'honneur ici est Emily Carr (1871 1945).

A l'angle de Burrard et Georgia Streets, Christ Church Cathedral, bel édifice néo-gothique du XIXe siècle, est la plus ancienne église de Vancouver encore debout: superbes vitraux et plafond aux poutres martelées.

Granville Street est la rue des cinémas et des théâtres. L'Orpheum (no 884), jadis salle de cinéma et aujourd'hui siège de l'Orchestre symphonique de Vancouver, possède un étonnant intérieur Renaissance espagnole avec des voûtes pseudo-gothiques et des arches mauresques. Ne manquez pas non plus la façade Art déco du Vogue Theatre des années 1940 (no 929).

La Bibliothèque centrale, colosse doucement incurvé, de couleur rousse (entre Robson et Georgia Streets) est un étonnant pastiche du Colisée de Rome. Datant de 1995, il est l' uvre quelque peu contestée de l'architecte canadien d'origine israélienne Moshe Safdie, designer de la controversée maison modulaire Habitat de l'Exposition de Montréal de 1967 et de la National Gallery d'Ottawa. Au-delà de l'entrée sur Georgia Street, une passerelle circulaire suspendue avec boutiques, cafés et une librairie relie la Bibliothèque de sept étages au gratte-ciel voisin abritant les bureaux des services fédéraux. Yaletown, à trois pâtés de maisons au sud-ouest de la Bibliothèque, le quartier des anciens services d'entretien et des entrepôts délabrés du Canadian Pacific Railway, a laissé la place à un agréable complexe de restaurants, de boutiques de meubles, de bars, de bureaux et d'appartements de style «loft».

A l'origine, Canada Place était le Pavillon canadien de l'Exposition de Vancouver de 1986, ce bâtiment qui s'avance dans Burrard Inlet comme la proue d'un voilier du XIXe siècle abrite aujourd'hui un centre de congrès, un hôtel ainsi qu'un terminal de navires de croisière. Les «voiles» blanches du toit sont en fibre de verre recouverte de téflon. Le principal bureau d'informations touristiques de la ville se trouve en face, sur Burrard Street 200, de l'autre côté de la voie rapide du front de mer.

Le long de rues pavées du quartier de Gastown, les bâtiments de briques, de bois et de pierre restaurés du quartier historique bordent Water Street à l'est, de Richards à Carrall Streets. Pris ensemble, ces cafés-terrasses, ces restaurants et ces boutiques remplacent avantageusement les entrepôts victoriens et les hôtels de commerce bon marché qui avaient été bâtis ici après l'incendie du premier Gastown en 1886. La statue du fondateur de la ville «Gassy Jack» Deighton se dresse sur Maple Tree Square, bon point de départ pour une balade à pied guidée et gratuite de 90 minutes (tous les jours en été, à 14 h). Le saloon de Gassy Jack, remarquable par la corniche décorative de style italien qui courait le long du toit, se trouvait de l'autre côté de la place, à Byrnes Block (au 2, Water Street, à l'origine l'Alhambra Hotel). Tout près de là, la forge, les écuries et les échoppes de boucher de Blood Alley, ainsi que le poste de police de Gaoler's Mews ont été transformés en agréables patios ombragés où vous aurez peut-être la chance de dégoter un chapeau vieillot ou une robe surannée et siroter paisiblement un cappuccino ou une bière. A l'extrémité ouest de Water Street, la plus ancienne horloge à vapeur du monde marque les heures de son sifflet. Tout proche, Gaslight Square (no 131) est un bâtiment moderne abritant l'Institut d'Architecture de Colombie-Britannique.

Chinatown s'étire le long de Pender et Kefer Streets à l'est de Carrall. Le quartier historique de la communauté chinoise de Vancouver s'est considérablement modifié ces dernières années. La prospérité croissante jointe à l'afflux d'immigrants aisés en provenance de Hong-Kong a repoussé vers les faubourgs de nombreuses familles de descendants des ouvriers de la ligne de chemin de fer du Canadian Pacific. Mais, la journée, le quartier est toujours aussi animé. A l'angle de Carrall et de Pender Streets, le Chinese Freemasons Building (l'immeuble des francs-maçons chinois) fut érigé en 1901 dans l'espoir de juguler le racisme qui sévissait à l'époque. Bien que cette confrérie traditionnelle n'ait eu en réalité aucun lien avec la franc-maçonnerie, ses fondateurs exprimèrent leur volonté d'intégration en dotant le bâtiment d'une conciliante façade européenne sur Carrall Street, réservant à Pender Street les balcons en retrait de style chinois. Derrière le Centre culturel (50, East Pender) consacré à l'art et à l'artisanat chinois se trouve le jardin du Dr. Sun Yatsen. Conçu par des artistes de Suzhou, capitale du jardin paysager classique chinois, il propose un microcosme de la nature dans lequel les extrêmes s'équilibrent selon la philosophie taoïste du yin et du yang, les qualités humaines étant symbolisées par différents arbustes.

Difficile d'imaginer plus beau décor naturel que le Stanley Park qui commande l'entrée orientale d'English Bay. Aucun artifice paysager n'a été nécessaire pour mettre en valeur les majestueux cèdres rouges, érables, épicéas Sitka, pins et sapins Douglas, dont le manteau n'a été percé que pour aménager des plages et installer quelques tables de pique-nique au bord de l'océan. Cette forêt pluviale, qui abrite aujourd'hui encore dans son c ur impénétrable des arbres vieux peut-être de plus de 800 ans, a fourni jadis le bois destiné aux cabanes et aux totems des Indiens salish, puis, en tant que First Narrows Military Reserve jusqu'en 1886, les mâts et espars des navires de la Royal Navy britannique. Ce parc, qui est sans conteste l'un des plus beaux espaces verts urbains au monde, tient son nom d'un ancien gouverneur général du Canada.

Vous pouvez louer un vélo pour parcourir la splendide promenade du bord de mer (Sea Wall Promenade), sur une digue longue de 10,5 km. Partant du parking vers l'est, la promenade longe le Yacht Club et la chaussée qui mène à Deadman's Island, nommée quelque peu irrévérencieusement («île de l'Homme mort») parce qu'elle servit autrefois de cimetière aux Indiens salish. A Hallelujah Point, là où l'Armée du Salut tenait ses meetings pour le renouveau de la foi, se dresse le Nine o'Clock Gun, canon programmé électroniquement pour tirer à 21 h, qui signalait à l'origine le couvre-feu de la pêche. A la hauteur de Brockton Point, dans la partie orientale du parc, la digue s'incurve vers l'ouest, non loin d'un groupe de mâts totémiques des Indiens haïda et kwakiutl datant du XIXe siècle, amenés là depuis la côte nord. En regardant à nouveau vers la mer, on peut admirer une statue en bronze appelée La jeune fille en combinaison de plongée, version nord-américaine résolument moderne de la célèbre petite sirène de Copenhague. Accessible depuis le bras oriental de la digue de mer ou depuis Coal Harbour, l'Aquarium de Vancouver donne un excellent aperçu de la vie animale du Pacifique, des lacs et rivières de Colombie-Britannique, ainsi que de la forêt humide d'Amazonie. Les plages sablonneuses s'étendant à l'ouest du parc sont bien équipées, avec des restaurants, des cafés, des tables de pique-nique et des installations pour la pêche et le tennis, un practice pour les golfeurs, ainsi qu'une piscine à Second Beach. Tourné vers le large, Siwash Rock présente la forme pétrifiée d'un héros légendaire des Indiens salish qui se purifia dans les eaux d'English Bay à la naissance de son premier-né. Juste à l'est du Pitch and Putt Golf Course, le lagon perdu (Lost Lagoon) est un étang marécageux alimenté par la marée où s'abritent cygnes trompettes, colverts, foulques macroules et oies du Canada.

Le c ur de Granville Island est formé par un plaisant marché public entouré de galeries d'art et d'artisanat, de boutiques, de bars et de bons restaurants. Reliée au continent par le Granville Bridge, l'île fut créée à partir d'étendues boueuses de False Creek drainées vers 1915 pour y abriter des scieries, des fonderies, des usines chimiques et autres industries lourdes. A l'exception d'une cimenterie, celles-ci ont toutes disparu. Les enfants adorent le terrain de jeux du Water Park et le marché débordant de jouets, de livres et de marionnettes qui leur est exclusivement réservé. Les adultes préfèrent la Granville Island Brewery, pub et brasserie ultramoderne où une visite guidée d'une demi-heure l'après-midi vous montrera comment la bière locale est brassée.

De son extrémité occidentale de Point Grey jusqu'à False Creek, la côte sud de l'English Bay offre un attrayant ensemble de plages, parcs et musées dominant le Pacifique. Point Grey est le décor superbe du campus de l'Université de Colombie-Britannique. Au no 6393 de Northwest Marine Drive se dresse le magnifique Musée d'Anthropologie entièrement consacré à la culture des Premiers Peuples du Canada. Le chef-d' uvre d'Arthur Erickson dominant les montagnes et l'océan depuis les falaises de Point Grey, tout de verre et de poutrelles en béton, est un hommage explicite aux grandes-maisons aux montants et aux poutres en bois des Indiens de la côte Nord-Ouest. On peut aller admirer dans les jardins situés face à l'océan, au milieu d'un groupe de dix imposants mâts totémiques, deux maisons traditionnelles en cèdre des Indiens haïda, bâties dans les années 1930. L'art de la côte Nord-Ouest n'évoque pas seulement celui des autres Indiens d'Amérique du Nord, mais aussi d'autres cultures de la ceinture Pacifique, notamment du Japon, de la Corée ou de la Chine. Et les vastes réserves d'objets venus du monde entier que possède le musée sont ouvertes au public dans les Visible Storage Galleries. Une courte balade à travers le campus au sud du musée vous conduira au Centre asiatique où vous pourrez jouir du calme parfait du jardin japonais classique aménagé en 1960 et dédié au savant et diplomate Inazo Nitobe, Nitobe Memorial Gardens. Du côté de l'océan, Marine Drive forme un ruban de plages de sable idéales pour la natation, la planche et le bateau à voile et assez vastes pour n'être jamais trop encombrées. A la pointe occidentale, au-delà de Point Grey, Wreck Beach est réservée aux adeptes du naturisme, mais les plages de Locarno et de Jericho accueillent les familles et les amateurs de sports nautiques. Plus près du centre-ville, Kitsilano («Kits») est particulièrement recherchée pour sa piscine d'eau de mer chauffée.

Le parc Vanier, qui s'étend à l'ouest de Burrard Bridge, abrite plusieurs musées, ainsi qu'un planétarium et un observatoire spatial. Le Musée de la Marine au toit en forme de cône célèbre l'histoire du port de Vancouver. Le Musée de Vancouver retrace l'histoire de la cité depuis l'époque de l'exploration et de la colonisation jusqu'au mémorable achèvement de la ligne de chemin de fer Canadian Pacific et au début de la Première Guerre mondiale. Plus à l'ouest, le Hastings Mill Museum (1575, Alma St.) présente une collection disparate du folklore du temps des pionniers dans le plus vieux bâtiment de Vancouver. Le Canadian Craft Museum (Musée de l'Artisanat canadien) se trouve au centre-ville au rez-de-chaussée de l'immeuble Cathedral Place, 639, Hornby St: belles pièces d'artisanat, uvres d'artistes indiens, inuit et canadiens.

Les parcs qui bordent les quartiers résidentiels de North et West Vancouver donnent un avant-goût des richesses naturelles de la Colombie-Britannique. Capilano River Park, situé près du téléphérique permettant d'admirer la vue depuis Grouse Mountain, possède un spectaculaire pont suspendu vieux d'un siècle, qui enjambe à 70 m de hauteur les gorges de la rivière Capilano. On trouve un élevage de saumons et de bons sentiers de randonnée autour de l'étang de Dog's Leg. Situées directement au nord de Second Narrows Bridge, les collines densément boisées du Lynn Canyon Park cachent également un pont suspendu, plus modeste que celui de Capilano, mais gratuit. L'attrait essentiel du Lighthouse Park, parc d'agrément de Vancouver Ouest, réside dans ses agréables sentiers forestiers qui ouvrent de magnifiques perspectives sur les rochers de granit et les falaises abruptes marquant la jonction d'English Bay et de l'océan Pacifique, où se dresse un phare aujourd'hui désaffecté.

La Gaspésie
La Gaspésie, ancien territoire des Indiens micmacs, ne possède que ses montagnes, sa forêt, son isolement et ses nuages qui défilent souvent plus vite que la route. Les pêcheries jalonnent la côte, rare industrie d'une contrée qui a toujours été pauvre, laissant l'intérieur vide de population. Entre falaises et golfe du Saint-Laurent, les villages de la côte septentrionale se recroquevillent au fond de vallées solitaires. La route suit un itinéraire jalonné de noms au parfum d'aventure: Rivière-au-Renard, l'Anse-au-Griffon, Manche-d'Epée, Ruisseau-à-Rebours A Grand-Métis, plus de 1000 variétés de plantes s'épanouissent dans les magnifiques jardins de la villa Reford (musée). A Matane, une barrière de comptage des saumons permet d'observer les poissons luttant contre le courant au moment de la fraie (mi-juin). De Sainte-Anne-des-Monts, une route donne accès au parc de la Gaspésie, habitat des farouches caribous des bois. Des excursions guidées par un naturaliste permettent de les approcher. La balade vers le lac aux Américains révèle des paysages de toute beauté. Plus avant, sur les bas-côtés, les vigneaux des claies de séchage de morues s'étalent au soleil et au vent. Pourtant, la pêche va mal. La surexploitation des eaux du golfe a fait chuter considérablement les stocks de poissons.

Les falaises du parc national de Forillon, baignées de plages de galets ou de sable gris, sont le dernier rempart de la Gaspésie. C'est ici que viennent mourir les Appalaches, ces montagnes américaines nées à 2000 km de là. Près du Cap-des-Rosiers, site du plus haut phare du Canada, les oiseaux marins nichent en étages avec vue sur le large. L'été, des croisières vous emmènent à la découverte du littoral nord et de sa faune. Côté baie de Gaspé, d'autres excursions quittent Grande-Grave à la découverte des troupeaux de baleines venues se gorger de nourriture dans les eaux riches en micro-organismes. Sur le littoral, des points de vue permettent de repérer, au télescope, leurs jets de bruine. Dans l'intérieur, il est relativement aisé de surprendre les castors. A Grande-Grave, on peut observer la vie des pêcheurs de morues d'autrefois.

C'est à Gaspé que commença l'histoire du Canada français. Dans cette baie, Jacques Cartier débarquait le 24 juillet 1534. A l'entrée de la ville, le beau Musée de la Gaspésie se consacre à l'histoire, à l'art et à l'ethnologie de la région.

C'est son rocher qui a rendu Percé célèbre. Haut de 88 m, le gros roc solitaire est l'une des principales curiosités naturelles de la Gaspésie. Autrefois il comptait plusieurs arches, mais toutes sauf une se sont effondrées. A marée basse, il est possible de s'approcher de cette monumentale masse de pierre, mais ne comptez pas l'escalader: l'exploit est réservé aux mouettes. Des collines dominant le village, le panorama est magnifique. Au large, la petite île Bonaventure est le site d'une gigantesque colonie de fous de Bassan. Le reste de l'île compte plein d'autres espèces: mouettes tridactyles, guillemots noirs, macareux, phoques, etc. Des bateaux font la navette depuis Percé. Au sud de Percé, l'Anse-à-Beaufils attire les amateurs de minéraux: sa grève est parsemée d'agates.

Lorsque Jacques Cartier aborda sur la baie des Chaleurs pendant l'été 1534, les eaux lui parurent douces. Les paysages se font moins spectaculaires que ceux de la côte nord. Les villages se posent près de petites plages de galets ou de sable roux. A Bonaventure, le Musée Acadien met en valeur le patrimoine des habitants installés ici après le Grand Dérangement. Non loin, la réserve de Maria regroupe quelques familles micmacs. A New Richmond, le Centre de l'Héritage britannique reconstitue un village loyaliste du XVIIIe siècle. Du haut du mont Saint-Joseph, la baie des Chaleurs se découvre dans toute sa splendeur. Près de la station balnéaire de Carleton-sur-Mer, le parc de Miguasha et son musée présentent d'intéressants fossiles de poissons et de diverses plantes. L'entonnoir de la baie des Chaleurs se resserre à Matapédia, fermant la vallée autour de la rivière du même nom. Les points de vue sont magnifiques, en particulier depuis la rive située au Nouveau-Brunswick. Près de Restigouche vit un deuxième groupe de Micmacs. La communauté produit un artisanat de belle qualité (centre d'art). La vallée de la Matapédia est un haut lieu de l'exploitation du bois. Au moment de l'été indien, les colorations des arbres sont exceptionnelles.

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