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Boston
C'est à Boston que germa l'idée de l'indépendance américaine, et que furent franchies les étapes clés menant à la Révolution. Au XIXe siècle, la ville passait pour la capitale culturelle de l'Amérique, siège des meilleures écoles. (L'agglomération compte encore aujourd'hui plus de 100 établissements supérieurs.)

Si vous voulez accomplir seul le tour des principaux sites historiques, passez d'abord demander plans et brochures au Visitor Information Center, sis dans Tremont Street, côté Public Garden. Le Freedom Trail, ou Voie de la Liberté (2,4 km), est balisé d'une ligne rouge ou d'une file de briques encastrées dans le sol. Dirigez-vous d'abord vers le dôme doré de la New State House. La partie centrale de cet édifice en brique rouge, typique du style fédéral, date de 1798; elle est l' uvre de l'architecte bostonien Charles Bulfinch, qui s'en inspira pour le Capitole, à Washington.

King's Chapel, la plus ancienne église anglicane de Boston, fondée en 1688 fut remplacée par l'actuelle chapelle du Roi, de 1754. L'extérieur en granit sombre et le portail à colonnade sévère contrastent avec l'intérieur chaleureux, aux bancs clos bordés de damas rouge.

The Old South Meeting House, l'ancienne salle de réunion des puritains (1729) a été transformée en Musée de la Révolution. Samuel Adams y prépara la Boston Tea Party. Les gouverneurs britanniques dirigeaient la colonie depuis la proche Old State House (1713), qui arbore encore le lion et la licorne, symboles de la Couronne.

Le «berceau de la Liberté», Faneuil Hall un marché couvert surmonté d'une salle de réunion a vu défiler bien des orateurs, de Samuel Adams à John F. Kennedy et Bill Clinton. Il fut construit en 1742 par un riche commerçant. Devant Faneuil Hall, il est un coin animé, Faneuil Hall Marketplace, aux bâtiments rénovés avec imagination. L'ensemble englobe boutiques, magasins d'alimentation, restaurants, étals de marché, ainsi qu'une boîte de nuit. Au centre, Quincy Market, coiffé d'un dôme, est spécialisé dans l'épicerie fine, alors que South Market aligne galeries d'art et boutiques de cadeaux, et que North Market donne dans la mode.

De Faneuil Hall, suivez Union et Marshall Streets. Puis passez sous Fitzgerald Expressway pour atteindre North End, pittoresque fief de la communauté italienne. Le Freedom Trail reprend à North Square, où la maison de Paul Revere, le héros de la Révolution est la plus ancienne de la ville (vers 1680).

Charlestown, au-delà de Charlestown Bridge fut en fait fondé un an avant Boston, soit en 1629. Le plus célèbre navire du pays, l'USS Constitution, est visible au Charlestown Navy Yard. Construit à Boston en 1796, sa charpente en chêne résista au feu des canons britanniques en 1812. Vous le visiterez sous la conduite de marins en uniforme d'époque.

Au Bunker Hill Pavilion, un spectacle multimédia recrée la bataille de Bunker Hill (1775). Obélisque de 65 m dressé sur la colline, Bunker Hill Monument rappelle ce temps fort de la Révolution. La vue, de là-haut, vous fera oublier les 294 marches à gravir!

Sur le Waterfront, Long Wharf, au bout de State Street vit le départ des troupes britanniques en mars 1776. Du quai, un bateau vous emmènera faire le tour du port, alors qu'au départ du Rowe's Wharf voisin, des vedettes desservent Logan Airport. Le Tea Party Ship, mouillé à la tête ouest de Congress Bridge est la réplique grandeur nature d'un des trois vaisseaux arraisonnés par les Bostoniens, en 1773, pour protester contre les taxes britanniques. A bord, une vidéo retrace l'événement. Après avoir essayé de balancer une caisse de thé à la mer, vous savourerez une cup of tea.

Sur Museum Wharf, le Children's Museum présente des objets à toucher et offre l'occasion de revêtir des habits de l'ère coloniale. Les enfants peuvent apprendre à tisser, participer à des ateliers d'art, explorer un grenier de l'époque de leurs grands-parents et imaginer comment était la vie en 1959, lorsque la télévision était en noir et blanc.
Dans Government Center, les tours du John F. Kennedy Federal Building et la pyramide inversée en béton de City Hall figurent le nouveau visage de Boston. Le modernisme agressif des lieux est tempéré par le traditionnel dallage en brique rouge et par des espaces verts ménageant des échappées sur le noyau historique.

Plus à l'ouest, le quartier de Beacon Hill est resté longtemps le plus huppé de Boston. Parmi les cèdres et les châtaigniers de Mount Vernon Street, vous découvrirez les plus beaux exemples d'architecture résidentielle. D'élégantes maisons aux façades bombées encadrent Louisburg Square et son parc privé.

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, une sorte de baie s'étendait à l'ouest du Public Garden; son comblement en fit une zone résidentielle pour commerçants nouvellement enrichis, Back Bay. Le paysage urbain est à présent dominé par le Christian Science Center, la Prudential Tower et plus encore par la John Hancock Tower, de I.M. Pei, prisme rhomboïdal présentant à chaque bout une curieuse incision en V. Dans sa façade en verre se reflète Trinity Church, décrite par son créateur Hobson Richardson comme une interprétation libre de l'architecture romane française. Au 50e étage de la Prudential Tower se trouve le Skywalk Observatory, qui offre un point de vue panoramique de 360° sur la ville et ses environs.

A l'ouest de Back Bay, à Fenway, le Museum of Fine Arts, l'un des plus grands musées du monde, s'est constitué à partir de collections réunies au XIXe siècle par des Bostoniens, qui revenaient de voyage chargés de tableaux et de sculptures. Les départements relatifs à l'Orient et à l'Egypte sont spécialement riches, tout comme la section américaine (peinture, orfèvrerie, mobilier). Et que dire du fonds européen, avec entre autres les grands impressionnistes et les post-impressionnistes! L'art moderne, lui, occupe l'aile ouest au toit de verre, due à I.M. Pei.

Voisin du Musée des Beaux-Arts, Isabella Stewart Gardner Museum, dans une villa Renaissance, en partie composée d'éléments rapportés d'Italie illustre une vie de femme vouée au culte du beau. Résultat, un singulier ensemble de sculptures, meubles, tapisseries et curiosités d'où se détache la collection de peintures, de l'Italie du XVe siècle aux temps modernes.

La ville de Cambridge, au-delà de la Charles River, ne se résume de loin pas à Harvard. Mais c'est l'université qui prime: fondée en 1636, elle a fusionné en 1965 avec Radcliffe College, un institut de jeunes filles, et l'ensemble compte depuis plus de 36'000 étudiants.

A l'extrémité ouest de Massachusetts Avenue, Harvard Square doit son animation à ses cafés, à ses restaurants et à ses librairies superbes. Le campus, pour l'essentiel groupé autour de Harvard Yard, ne cultive pas le style «collège gothique» cher à tant d'universités. Les bâtiments les plus anciens sont en brique rouge traditionnelle, ainsi Massachusetts Hall (1720) et Harvard Hall (1766); ou en planches à clin, telle Wadsworth House (1726), l'ancienne demeure des recteurs. University Hall (1815), édifice en granit de goût classique, est l' uvre du prolifique Bulfinch. Memorial Hall (1878) représente enfin une des rares concessions au néo-gothique.

Partant de Harvard Square vers l'ouest, Brattle Street était jadis appelée Tory Row à cause des sympathies loyalistes de ses premiers habitants. Parmi ses ravissantes demeures du XVIIIe siècle figure la maison (n°105) de Longfellow. Le poète y vécut de 1837 à 1882, alors qu'il enseignait les langues modernes à Harvard.

New York
New York City (786 km2) groupe cinq boroughs ou «districts»: Brooklyn, Queens, le Bronx, Staten Island et Manhattan. Mais pour la plupart des visiteurs, c'est Manhattan qui compte. Cette île de 21 km de long sur 3 km de large, c ur de l'agglomération, rassemble tout ce qu'ils veulent découvrir.

Midtown Manhattan

Fifth Avenue (5e Avenue), synonyme de luxe, irrigue le centre de Manhattan. Bordée de gratte-ciel, elle mérite une balade, ne serait-ce que pour ses vitrines. Grands magasins, bijouteries et boutiques de mode alternent avec d'excellentes librairies.

Ville dans la ville et siège de nombreuses sociétés américaines, le site de 9 hectares du Rockefeller Center, financé au départ par le magnat du pétrole John D. Rockefeller Jr., groupe 19 buildings géants. Des cours intérieures (plazas) agrémentées de fleurs et de fontaines, cours dont l'une se transforme en patinoire en hiver, séparent ces immeubles. Avec «seulement» 260 m, l'ancien RCA Building, rebaptisé General Electric Building, n'est de loin plus le plus puissant de New York, mais la vue reste saisissante depuis le restaurant Rainbow Room.

Le Museum of Modern Art (MoMA) (West 53rd Street, près de Fifth Avenue) a rouvert ses portes en novembre 2004 après plus de deux ans de travaux. La surface du nouveau musée, un ensemble de granit noir, de verre et d'aluminium, a pratiquement doublé. Ses cinq étages de galeries rassemblent plus de 100'000 uvres de 1880 à nos jours. Certes, seule une partie des collections est exposée à la fois. Difficile cependant, question qualité et étendue du choix, de trouver ailleurs un tour d'horizon aussi bon et complet de cette période. Chaque grand mouvement de l'art moderne est illustré par des chefs-d' uvre dus à ses chefs de file: Van Gogh, Picasso, Munch, Matisse, Chagall, Miró, Klee, Pollock, Rothko et bien d'autres. Si la peinture et la sculpture prédominent, le musée traite chaque autre moyen d'expression: gravure, dessin, architecture, design, photo, y compris images de films.

Le quartier des spectacles, loin de se cantonner à une place, Times Square, s'étend de 42nd à 47th Street, le long de la section centrale de Broadway. Cette artère la seule tracée en diagonale a fini par symboliser la vie théâtrale new-yorkaise, encore que la plupart des salles se situent entre Broadway et Eighth Avenue.

A l'ouest de Times Square s'étend un quartier mal famé sex-shops et cinémas pornos. Empruntez plutôt East 42nd Street, un secteur dynamique, animé, devenu une «vitrine» sur le plan architectural. Le siège de la New York Telephone Company, tout en marbre blanc et verre noir, défie l'étonnante silhouette du W.R. Grace Building. En face, la New York City Library (Bibliothèque publique), de 1911, constitue un fleuron du style néo-classique. Riche de 9 millions de volumes, elle est renommée comme étant l'un des principaux centres de documentation du pays. Pour un aperçu de la gigantesque salle de lecture, de la salle des périodiques, de la galerie d'art et de l'architecture intérieure, demandez au comptoir d'informations un programme des visites. Gratuites, d'une durée d'une heure, elles sont conduites par les employés de la bibliothèque.

Matin et soir, la marée des banlieusards déferle dans le vaste hall central de la mythique et monumentale Grand Central Station. Jetez-y un coup d' il, même si vous n'avez pas de train à prendre, puis arrêtez-vous pour manger au célèbre Oyster Bar & Restaurant (huîtres, fruits de mer). Deux blocs plus à l'est, une flèche profilée signale le singulier Chrysler Building (1930), de style Art déco, qui resta à peine un an le plus haut gratte-ciel du monde.

L'ONU a son siège au bout de 42nd Street, sur United Nations Plaza au bord de l'East River. Le Secrétariat occupe la tour, tandis que les rituels diplomatiques se déroulent dans le bâtiment de l'Assemblée générale. Les visites guidées avec tour des salles de conférence partent du bureau d'information. Lors des sessions de l'Assemblée, on y délivre les tickets d'accès à la galerie du public. Cela dit, les séances se résument souvent à la lecture ennuyeuse de communiqués rédigés au préalable! Les boutiques de l'ONU valent la visite: l'une d'elles présente l'artisanat du monde entier. La poste vend les timbres onusiens, assez beaux mais valables uniquement pour les envois expédiés depuis là.

L'Empire State Building, qui domine Fifth Avenue (sur 34th Street), est resté longtemps le plus haut du monde. Terminé en 1931, il représentait un défi à la Grande Dépression. Le sous-sol en marbre héberge un centre commercial. De là, l'ascenseur principal atteint la plate-forme du 86e étage, d'où la vue est déjà fantastique. Pourtant, un autre elevator vous déposera plus haut, à la base du mât de télévision, au 102e (381 m). De la terrasse, ouverte jusqu'à minuit, le panorama est féerique. Au 2e étage, ne manquez pas le New York Skyride, un simulateur de vol qui vous permettra de faire une visite aérienne de la ville.

Downtown

Au sud de 14th Street, le quadrillage des rues perd de sa rigueur, et des noms remplacent les numéros. C'est la partie la plus ancienne de la ville. La pointe sud de Manhattan correspond au site de Nieuw Amsterdam, jadis délimité par un rempart en bois dont Wall Street reproduit le tracé. La rue est devenue au fil des années le symbole du quartier de la finance, dont les gratte-ciel forment un ensemble distinct du groupe plus important de Midtown.

Wall Street est le centre névralgique de la première puissance financière du monde, le symbole du marché boursier et du capitalisme américain. Chaque grosse société, chaque «mégabanque» aspire à être présente ici. L'entrée de la Bourse (New York Stock Exchange) se situe au 20 Broad Street. De la galerie des visiteurs, vous découvrirez la corbeille, toujours en fonction et enfiévrée, alors que tant d'autres places se sont dotées d'une bourse électronique. C'est en face, au Federal Hall (26 Wall Street), que Washington prêta serment comme premier président des Etats-Unis, en 1789.

Le World Trade Center était un complexe de plusieurs immeubles de bureaux qui abritait plus de 1200 firmes, banques et agences gouvernementales. Les plus célèbres éléments de cet ensemble étaient les tours jumelles, les Twin Towers, les plus hautes de la ville (411 m). Le 11 septembre 2001, le monde regarda avec horreur et incrédulité deux avions de ligne détournés s'écraser sur les tours et les détruire, tuant tout le monde à bord des appareils et faisant des milliers de victimes dans les deux immeubles de 100 étages. Depuis lors, l'emplacement du World Trade Center est appelé Ground Zero (Niveau Zéro). La zone sinistrée, aujourd'hui nettoyée, est entourée d'un haut grillage, ce qui permet de suivre le rapide avancement des travaux de reconstruction.
Des voiliers venaient s'amarrer jadis aux quais de l'East River. Le secteur de South Street Seaport, récemment rénové, groupe centres commerciaux et food courts (restaurants rapides autour d'un espace commun). En outre, un musée de la marine présente un élégant clipper chinois, le Peking. De là, vous pourrez également partir pour une petite croisière à bord d'un de ces pittoresques vapeurs ou navires à aubes d'autrefois. Quant au Brooklyn Bridge, qui enjambe le fleuve juste en amont, c'était à son inauguration, en 1883, le plus long pont suspendu jamais construit.

Du verdoyant Battery Park, à la pointe de Manhattan, des bacs mènent en 20 mn à Liberty Island, où se dresse le monument le plus révéré des Etats-Unis. La statue de la Liberté, présent de la France à la nation américaine, symbolisait la promesse d'une vie nouvelle aux yeux de millions d'immigrants, qui avaient fait la traversée depuis l'Ancien Monde serrés comme des sardines. La statue, uvre du sculpteur français Auguste Bartholdi fut terminée en 1886. Gustave Eiffel, spécialiste des grandes structures métalliques, conçut la charpente intérieure, qu'il fallut revêtir de 100 tonnes de feuilles de cuivre. La hauteur totale, mesurée au sommet de la torche recouverte de cuivre doré, est de 46,4 m; la main mesure 5 m. Fermée pour des raisons de sécurité après les attentats du 11 septembre 2001, la statue a rouvert ses portes au public en août 2004. Il est désormais possible de pénétrer dans le piédestal et d'observer les détails de la structure intérieure du monument grâce à un plafond de verre. On peut également aller admirer la vue depuis une plate-forme d'observation située au haut du piédestal. L'accès à la couronne reste cependant interdit.

Les bacs continuent jusqu'à Ellis Island où plus de 12 millions d'immigrants notamment les pauvres, venus d'Europe méridionale ou orientale eurent un premier contact avec leur nouvelle patrie. C'est à Ellis Island qu'entre 1892 et 1954, date de fermeture du site, défilèrent ces pionniers dont descendent plus de 40% des citoyens américains. Maintenant, la foule se presse dans l'ancien et imposant bâtiment d'accueil, où l'Immigration Museum restitue un peu de l'atmosphère d'alors.

Uptown

La transition entre Midtown et Uptown s'opère assez abruptement à hauteur de 59th Street. C'est là que débute Central Park, et que le commerce et les affaires font place à des quartiers principalement résidentiels. Le parc coupe Upper Manhattan en deux: l'opulent Upper East Side, dont les rangées de luxueux immeubles d'habitation sont çà et là interrompues par de grands musées; et Upper West Side, moins prospère mais en plein essor.

Central Park, le poumon de New York sert de terrain de sport, de jardin, de coin pique-nique à des millions de citadins. Ce parc immense (341 ha), doté de plus de 90 km de sentiers, comprend un zoo, des jardins bien dessinés, des bois et des champs, des lacs et un théâtre de verdure. En été, il accueille des concerts. Dès l'aube, les joggers font le tour du plan d'eau, le Reservoir, bien avant que les enfants, escortés de leurs bonnes, ne gagnent les terrains de jeux. Le lieu serait idyllique sans la faune qui le hante sitôt la nuit tombée. Bref, à éviter le soir!

A l'ouest de Central Park, un ancien quartier de taudis, rasé dans les années 1960, est devenu le haut lieu culturel de la ville, Lincoln Center. A quelques pas les uns des autres s'élèvent ainsi le beau Metropolitan Opera, le New York State Theater, le Vivien Beaumont Theater et Avery Fisher Hall, où se produisent le New York Philharmonic et d'autres orchestres prestigieux. On peut y passer au cours d'une visite guidée, mais rien n'égale l'ambiance d'une vraie représentation. Le Convention and Visitors Bureau proposant parfois des billets à prix réduit, il vaut la peine de passer aux caisses du Lincoln Center le jour de tel ou tel spectacle.

Les immenses collections du «Met», le Metropolitan Museum of Art remplissent plus de 250 salles dans un colossal palais néo-classique situé sur Fifth Avenue, près de 82nd Street. Elles englobent toutes les régions du monde, toutes les cultures, toutes les périodes. Une fois franchie l'entrée imposante, vous accéderez au majestueux Great Hall, réminiscence des thermes de Caracalla à Rome. Et là se pose un dilemme: par où commencer? Pour établir votre itinéraire, prenez un plan à l'information. A gauche, le rez-de-chaussée (1st floor) est consacré à l'art étrusque, grec et romain, mais aussi à l'art de l'Europe du XXe siècle. Sur la droite, vous traverserez les vastes salles des antiquités égyptiennes pour atteindre le temple de Dendur, sauvé avant la mise en eau du barrage d'Assouan. En continuant tout droit, vous tomberez sur les collections de l'Europe médiévale.

Si, faute de temps, vous souhaitez vous concentrer sur l'art pictural européen, prenez l'escalier d'honneur pour accéder aux galeries situées à l'étage. L'émerveillement est garanti: primitifs flamands, peintres espagnols (Vélasquez, le Greco), génies de la Renaissance italienne et maîtres hollandais du XVIIe siècle (nombreux Rembrandt et cinq Vermeer). Enfin, le remarquable fonds de peinture française du XIXe atteint des sommets avec certains des chefs-d' uvre impressionnistes et post-impressionnistes les plus fameux.

Il y a infiniment plus à voir, mais on s'y perd un peu. En effet, les donateurs ont pris l'habitude, en léguant leurs collections au «Met» d'exiger que celles-ci figurent en bloc dans des ailes à part formant autant de musées dans le musée.

La Frick Collection, réunie par Henry Clay Frick, magnat du charbon et de l'acier, se trouve sur 70th Street, près de Fifth Avenue: autoportraits de Rembrandt; deux Vermeer, dont l'Officier et la Jeune Fille riant; portraits par Van Dyck, uvres de Boucher, Fragonard, Gainsborough et Turner. Le tout dans le cadre intime d'un hôtel particulier, garni de splendides meubles et porcelaines de France.

L'American Museum of Natural History (Central Park W., près de 79th Street) constitue le plus grand musée du monde. Les plus belles de ses collections sont dédiées à l'art et à l'artisanat amérindiens, aux pierres précieuses et semi-précieuses, aux minéraux et météorites.

Le Guggenheim Museum (sur Fifth Avenue, près de 89th Street) occupe un édifice en escargot, l'un des plus étonnants de la ville, conçu par Frank Lloyd Wright. S'il accueille surtout des expositions d'art d'avant-garde, il possède aussi un fonds spécialement bien doté pour le début du XXe siècle: cubistes, Kandinsky, Chagall.

Quartiers «ethniques» et autres districts

La ville, au cours de son expansion, a absorbé des entités qui, tel Greenwich Village, n'en ont pas moins gardé leur originalité. Vous y découvrirez toujours quelque chose d'original qui vous donnera l'impression de changer de pays rien qu'en traversant la rue. Il faut se souvenir qu'en termes d'espace, Manhattan n'est pas une grande ville. Vous pouvez traverser l'île d'est en ouest en une demi-heure de marche, ce qui en fait l'une des meilleures parties de New York à visiter à pied.

Greenwich Village: atmosphère détendue, maisons à l'échelle humaine, on se croirait presque dans une petite cité européenne. L'endroit servit d'abord de villégiature, à l'époque où la ville, remuante et insalubre, se confinait à la pointe sud de Manhattan. Il devint peu à peu une adresse à la mode pour les dirigeants de société. Dès le début du XXe siècle, la bohème new-yorkaise le colonisa. Le Village est à présent assez maniéré et touristique, trop cher aux yeux des jeunes espoirs des arts et des lettres qui le hantaient hier.

Boutiques, galeries d'art, restaurants et théâtres off-Broadway bordent les rues à l'ouest de Broadway, de 14th à Houston Street. Bleecker Street est l'artère maîtresse du Village. Washington Square, l'un des plus anciens parcs de la ville, touche le campus de l'université de New York. La vie estudiantine anime le voisinage (mais la place elle-même n'est pas un lieu où se promener seul la nuit). Washington Arch fut élevé en 1889 pour le centenaire de la prestation de serment du président Washington.

SoHo et Tribeca sont deux secteurs voisins (SoHo pour South of Houston Street: «au sud de Houston Street», et Tribeca pour Triangle below Canal Street: «triangle au-dessous de Canal Street»). D'industriels, ils sont devenus résidentiels et à la mode. D'anciens entrepôts ont été aménagés en galeries, des lofts en studios. Le milieu artiste s'y est fixé, avec ceux qui voudraient faire croire qu'ils en sont.

Chinatown: des dizaines de milliers de Chinois s'entassent dans le dédale des ruelles du Lower East Side, au sud de Canal Street. La plupart descendent d'immigrants du XIXe siècle, et ils ne se sont guère intégrés. Au surplus, une nouvelle vague d'arrivées est venue régénérer la communauté en renouvelant les liens avec l'ancienne patrie. Groupées autour des rues Mott, Bayard et Doyers parmi un fouillis de boutiques et restaurants modestes, d'excellentes tables proposent des spécialités de presque toute la Chine.

Voisin de Chinatown dans le Lower East Side, le Jewish District compte toujours une forte population, même si les israélites sont bien plus nombreux à l'avoir quitté pour essaimer en ville et dans le pays. Des juifs portugais comptaient parmi les premiers colons. (Le cimetière Shearith Israel date de 1683.) Un dimanche, allez donc faire un tour à Orchard Street, où se tient un authentique marché de rue: juifs orthodoxes en manteau et chapeau noirs, vendeurs de kebabs, joueurs de poker noirs y coudoient une dizaine d'autres ethnies dans une débauche de bruits et de couleurs.

Contrairement à sa voisine du sud, Chinatown, Little Italy, la «Petite Italie» a vu partir la plupart des immigrés qui justifiaient son nom. Les épiceries et trattorie familiales d'autrefois ont reculé devant les boutiques chic et les restaurants à la mode. Mais un parfum vieille Italie y flotte encore. Et il reste agréable de déjeuner sur une terrasse de Mulberry Street tout en regardant la rue vivre sa vie.

Le secteur de Harlem à majorité noire est le seul des quartiers ethniques à se situer tout au nord de Manhattan. Les colons hollandais qui le fondèrent lui donnèrent le nom d'une ville de chez eux, Haarlem. Les Noirs en provenance des Etats du Sud y arrivèrent en nombre dans les années 1920, et le coin allait devenir célèbre pour ses bars et clubs de jazz. Si vous voulez explorer Harlem, n'y allez pas seul. Les gens du lieu organisent du reste des visites à thème: gospel, jazz, demeures historiques, délabrement urbain. Avec à la clé un dîner soul food, la cuisine noire du Sud. East Harlem, ou Spanish Harlem, est surtout peuplé de Portoricains.

Avec près de 2,5 millions d'habitants entassés sur 210 km2, son propre quartier des affaires, de magnifiques parcs et des musées célèbres, Brooklyn est une ville en soi. Jusqu'en 1898, ce district était même totalement indépendant de New York. Aujourd'hui, la zone située face à l'East River et en particulier Brooklyn Heights et Park Slope continue d'attirer les résidents de Manhattan qui savent y trouver des loyers plus bas, des rues plus tranquilles et une ambiance communautaire. Ne manquez pas le Brooklyn Museum of Art (200 Eastern Parkway), le deuxième plus important de l'agglomération new-yorkaise. Il possède une collection de près d'un million et demi de pièces. Ses sections d'art égyptien, africain et précolombien sont particulièrement réputées. A 10 minutes de métro de Manhattan, Brooklyn est facilement accessible.

Philadelphie
La ville fut fondée en 1681 par William Penn en un site accessible aux navires de mer, à l'embouchure de la Delaware River. L'endroit devint très vite un centre de négoce, doté du port le plus actif de l'Empire britannique après Londres et Liverpool. On y ouvrit des écoles et des universités, des maisons d'édition et des sociétés philosophiques. Même si la guerre d'Indépendance éclata à Concord, c'est en fait ici que se réunissaient ce que les Colonies comptaient de dirigeants politiques et d'intellectuels. La ville, où la Déclaration d'indépendance fut signée en 1776, joua le rôle de capitale nationale jusqu'au transfert du gouvernement à Washington DC, en 1800.

Avec le déplacement du centre urbain vers l'ouest jusqu'à l'actuel Center City, les vieux quartiers connurent un oubli relatif. Au XXe siècle, marqué par un regain d'intérêt pour le passé, le secteur devint l'Independence National Historical Park, et on en restaura les monuments.

Achevé en 1732, l'imposant Independence Hall en brique rouge, de style géorgien, hébergea le gouvernement. Les pères fondateurs y signèrent la Déclaration d'indépendance et, plus tard, y approuvèrent la Constitution de la nouvelle république. Le Sénat et la Chambre des représentants siégèrent de 1790 à 1800 dans Congress Hall, à deux pas, alors que Philadelphie était la capitale. Old City Hall, de l'autre côté d'Independence Hall, fut à ces dates le premier siège de la Cour suprême.

Liberty Bell, la fameuse cloche de la Liberté est désormais protégée par un pavillon de verre, sur Independence Mall. Fêlée lors de son transport depuis l'Angleterre, en 1751, elle fut réparée à temps pour sonner dans la tour d'Independence Hall, le 4 juillet 1776, puis se fendit encore au XIXe. Son nom évoque non la fin de l'ère coloniale, mais le mouvement abolitionniste, qui en fit son symbole.

De l'autre côté de Chestnut Street, à Franklin Court, la maison de Benjamin Franklin n'existe plus, mais le sculpteur Venturi en a fait une esquisse en acier. Un musée en sous-sol illustre la vie et les réalisations du héros. Une imprimerie appelée un jour à produire les premiers billets de banque de Pennsylvanie rappelle les débuts de Benjamin comme apprenti imprimeur. Franklin, qui fréquentait Christ Church (1695), repose au cimetière de l'église, à quelques blocs. Sa tombe, modeste, est visible par une brèche dans le mur, sur Arch Street. En face, l'US Mint, le plus grand hôtel des monnaies de la nation, est accessible au public. C'est à Betsy Ross House (même rue) qu'aurait été cousu le premier drapeau américain une réplique flotte sur la maison. Non loin de là, Elfreth's Alley, la rue la plus anciennement habitée du pays, conserve 30 maisons des périodes coloniale et fédérale.

Les docks de Penn's Landing ont été reconvertis en complexe de loisirs, avec restaurants et port de plaisance. A l'Independence Seaport Museum, vous verrez divers bateaux: un grand trois-mâts, un croiseur du XIXe siècle, un sous-marin de la Seconde Guerre mondiale.

Dans Center City, l'Hôtel de Ville pseudo-baroque (City Hall), est surmonté d'une statue géante de Penn, au pied de laquelle une terrasse, au 30e étage, ménage une belle vue. Le Convention Center (centre de congrès, ouvert en 1993) a imprimé un élan nouveau à tout le secteur, où hôtels et centres commerciaux ont remplacé des entrepôts à l'abandon.

Partant de John F. Kennedy Plaza, près de City Hall, une avenue ombragée (Benjamin Franklin Parkway) donne accès, au nord-ouest, à Fairmount Park. Annexé à Philadelphie en 1812, ce magnifique espace vert établi sur 3600 hectares le long de la Schuylkill River demeure le plus grand parc urbain paysager des USA. Chemins pittoresques, circuits pour cyclistes et allées se faufilent entre des demeures du XVIIIe siècle, des jardins et des terrains de sport.

Le Parkway aboutit devant le majestueux temple grec du Philadelphia Museum of Art, qui fut édifié tout exprès pour abriter l'une des plus vastes collections mondiales d'art européen, oriental et américain.

D'autres institutions ont valu au Parkway son surnom de Museum Row (allée des Musées). Le Rodin Museum possède la plus forte collection en dehors de Paris de moulages d' uvres de l'artiste, y compris Le Penseur et Les Bourgeois de Calais. Le Franklin Institute Science Museum, lui, vous attend avec ses dinosaures, son planétarium, ses spectacles laser, ses expos interactives et ses films sur écran circulaire géant.

La Barnes Foundation est une collection peu connue mais fabuleuse, dans le faubourg de Merion. L'étonnement va grandissant de salle en salle, à la vue des Renoir, Van Gogh, Matisse, Modigliani, Picasso, Monet et autres Rousseau. Et la fondation possède plus de Cézanne que tous les musées français réunis!

Washington
Parcs et pelouses encadrent les monuments et les édifices officiels, dont le blanc lumineux souligne l'inspiration gréco-romaine. L'ampleur des perspectives fait que le regard découvre une enfilade de points de repère imposants. La capitale et ses banlieues, au Maryland et en Virginie, comptent plus de 3 millions d'habitants. La ville elle-même en compte 600'000, dont 70% de Noirs élisant régulièrement un maire de couleur. La plupart des sites touristiques sont regroupés dans les quartiers à l'ouest et au nord-ouest du Capitole.

Le Capitol abrite les deux chambres élues: le Sénat dans l'aile nord et la Chambre des représentants au sud. Au milieu s'élève un dôme énorme, inspiré de celui de Saint-Pierre de Rome. Elevé entre 1851 et 1863, non en marbre mais en fonte peinte en blanc, il pèse 4000 tonnes. Après avoir vu l'intérieur, sortez sur la terrasse ouest, d'où le regard découvre le Mall jusqu'au Washington Monument et, au-delà, jusqu'au Lincoln Memorial. D'importants bouleversements ont lieu dans les abords du Capitole, avec notamment la construction d'un nouveau Visitor Center (ouverture en 2005). Les tickets pour les visites guidées s'obtiennent dans la partie droite du bâtiment quand vous venez depuis le Mall. Les contrôles de sécurité sont stricts et vous devrez présenter une pièce d'identité.

Au plafond de la coupole de la Rotunda (la Rotonde) se trouve la colossale fresque peinte par Constantino Brumidi en 1865, L'Apothéose de George Washington. Le premier président est glorifié par les allégories de la Liberté et de la Victoire, et entouré de jeunes filles symbolisant les treize Etats fondateurs. En dessous, une frise monochrome de 91 m illustre les temps forts de l'histoire de l'Amérique, de l'arrivée de Colomb au premier vol de l'avion des frères Wright en 1903. Entamée par Brumidi déjà âgé, elle fut continuée par l'un de ses élèves et achevée en 1953.

Au sud de la Rotonde, Statuary Hall rassemble des statues de citoyens célèbres, offertes par les 50 Etats. Cette salle semi-circulaire servit de Chambre des représentants (House of Representatives), jusqu'au jour où elle devint trop exiguë. Au nord s'ouvre l'élégante Old Senate Chamber. Les visites guidées passent aussi par le Sénat et la Chambre actuels, en dehors des sessions. Pendant celles-ci, l'accès des visiteurs étrangers à la galerie se fait sur présentation du passeport.

A l'est du Capitole, face au Sénat, la Cour suprême (Supreme Court) occupe un temple romain classique au marbre éblouissant de blancheur. Les neuf juges qui y siègent, gardiens de la Constitution et interprètes des lois, représentent l'instance supérieure au sein d'un système judiciaire complexe.

La Bibliothèque du Congrès (Library of Congress) se situe en face de la Chambre des représentants. Terminée en 1897, elle offre une débauche colorée de marbres, bas-reliefs, vitraux et mosaïques. L'ébauche de la Déclaration d'indépendance par Jefferson et le brouillon, de la main de Lincoln, de la Gettysburg Address y figurent, entre autres documents.

L'ingénieur français Pierre L'Enfant, choisi comme urbaniste par le président Washington, réserva au centre de la future capitale un vaste espace, The Mall, prévoyant d'en faire une avenue d'apparat. Deux siècles plus tard, le Mall dessine un ruban verdoyant entre Capitol Hill et le Washington Monument. La verdure se prolonge vers Constitution Gardens à l'ouest et le long du Potomac au sud. La plupart des lieux à visiter donnent sur cette artère maîtresse ou se situent à quelques rues au nord.

La National Gallery of Art, un palais classique d'aspect massif, sur le flanc nord du Mall, fut ouvert en 1941 pour abriter les plus belles uvres d'art qu'on puisse acquérir avec de l'argent. La plupart furent offertes par des philanthropes multimillionnaires, tel Andrew W. Mellon.

La galerie englobe une structure anguleuse réalisée par I. M. Pei, et accessible par un souterrain ou par sa propre entrée. Il s'agit de l'East Building, qui accueille des collections d'art du XXe siècle et des expositions spéciales.

De l'autre côté du Mall, à la hauteur de la National Gallery, un grand pavillon de verre abrite la plus vaste collection aéronautique du monde, le National Air and Space Museum: du Flyer des frères Wright (1903) à des avions des deux guerres mondiales, et au module de commande d'Apollo 11, qui ramena sur terre les premiers hommes à avoir marché sur la lune.

Deux autres grandes institutions se trouvent sur le côté nord du Mall: le National Museum of American History et le Museum of Natural History, devant lequel se dresse un dinosaure en bronze. Au nord de la même artère, les National Archives conservent la Déclaration d'indépendance, la Constitution et le Bill of Rights dans des vitrines teintées emplies d'hélium. Des documents que chacun pouvait manipuler au XIXe siècle!

Parmi cette profusion de richesses artistiques, bien des amateurs préfèrent la Phillips Collection (à l'écart du Mall, à l'angle de 21st Street et de Q Street, NW). Chaque tableau exposé dans le cadre de cette ancienne demeure privée constitue un joyau, mais Le Déjeuner des canotiers, de Renoir, reste le plus fascinant.

Le Washington Monument se dresse à l'extrémité du Mall et presque dans l'axe de la Maison-Blanche. L'obélisque en marbre blanc, de 169 m de haut, s'impose par sa noble simplicité. A l'intérieur, un ascenseur mène au sommet en 70 secondes (le premier ascenseur à vapeur mettait 12 mn!). En haut, des «meurtrières» dévoilent l'un des paysages urbains les plus grandioses du monde, avec le Mall, la ville, le Potomac et la Virginie au-delà.

Plus à l'ouest, dans les Constitution Gardens, un chemin ombragé vous mènera au Lincoln Memorial (achevé en 1922), qui se reflète dans un bassin. Elevé à la gloire du sauveur de l'Union, il fut implanté à dessein à l'écart des autres édifices en vue d'un maximum d'effet. Ses 36 colonnes doriques figurent les Etats qui formaient l'Union au moment de l'assassinat de Lincoln (1865). A l'intérieur, la statue du président représenté assis bénéficie d'un éclairage saisissant. En marbre blanc, elle est due à Daniel Chester French. Allez-y aussi de nuit, si possible, tant la vue sur le Washington Monument illuminé et le Capitole, au loin, est éblouissante.

Près du mémorial Lincoln, un mur en granit noir de 75 m de long surgit d'une tranchée triangulaire. Poli comme un miroir, le Vietnam Veterans Memorial porte les noms gravés de plus de 58 000 soldats morts ou disparus pendant la guerre américaine la plus controversée.

Résidence présidentielle depuis 1800, la Maison-Blanche nous est si familière, à travers les médias, qu'on a du mal à imaginer qu'elle ait pu avoir une autre allure. Or presque chaque président l'a transformée, et elle a été rebâtie maintes fois.

Des groupes de 10 personnes minimum peuvent visiter la Maison-Blanche pour autant qu'ils en aient reçu l'autorisation au moins 60 jours à l'avance (tél. 202 456 70 41). Les visiteurs traversent les principaux salons officiels à leur rythme. De l'East Wing Lobby, vous gagnerez l'accueillante Garden Room (salle-jardin), au mobilier style bambou typique de la Régence anglaise (début du XIXe). A l'étage, l'East Room (salle est) prête son cadre blanc et or à des concerts, et aux réceptions ou conférences de presse présidentielles. La confortable Green Room (salle verte) voisine était la salle à manger de Jefferson. La Blue Room (salle bleue) est ovale comme les pièces du dessus et du dessous, pour épouser la courbure du portique sud. (Le célèbre Oval Office, le Bureau ovale, est lui dans l'aile ouest, loin de l'itinéraire des visites guidées.)

Les murs de la Red Room (salle rouge) sont tendus de soie cramoisie. Parmi les portraits, citons celui du naturaliste d'origine française John James Audubon, le fameux peintre des Oiseaux d'Amérique. Après cette orgie de couleurs, la State Dining Room (salle à manger d'apparat) paraît sobre et presque petite, en dépit de ses 140 places assises. Les appartements présidentiels occupent l'extrémité ouest du bâtiment principal, en haut, mais sans invitation personnelle vous ne les verrez pas.

Vous ressortirez de la Maison-Blanche par le portique nord, où prend fin l'interdiction de photographier. Sur Lafayette Square, l'espace vert, au-delà des grilles, est par tradition le théâtre de «manifs». Le cavalier en bronze, au milieu, est Andrew Jackson, septième président des Etats-Unis, tandis qu'une statue de Lafayette s'élève dans un des coins.

Pennsylvania Avenue, cette voie rectiligne reliant le Capitole et la Maison-Blanche fut tracée par L'Enfant. Or la vue se trouva interceptée en 1836, lors de la construction du département du Trésor. L'argent, dirent certains, empêchait le président et le Congrès de se regarder dans les yeux. Tout un symbole! De la tour de l'Old Post Office, le panorama est superbe.

Ford's Theater, juste au nord du FBI Building sur Pennsylvania, vit l'assassinat d'Abraham Lincoln par un sympathisant des confédérés, John Wilkes Booth, le 14 avril 1865. Aussitôt fermé, l'endroit fut par la suite utilisé par l'administration; restauré, il a retrouvé l'aspect qu'il présentait ce soir-là. Au sous-sol, un musée retrace la vie du président.

Suivez les légions de joggers qui traversent le Potomac, en ahanant sur Arlington Memorial Bridge, et passez sur l'autre rive, en Virginie. Robert E. Lee résida à Arlington House, jusqu'au début de la guerre de Sécession (1861). Une fois la propriété de Lee confisquée, pendant la guerre de Sécession, on enterra aux alentours les victimes du conflit. A partir de là devait se développer l'actuel cimetière national, Arlington Cemetery, où les vétérans et leur famille eurent le droit de se faire enterrer jusqu'à ce que la place vienne à manquer.

La vue sur Washington est belle depuis le devant de la maison. L'Enfant repose là: sa tombe reproduit son plan visionnaire de la ville. Au sud du bâtiment, la sépulture en marbre du Soldat inconnu est gardée par un fantassin allant et venant au pas cadencé. Sur la pente au nord, vous verrez les tombeaux des Kennedy.

Il existait déjà, sur le Potomac, un petit port exportateur de tabac quand le site de Washington fut choisi. Bien qu'englobé dans la ville, Georgetown a gardé son cachet, qu'il doit à ses rues calmes et ombragées, bordées d'élégantes vieilles maisons, à ses boutiques et galeries à la mode, à ses universités huppées. Riche en restaurants, bars, discothèques et cabarets, c'est aussi, la nuit, le coin le plus animé de la capitale.

Miami
Aujourd'hui étendue sur plus de 50 km, la ville naquit dans les années 1830 sous la forme d'un simple fort de l'armée américaine. L'agglomération cultive des airs d'Amérique latine. Plus de la moitié de sa population de 3,5 millions d'âmes est de langue maternelle espagnole la plupart Cubains ou Portoricains. Une importante minorité haïtienne partage également les lieux avec des communautés grecque, russe, vietnamienne et italienne. La ville n'est pas exempte de tensions raciales et a connu dans un passé récent des périodes de troubles sociaux graves. Le trafic de drogue, dont Miami reste une plaque tournante, continue de poser quelques problèmes de sécurité.

Après avoir été longtemps négligé, le centre-ville de Miami a subi un profond remodelage. Banques et hôtels luxueux, bâtiments administratifs de verre lui confèrent un air futuriste. Au 101 West Flagler St., le centre culturel en arcades Metro-Dade abrite un auditorium, un centre des beaux-arts (avec galerie et espace ouvert consacré à la sculpture), le Musée d'Histoire de la Floride méridionale et une bibliothèque municipale.

Ceinturant le centre proprement dit, le Metromover surélevé permet de transiter d'un gratte-ciel à un autre à hauteur d'étages. Ce n'est pas qu'il mène bien loin, mais il permet d'aborder la city sous un angle inattendu. Les habitants des banlieues ouest utilisent quant à eux le Metrorail pour gagner le c ur de la cité.

La rue Flagler se fond dans le boulevard Biscayne à hauteur du front de mer et du parc de Bayfront où se tiennent régulièrement des concerts et des animations gratuits. Tout proche, le gigantesque centre commercial Bayside Marketplace une réussite architecturale très aérée a redynamisé cette partie du centre-ville. De là, des excursions en bateau vous emmènent à la découverte du port et de la baie.

La communauté cubaine d'origine a grossi rapidement et le petit quartier des premiers immigrés, Little Havana s'étend aujourd'hui sur plus de trente pâtés de maison de part et d'autre de la 8e rue Sud-Ouest on l'appelle ici Calle Ocho. Vous y trouverez des restaurants cubains, latino-américains, mexicains, ainsi que des snack-bars servant un café cubano bien corsé. La nuit, les discotecas palpitent au rythme des derniers tubes latino-américains.

Partis de leur île natale, la plus pauvre de tout le continent, à la recherche d'un mieux-vivre, 200'000 immigrants haïtiens s'entassent dans Little Haiti, entre la 1re et la 2e avenue Nord-Est, au-delà du pont Julia Tuttle menant à Miami Beach. Boutiques et bistrots s'ornent de couleurs toutes caraïbes et les marchés proposent sur leurs étals des produits exotiques venus directement d'Haïti.

Au début du siècle, la longue bande de terre fermant la baie de Biscayne par le nord n'était encore qu'une île infestée de moustiques et de serpents. Ce n'est qu'au prix d'efforts incalculables et du déversement de milliers de tonnes de sable clair qu'elle devint l'une des stations balnéaires les plus cotées de l'Amérique, Miami Beach. Hôtels et appartements champignonnèrent, formant bientôt un mur ininterrompu. Des ponts dont le plus long atteint 5 km relièrent la plage à Miami.

Le quartier Art déco, situé entre la 5e et la 21e rue, a retrouvé les heures de gloire de sa jeunesse. Des 800 immeubles du temps du jazz, rehaussés de céramiques ou de fresques d'inspiration aztèque, beaucoup ont été restaurés dans les teintes de sorbet en vogue dans les années 1930 1940. C'est entre la 5e et la 15e rue, le long d'Ocean Drive bordé de petits hôtels et de restaurants, que se trouvent les plus beaux bâtiments.

La plage, agrémentée entre la 21e et la 46e rue d'une jolie promenade en bois, s'étale largement au pied des palmiers. Pavillons et chaises longues tendent les bras à ceux qui désirent profiter du décor. Coincé entre l'étendue de sable et l'avenue Collins l'artère principale de Miami Beach l'Hôtel Hilton Fontainebleau symbolise à lui seul les beaux jours de la station. Redécoré, modernisé, il reste le fleuron des constructions Art déco.

Vers le nord de l'île, Bal Harbour est fréquenté pour ses boutiques de luxe. La route atteint ensuite Sunny Isles, un centre de pêche doublé d'une plage paisible. De retour sur le continent, vous pourrez visiter le «plus vieux bâtiment d'Amérique du Nord», le cloître de Saint-Bernard. Reste à préciser qu'il fut démonté et amené d'Espagne, puis reconstruit pièce par pièce sur ordre du magnat de la presse, William Randolph Hearst, dans les années 1950! L'arc-en-ciel du pont Rickenbacker descend en pente douce vers les résidences de haut standing de Key Biscayne. Passé les maisons de certaines des plus grosses fortunes des Etats-Unis, l'extrémité sud de l'île possède un petit parc où il fait bon pique-niquer à l'ombre des arbres. Du haut du vieux phare restauré de Cap Florida (1825), la vue permet de découvrir les vestiges de vieux quais abandonnés et, au-delà, toute la baie et la ville.

Accroché sur les bords de la baie, Coconut Grove («The Grove») est un faubourg décontracté, rendez-vous de nombreux artistes. On vient s'y promener à pied ou en patins à roulettes, entre magasins stylés, terrasses de cafés et de restaurants, dans une ambiance un peu bohème. En fin de journée, le coucher du soleil donne le coup d'envoi à la fête.

Près du port de plaisance, au milieu des boutiques d'artisanat, ne ratez pas le petit bâtiment blanc Art déco où siège actuellement la mairie. Dans les années 1930, la Pan American Airways y avait son terminal: c'est d'ici que partaient les vols des hydravions à destination de Cuba ou de l'Amérique du Sud. On peut encore voir le logo de la compagnie sur la façade.

La vieille maison en bois de Barnacle vit le jour à la fin du XIXe siècle, alors que Miami n'existait pas encore. Elle fut construite par l'architecte naval Ralph Munroe à partir de bois d'épaves échouées sur cette côte alors connue pour sa traîtrise. Munroe fut un des premiers à fixer sur la pellicule la Floride du Sud et sa collection de photographies est un véritable joyau.

En 1912, bien avant le boom sur l'immobilier, un industriel, James Deering, fit construire la fabuleuse Villa Vizcaya sur le rivage de la baie de Biscayne pour y abriter sa collection de peinture privée. Un millier d'ouvriers travaillèrent à son exécution dans le style des palais de la Renaissance italienne. La demeure, juste au sud du pont Rickenbacker, peut être visitée. Vous constaterez l'éclectisme des goûts de Deering: on reconnaît pêle-mêle l'influence de l'architecture des palazzi italiens, des monastères espagnols ou des châteaux irlandais.

Construite à partir des années 1920, la communauté de Coral Gables est l'exemple type de ces élégantes banlieues résidentielles américaines développées autour de jardins tropicaux dans un style d'inspiration espagnole. Son initiateur, George Merrick, fit faillite comme tant d'autres au moment du krach immobilier, mais parcs, fontaines et sculptures conservent à l'agglomération l'ambiance chic qu'il voulut lui donner. Prospère, Coral Gables reste une destination privilégiée pour les amateurs de shopping et de bonne chère.

Situé sur le campus de l'Université de Miami, le Musée d'Art Lowe présente des collections regroupant de tout, de la culture amérindienne à l'art moderne, en passant par la peinture espagnole du XVIIe siècle.

Orlando
Même si ce n'est pas pour la ville que vous venez, vous vous apercevrez vite qu'elle offre sa propre panoplie d'attractions. A commencer par Church Street Station, un important complexe de style néo-victorien partiellement restauré autour d'une vieille gare et partiellement créé de toutes pièces. Boutiques, bars, restaurants, spectacles s'y bousculent dans une ambiance de fête, de jazz sudiste, de rock'n'roll et de musique country jusqu'aux premières heures de l'aube.

Au nord de la cité, dans le Parc de Lock Haven, le Musée d'Art se distingue par sa superbe collection d'art méso-américain compris entre 1200 av. J.-C. et 1500. Vous y verrez certains des plus beaux exemples connus de poterie péruvienne, de textiles précolombiens et d'or ouvragé. Dans un rayon proche, on trouve encore le Musée d'Histoire du comté d'Orange et le Musée des Sciences d'Orlando.

Walt Disney World® Resort

Quatre parcs d'attractions, des parcs marins, des parcours de golf, des dizaines d'hôtels et d'innombrables boutiques et restaurants A l'origine, il n'y avait que le Magic Kingdom (le Royaume enchanté), inauguré en 1971. Puis vinrent s'ajouter en 1982 le centre EPCOT conçu pour éduquer tout en divertissant. Ensuite, on transplanta un morceau de Hollywood au c ur de la Floride, avec les Studios Disney MGM, avant de couronner le tout en 1998, par le Royaume des Animaux (Animal Kingdom), faisant coexister habilement créatures réelles et imaginaires autour d'un Arbre de Vie géant.

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