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MARTINIQUE
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Nos voyages en Martinique |
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![]() Le c ur de Fort-de-France bat autour de La Savane, un vaste parc encadré de palmiers royaux. Il est délimité au nord par le vieux quartier du Carénage et au sud par le fort Saint-Louis, veillant sur la ville depuis les premières années de la colonie. Occupé par les militaires, le bâtiment est fermé à la visite. Près du quai, d'où partent les ferries de la Pointe-du-Bout, se dresse un bronze de Belain d'Esnambuc, l'instigateur de la première tentative de colonisation de l'île et, à l'autre extrémité de La Savane, un marbre de l'impératrice Joséphine décapité depuis qu'on lui a reproché d'avoir intercédé auprès de son Empereur de mari pour réinstituer l'esclavage. Il est de tradition, locaux et touristes mêlés, débarqués des immenses paquebots ancrés à proximité, de se donner rendez-vous sur l'esplanade en fin de journée pour assister au spectacle du soleil rougeoyant glissant derrière l'horizon. La rue de la Liberté longe La Savane du côté du centre-ville. Au n° 9, le Musée départemental d'Archéologie offre un tour d'horizon des cultures précolombiennes ayant occupé l'île. La période couverte s'étale de la préhistoire martiniquaise (3000 à 2500 avant J.-C.) aux Indiens caribes (Xe XVe siècle). Parmi les objets les plus intéressants, vous verrez en particulier les poteries et les adornos arawaks des figurines décoratives ornant les anses des vases. En remontant la rue de la Liberté, il est difficile de ne pas remarquer la Bibliothèque Schoelcher, un bâtiment de style indéfinissable, très éclectique, parfois décrit comme byzantin cela semble au moins convenir à la coupole. Construit à Paris en 1887 par l'architecte Henri Picq, il fut présenté en même temps que la Tour Eiffel à l'Exposition Universelle de 1889. Démonté, on le transporta par bateau avant de le remonter pierre à pierre à Fort-de-France. En se rapprochant du front de mer se trouvent les rues les plus commerçantes, trépidantes le matin, assoupies aux heures chaudes de l'après-midi: rue Schoelcher, rue Victor Hugo, rue de la République, les magasins envahissent facilement les trottoirs. Au milieu de l'agitation se dresse la cathédrale Saint-Louis, reconstruite six fois, la dernière en 1978 selon les plans du même Henri Picq. L'intérieur, lumineux, est agréablement décoré. Les vitraux narrent l'histoire de l'île et de l'édifice. Un peu plus haut, en direction du canal délimitant le centre ville à l'ouest (on parle souvent de la Rivière Madame), vous parvenez au marché Isambert, le plus grand de Fort-de-France, où se presse chaque matin une foule bigarrée. Sur les étals, tous les fruits et les légumes de la Martinique se côtoient: bananes et ananas frais bien sûr, mais aussi papayes, corossols, caramboles, sapotilles et, moins faciles encore à reconnaître, christophines parentes de la courgette, gros giraumons au goût de courge et autres pois d'angole. Parmi les produits frais et les épices, il est rare de ne pas trouver, ici ou là, de ce «bois bandé» dont la réputation n'est plus à faire, ou même quelque philtre d'amour A la sortie ouest de la ville, le long du canal, se tiennent deux autres marchés, l'un aux poissons, l'autre aux légumes, face au parc floral. Le nord Il existe plusieurs options pour visiter le nord de la Martinique. Fréquemment empruntée, la route de la Trace, plein nord depuis Fort-de-France, suit une voie ouverte par les jésuites à travers la forêt au XVIIIe siècle, l'ancien «chemin du Roi». Peu après avoir quitté la capitale martiniquaise, l'étonnante église de Balata est une réplique en taille réduite de la basilique du Sacré-C ur de Paris. Peu après, la route pénètre dans l'enceinte du parc naturel régional. Les paisibles Jardins de Balata, organisés autour de la réplique d'une petite maison créole, sont indéniablement les plus beaux de l'île. Avec en toile de fond les deux pitons du Carbet, il n'est pas rare d'y observer des colibris aux couleurs chatoyantes butinant les centaines d'espèces de plantes et de fleurs exposées. Quelques kilomètres plus loin, alors que le relief est de plus en plus accidenté, la Rivière Blanche s'insinue à grand fracas dans les gorges de l'Alma aux parois recouvertes de végétation. En poursuivant vers le nord, il est possible de rejoindre Le Morne Rouge, au pied de la Montagne Pelée. Quittant Fort-de-France, la route littorale passe quant à elle la banlieue de Schoelcher, l'ancien village de pêcheurs de Case-Navire, ainsi rebaptisé à la fin du XIXe siècle en l'honneur du député abolitionniste. Le long de la plage bordée de cocotiers se balancent toujours quelques gommiers, de grosses barques sculptées dans le bois de l'arbre du même nom. Surplombant la mer, la nationale parvient à Case-Pilote, l'un des plus anciens bourgs de la Martinique. Il porte le nom du chef caraïbe qui, en 1536, accueillit pacifiquement les premiers colons. Quelques minutes suffisent pour faire le tour du charmant centre, dont les maisons de bois s'organisent autour d'une vieille église baroque à clocher pointu construite en 1776. Après Bellefontaine, 2 km avant Le Carbet, l'Anse Turin est célèbre pour le séjour de quelques mois qu'y a effectué le peintre français Paul Gauguin en 1887. Le petit musée dédié à sa gloire ne possède malheureusement aucun tableau original, mais on peut y voir des reproductions des peintures exécutées sur place, ainsi qu'un assortiment de lettres et de divers documents. C'est, dit-on, au Carbet que Christophe Colomb débarqua en 1502. Un siècle et demi plus tard, Belain d'Esnambuc y posait le pied à son tour. Il y avait alors ici un important village caribe. Le carbet désigne d'ailleurs une vaste maison commune où se réunissaient les Amérindiens. Si la distillerie Bally a fermé ses portes, il reste possible de se rendre à la boutique vendant des rhums vieux de grande qualité. Enfin, la route débouche sur la rade de Saint-Pierre , la ville martyre. L'ancienne capitale martiniquaise, «le petit Paris des Antilles» comme on la surnommait alors, tant était grand son goût pour la mode et la culture, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Les luxueuses maisons des planteurs, le théâtre construit sur le modèle de celui de Bordeaux, où se produisaient toute l'année des troupes venues de métropole, tout a disparu, englouti par l'éruption de la Montagne Pelée. Le 24 avril 1902, la montagne se mit à cracher une colonne de cendres de plusieurs centaines de mètres de haut. Les jours suivants, elles retombèrent sur la région, atteignant Saint-Pierre le 2 mai. Une première éruption en 1851 n'ayant provoqué aucun dégât, on ne s'alarma pas. Même lorsque une coulée de boue et de roches dévalant la Rivière Blanche emporta 25 victimes. Un raz-de-marée, pourtant, balaya encore la baie. Quelques habitants commencèrent à s'inquiéter. Mais au matin du 8 mai, les autorités, refusant d'évacuer on était en pleine période électorale firent placarder sur les murs de Fort-de-France un avis rassurant. Trop tard. A 7 h 50, une nuée ardente, un nuage de gaz à très haute température, venait de dévaler les pentes de la Montagne Pelée, anéantissant en deux minutes toute vie à Saint-Pierre. Des 30'000 habitants, seul un survécut, un certain Cyparis, ivrogne notoire, unique locataire d'une prison aux murs épais. Son minuscule cachot est aujourd'hui l'un des hauts lieux du tourisme pierrotain. On pourra aussi voir les ruines du théâtre et, très instructif, le Musée vulcanologique où sont exposées gravures et photos d'avant la catastrophe, ainsi que toutes sortes d'objets retirés des décombres: bouteilles fondues, aliments carbonisés, métaux agglomérés sous l'effet de la chaleur. Au nord de Saint-Pierre, la côte septentrionale est l'une des régions les plus sauvages de la Martinique. C'est du haut de l'une des falaises ceinturant le littoral, au lieu-dit du Tombeau des Caribes que, selon la légende, les derniers guerriers amérindiens de l'île se seraient jetés dans le vide pour échapper aux colons français. Les hameaux de pêcheurs aux maisons de bois de Sainte-Philomène, puis du Prêcheur s'accrochent au littoral, alignant des brochettes de gommiers colorés. C'est ici que grandit Françoise d'Aubigné, petite-fille de l'écrivain Agrippa d'Aubigné et future Madame de Maintenon, la seconde épouse de Louis XIV. Peu avant la fin de la route, l'Anse Céron étale au fond d'une crique une superbe plage de sable noir bordée d'un gros bouquet de cocotiers. En vis-à-vis, l'îlet La Perle est très apprécié des plongeurs. L'habitation, une ancienne plantation de canne, mérite le coup d' il, ne serait-ce que parce qu'elle abrite les derniers exemplaires connus de cases à esclaves. Un kilomètre plus loin débute le sentier de 18 km qui mène à travers la forêt tropicale jusqu'à Grand'Rivière, à la pointe nord de l'île. Tout au début, vous passez la magnifique Anse Couleuvre puis, au pied de la falaise, l'Anse à Voile. De Saint-Pierre, la nationale 2 pénètre l'intérieur des terres en direction du Morne Rouge, un village posé sur les pentes méridionales de la Montagne Pelée. Il est possible d'emprunter un chemin carrossable pour s'approcher du volcan, assoupi depuis les années 1930. Un sentier sans difficulté majeure conduit en trois heures de marche environ au sommet. Pour éviter les fréquents bancs de brume, rendant l'orientation difficile, mieux vaut partir tôt le matin. Par temps clair, la vue depuis la caldeira est imprenable. En poursuivant vers l'est, on traverse Ajoupa-Bouillon, agréablement fleuri, dans une région où prospèrent les champs d'ananas et les bananeraies. On pourra visiter, à la sortie du bourg, dans un joli cadre de végétation tropicale, le jardin botanique des Ombrages, aménagé sur le site d'une ancienne distillerie en ruines. L'endroit abrite également une serre où s'ébattent des papillons. Sur la côte orientale de l'île, Basse-Pointe, lieu de naissance du poète Aimé Césaire, est la porte d'accès à la célèbre plantation de Leyritz, transformée en un luxueux complexe hôtelier. Créé en 1700, le domaine a tour à tour cultivé le manioc, le tabac, la canne et les bananes. On peut y voir la maison de maître superbement meublée, ainsi qu'un étonnant musée de poupées végétales. Plus au nord, la route se fait sauvage, rétrécit, cheminant jusqu'à Macouba, puis Grand' Rivière, un village de pêcheurs battu par les vagues et le vent. Impossible d'aller plus loin. A mille lieues des clichés de cocotiers et de plages, le hameau, «bout du monde» cerné par les falaises, face à l'île de la Dominique, semble tout droit sorti d'une carte postale envoyée d'Algarve. Chaque jour, lorsque les hommes rentrent de mer, un petit marché aux poissons impromptu s'organise le long du quai. De Basse-Pointe à La Trinité, l'étroite plaine littorale se couvre de plantations de canne à sucre. A Fond Saint-Jacques, à 2 km au nord de Sainte-Marie, se trouve l'une des plus intéressantes exploitations sucrières de l'île. Ce sont les dominicains qui la gérèrent, de sa création en 1664 à sa fermeture sous la Révolution. Le Père Labat, un moine convaincu d'avoir été guéri de la fièvre de Malte par l'absorption de rhum, y perfectionna la distillation de l'alcool, inventant un type d'alambic qui porte toujours son nom. Juste avant de parvenir à Sainte-Marie, le Musée du Rhum, où sont exposés toutes sortes d'instruments nécessaires à sa confection, est installé dans l'enceinte de la distillerie Saint-James. Une salle de dégustation, dans une jolie maison créole, permet d'y découvrir rhums jeunes et vieux. De La Trinité, la presqu'île de la Caravelle, face aux assauts des déferlantes atlantiques, s'allonge sur une dizaine de kilomètres. Près de sa base, les belles plages protégées de Tartane et de l'Anse l'Etang ont tout pour plaire aux baigneurs, palmiers inclus. A la pointe, dominant la mangrove, les ruines du château Dubuc, construit vers 1740, rappellent que la péninsule demeura longtemps aux mains de la famille Dubuc de Rivery. La légende locale prête à l'une de ses filles, Aimée, une destinée exceptionnelle. Capturée en mer par des pirates, vendue comme esclave aux Turcs, elle serait devenue l'une des concubines du sultan Abd-ul-Hamid, donnant naissance au grand Mahmoud II, au pouvoir à Constantinople au début du XIXe siècle. Plus au sud, là où la Martinique est la moins large, le Havre du Robert égrène un chapelet d'innombrables îlets, destination idéale pour une promenade en bateau. Du François, on peut se rendre aux Fonds Blancs, des hauts-fonds sablonneux posés sur le récif dans une eau merveilleusement translucide. Le sud Face à Fort-de-France, de l'autre côté de la baie, l'ancien Cul-de-Sac-à-Vaches, devenu Trois-Ilets, est une petite ville pimpante, célèbre pour avoir vu naître en 1763 Marie-Josèphe Tascher de la Pagerie. Mariée à 16 ans au vicomte de Beauharnais qui l'emmène en France, veuve sous la Terreur par les bienfaits de la guillotine, elle se remarie en 1796 à un jeune général inconnu, de six ans son cadet, Napoléon Bonaparte. Fortement épris d'elle, il la rendra célèbre sous le nom de Joséphine, réalisant ainsi la prédiction faite à l'âge de 14 ans par une vieille sorcière, qui avait annoncé à la jeune fille qu'elle deviendrait «plus que reine». La plantation familiale, devenue musée, est ouverte au public. Dans un cadre fleuri empreint de nostalgie, on pourra voir, entre autres, les ruines d'une sucrerie, d'un moulin et de la maison natale de Joséphine, dont ne subsistent que les soubassements. Un petit musée présente quelques objets ayant appartenu à l'impératrice, dont son lit d'enfant, une lettre enflammée envoyée par le futur Empereur et un acte de mariage falsifié de manière à ce que l'épousée n'apparaisse pas plus âgée que son nouveau mari. Dans les environs, on pourra également visiter le Village des Potiers, et surtout la Maison de la Canne, un excellent musée consacré à l'histoire de l'exploitation sucrière. Juste à l'ouest, la Pointe-du-Bout, une péninsule à deux éperons, abritant en son c ur une immense marina, forme avec la belle plage de l'Anse Mitan et celle de l'Anse à l'Ane, la principale zone touristique de l'île. Un service de navette maritime relie directement la Pointe-du-Bout à Fort-de-France. Plus à l'ouest, une route minuscule dégringole vers l'Anse Dufour et l'Anse Noire, deux criques très intimes. Hasard de la géologie, le sable de la première est clair et celui de la seconde foncé. Dépassant une avancée rocheuse, la route retrouve la mer à Grande Anse. Veillées par l'ombre des mornes avoisinants, des dizaines de barques aux couleurs joyeuses s'alignent sur la plage ourlée de cocotiers. L'atmosphère intemporelle du lieu lui confère un charme indéfinissable. Passé la pointe, on découvre la longue et belle plage du Diamant, délimitée par un rideau de végétation tropicale. A quelques encablures se profile la silhouette caractéristique du Rocher du Diamant, dont le rôle dans les guerres franco-anglaises ne fut ni négligeable ni dénué d'originalité. Une nuit de 1804, les Britanniques y débarquèrent 120 hommes avec pour mission de fortifier l'îlot. Une fois l'endroit transformé en place forte, ils purent pilonner à leur aise, de longs mois durant, les positions françaises et les navires tentant de franchir la passe des Fours. La Navy, humour anglais sans doute, promut même le caillou au titre de navire de Sa Majesté: HMS Diamond Rock. Difficile de vérifier l'information, mais il paraît que les marins britanniques croisant dans les parages continuent, en mémoire du passé, à le saluer. Quoi qu'il en soit, la victoire finale fut française. Là encore, l'exactitude de l'anecdote n'est pas certaine, mais on prétend que c'est en faisant échouer sur le rocher une barque remplie de tonneaux de rhum que l'on parvint à déloger les Anglais de leur perchoir La région de Sainte-Luce, sur la côte sud, est au c ur d'une zone agricole où prédomine la culture de la canne à sucre. Peu avant d'y parvenir, on peut visiter la distillerie Trois-Rivières, l'une des plus connues du département, où l'on assiste aux différents procédés, du broyage de la canne à la sortie de l'alambic d'un alcool pur à 90%. Tout près, à Rivière-Pilote, dans l'intérieur des terres, c'est la rhumerie La Mauny qui s'est installée. On peut encore, à proximité, parcourir le sentier de découverte de la forêt de Montravail. Edifiée au fond du Cul-de-Sac du Marin, la ville du même nom, dont l'église en pierre est l'une des plus vieilles de l'île (1766), marque le début des infrastructures touristiques s'organisant autour des plus belles plages de la Martinique. Ce sont d'abord, sur le versant oriental de la baie, des anses sauvages logées au creux des caps Macré, Ferré et Chevalier. Puis vient Sainte-Anne, une station balnéaire en plein essor posée le long de l'Anse Caritan. A dix minutes vers l'est, à la pointe méridionale de la Martinique, renommée parmi toutes, la plage doucement incurvée des Salines, ombragée par les cocotiers, s'enfonce lentement dans une eau tiède et translucide. Derrière la pointe d'Enfer, où s'écrasent les rouleaux de l'Atlantique, l'Anse Trabaud plaira davantage aux amateurs de solitude. |
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