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CANADA
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Les origines Au paléolithique supérieur ( 40'000 ans), les nomades du nord de l'Asie vinrent par le détroit de Béring coloniser les espaces vierges de l'Amérique du Nord. Vivant de chasse et de cueillette, ils se seraient aventurés plus à l'est à la poursuite des mammouths et des bisons. On sait encore peu de choses de leur dispersion à travers le continent. Il existait de nombreuses nations indiennes, distinctes tant par la langue que par l'organisation sociale. A l'arrivée de l'homme blanc, les Amérindiens auraient été entre trois et dix millions en Amérique du Nord. XVIe siècle Le 24 juillet 1534, le Malouin Jacques Cartier débarque en Gaspésie, poussé par une tempête, et prend possession des terres de la Nouvelle-France au nom du roi François Ier. On le surnommera le «découvreur du Canada», oubliant les Celtes (IXe siècle), les Vikings (992), les pêcheurs européens (à partir de 1472) et même les navigateurs italiens Jean Cabot (1497) et Verrazano (Acadie 1523) qui approchèrent ces mêmes côtes. En 1535, il parvient à l'île de Montréal, mais est arrêté dans sa progression vers l'ouest par une série de rapides. XVIIe siècle En 1600, Samuel de Champlain longe les côtes de la Nouvelle-Angleterre, visite la Nouvelle-France et l'Acadie où, en 1605, il fonde Port-Royal, le premier établissement permanent du Canada. En 1608, il entreprend la colonisation des rives du Saint-Laurent. Québec voit le jour sur un resserrement du fleuve. Champlain s'ingénie à organiser le peuplement du territoire et le commerce des fourrures, mais les obstacles se multiplient. En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve débarque sur l'île de Montréal à la tête d'une société évangélisatrice et entreprend d'édifier le fort de Ville-Marie. La traite des fourrures avec les Amérindiens devient rapidement le principal enjeu économique de la Nouvelle-France. En 1664, elle devient province royale et la Compagnie des Indes occidentales prend le relais. Les bénéfices atteignent 1000%, 2000% parfois. Mais les colons veulent eux aussi profiter de la manne. Certains s'enfoncent dans la forêt, ignorent l'autorité royale et n'hésitent pas à hiverner dans les campements indiens. Des enfants métis naissent d'unions condamnées par les missionnaires. Dès 1622, le jeune Etienne Brûlé parvient au lac Ontario puis au lac Erié. Il est le premier Occidental à voir les chutes du Niagara. Les colons anglais, protestants, voient d'un mauvais il le développement à leurs portes d'une colonie française et catholique. En 1620, les hommes de Sa Majesté, cherchant à limiter l'expansion des colons français, occupent l'Acadie puis, en 1628, tentent de s'emparer de Québec. Peu après l'installation des premiers pionniers, les attaques des Iroquois (alliés des Anglais) sur les établissements français débutent, entravant la colonisation. En 1696, le comte de Frontenac mène une vaste campagne de pacification contre les Iroquois dont le terme marque à peu près l'apogée de l'Amérique française. L'année suivante, la France récupère Terre-Neuve et une partie de l'Acadie. XVIIIe siècle En 1713, le Traité d'Utrecht mettant fin à la guerre de Succession d'Espagne cède aux Anglais la baie d'Hudson, Terre-Neuve et la presque totalité de l'Acadie. Pendant une trentaine d'années, la paix tient et la Nouvelle-France connaît une certaine prospérité. En 1731, un certain Pierre Gauthier de Varennes touche aux grandes plaines, patrie des Sioux. En 1754, des combats entre colons anglais et français éclatent dans la vallée de l'Ohio prémisses de la guerre de Sept Ans. Le 2 septembre 1755 commence le Grand Dérangement. Les fermes sont brûlées, les familles dispersées, exilées pour la plupart dans l'est américain ou en Angleterre. En 1763, le Traité de Paris cède à «Sa Majesté britannique, en toute propriété, le Canada avec toutes ses dépendances» (sauf Saint-Pierre et Miquelon), mettant un terme définitif à la guerre. En 1774, l'Acte du Québec rétablit les privilèges du clergé catholique et la représentation francophone dans l'espoir d'empêcher la population de s'allier aux Insurgés américains. En 1791, l'Acte Constitutionnel établit un régime parlementaire. Le pays est divisé en deux provinces: le Haut-Canada anglophone (Ontario) et le Bas-Canada francophone (Québec). XIXe siècle En 1812, la guerre éclate entre les Etats-Unis et l'Angleterre qui n'a toujours pas accepté la perte de sa colonie. L'invasion américaine échoue. En 1837, les Patriotes du Bas-Canada se soulèvent sous la houlette de Louis-Joseph Papineau. Mais l'échec de la rébellion, soutenue par une partie de la population seulement, est cuisant: la Constitution est abolie, les deux Canada réunis. En 1867, le Québec entre dans la nouvelle Fédération des provinces du Canada avec l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse. Deux Canada se mettent en place: français et anglais. Parallèlement, l'économie souffre de l'effondrement du commerce des fourrures. L'urbanisation commence, mais le pouvoir économique est concentré dans les mains anglophones. XXe siècle Les querelles franco-anglaises resurgissent en 1939. Le Québec plonge dans une crise profonde. L'après-guerre est marqué par une période de nationalisme sous la coupe du populiste Maurice Duplessis. En 1960, le parti libéral arrive au pouvoir. En quelques années, une véritable révolution submerge la Belle Province: la censure est abolie; le système éducatif est retiré du contrôle du clergé. Un nouveau mouvement, le Rassemblement pour l'Indépendance Nationale voit le jour. En 1967, dans un climat agité, le célèbre «Vive le Québec libre» du général de Gaulle secoue le monde et enchante les Québécois. En 1976, le Parti Québécois remporte pour la première fois les élections provinciales. Le français est déclaré seule langue officielle. Le 20 mai 1980, le gouvernement organise un référendum sur la «souveraineté-association» du Québec avec le reste du Canada. Le projet est rejeté. Quelques années plus tard, l'accord du lac Meech tente de concilier les parties. Les négociations échouent à nouveau. En 1994 le Parti Québécois remporte les législatives. Le principe biculturel du Canada fédéral est, aux yeux des francophones, mis à mal. Le 30 octobre 1995, le référendum devant statuer sur la sécession québécoise échoue. |
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