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LITUANIE - LETTONIE - ESTONIE

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LITUANIE
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Images Lituanie
Vilnius a conservé bon nombre de ses monuments historiques: sa vieille ville, l'une des plus étendues d'Europe orientale, a été classée par l'Unesco en 1994. Non loin de la capitale lituanienne, au c ur d'un idyllique paysage lacustre, se dresse Trakai et et sa forteresse sur un îlot. Très pittoresque, le nord-est du pays est émaillé de lacs et de forêts bien entretenues. Plus au sud, voici la région que les Lituaniens ont baptisée le «pays des chants». Au confluent des rivières Neris et Nemunas, l'on découvre la cité universitaire de Kaunas, avant de gagner l'ouest, Klaipe×da et le cordon littoral de Courlande.

VILNIUS ET ENVIRONS
La légende affirme que c'est à la suite d'un rêve, lors d'une chasse dans la vallée aux collines ondulées, que le grand-duc Gédyminas, guidé par un loup de métal, décida d'installer ici sa capitale. Le calendrier affichait alors 1323 et le grand-duché de Lituanie gravitait encore autour de Trakai, à 28 km vers l'ouest. Seule capitale balte sise dans les terres à 300 km de la mer, Vilnius est née sur une butte dominant le confluent de la large Neris et de la petite Vilnia. Occupé semble-t-il dès la fin du premier millénaire, le site se fortifia rapidement après le choix de Gédyminas: château haut et château bas, au sud desquels grandit la cité médiévale.

Dès le XIVe siècle, marchands, artisans et religieux de toute l'Europe accoururent à l'appel du grand-duc. L'une des plus grandes villes à l'est du Vieux Continent au XVe siècle, Vilnius attira bien des convoitises et des envahisseurs: chevaliers Teutoniques, Tatares, Russes, Suédois, Polonais Derniers avatars d'une longue série de malheurs, Allemands et Soviétiques se la disputèrent durant la dernière guerre. Des 40% de juifs composant avant 1939 sa population, beaucoup furent exterminés. Forte aujourd'hui de 580000 âmes, Vilnius, qui joue un rôle pivot entre l'Est et l'Ouest, demeure néanmoins une cité multiculturelle: les Lituaniens y sont à peine plus de la moitié (53,5%), suivis des Polonais (19,1%), des Russes (18,9%), des Biélorusses (4,8%), etc.

Cathédrale et château haut

Au nord de la vieille ville, là où s'étendait autrefois le château bas, rasé au début du XIXe siècle, la cathédrale (Arkikatedra Bazilika) semble voguer au centre d'une immense esplanade. Une première église s'éleva en ces lieux en 1251 après la conversion de Mindaugas, unificateur de la Lituanie. Détruite après le retour au paganisme (1263), elle céda la place à un temple païen dédié au dieu de la foudre Perku¯nas. Puis, en 1387, avec la christianisation officielle du royaume, une cathédrale fut enfin bâtie, qui devait voir le couronnement des grands-ducs lituaniens. Plusieurs fois reconstruite, elle l'a été une dernière fois en 1801 dans un style néo-classique monumental, avec un porche à colonnes et un fronton sur lequel s'appuient trois statues géantes de gauche à droite: sainte Hélène, saint Stanislas portant la croix et saint Casimir, patron de la Lituanie. Dans la superbe chapelle baroque dédiée à ce dernier (1623 1636), à droite du ch ur, sa vie est contée par des fresques et sa dépouille conservée dans une châsse en argent placée sur un autel. Juste en dessous, remarquez le portrait de saint Casimir laissant apparaître trois mains! La chapelle est en outre décorée de très belles statues en argent des rois de Pologne et de Lituanie.

Beffroi

Sur le parvis de la cathédrale, le beffroi faisait à l'origine partie des tours de défense des remparts du château bas, entourés de douves. Sa base remonte au XIIIe siècle et sa partie haute au XVIe. Par mesure d'économie, l'horloge n'indique que les heures!

Château bas

Sur le flanc droit de la cathédrale, une statue du grand-duc Gédyminas (1275 1341) en armure, précédant son cheval, a été érigée en 1996. Des visites guidées permettent de parcourir le site archéologique du château bas (Zemutines Pilies Muziejus) voisin. Ici se dressait autrefois la résidence des grands-ducs, détruite par les Russes au début du XIXe siècle.

Château de Gédyminas

De la place, un chemin empierré grimpe doucement vers le sommet de la butte du château haut. Le bastion, édifié au XIVe siècle, résista trois siècles durant aux attaques ennemies, jusqu'à sa quasi-destruction en 1655 1661 lors de la guerre contre les Moscovites. Seul demeure l'étage inférieur, ouvert sur le ciel et envahi par les herbes. Si les autorités envisagent de le restaurer, on ne peut visiter pour l'instant que la tour défensive ouest, symbole de la ville, sur laquelle flotte le drapeau national. Il fut réinstallé ici dès le 7 octobre 1988, bien avant que le pays ne retrouve son indépendance!

La tour abrite le joli Musée du Château haut (Aukstutines Pilies Muziejus), où sont exposés maquettes et armes médiévales.

Du toit, un panorama imprenable se révèle: la vue porte au nord sur la Neris et la banlieue, au sud sur la vieille ville et la cathédrale, à l'est sur la Vilnia, dissimulée par les arbres bordant son cours, et la colline des Trois Croix, érigées en mémoire de moines franciscains crucifiés en ce lieu.

Musée national

Au pied de la colline du château, côté nord, le Musée national (Lietuvos Nacionalinis Muziejus) se divise en deux corps de bâtiments. Le premier occupe l'une des deux ailes du Vieil Arsenal. Il abrite aujourd'hui le musée d'histoire lituanienne et d'ethnographie qui retrace l'histoire la plus ancienne du pays, du paléolithique jusqu'à la formation de l'Etat lituanien au XIIIe siècle. Vous y découvrirez d'intéressants objets trouvés lors de fouilles archéologiques, ainsi que des outils, des armes, des bijoux, des ornements et des costumes et même la reconstruction d'une tombe d'un prêtre du mésolithique.

Le second bâtiment du musée, installé dans le Nouvel Arsenal juste à l'ouest sur la rive de la Neris, vous plonge dans l'histoire de l'Etat lituanien du XIVe siècle à l'indépendance (1918 1940). Vous apprécierez également la collection ethnographique consacrée aux différentes régions de Lituanie.

Musée des Arts appliqués et décoratifs

Ce musée (Taikomosios Dailes Muziejus) se trouve dans la seconde aile du Vieil Arsenal. Le bâtiment accueille également des concerts et diverses autres manifestations culturelles.

La vieille ville

De la place de la cathédrale, la rue du château (Pilies gatve), entièrement piétonne, traverse la vieille ville de part en part. Fort animée aux beaux jours, avec ses terrasses de cafés et de restaurants, ses boutiques et ses badauds, elle dessert un réseau de rues étroites le long desquelles se regroupent les principaux monuments de la ville.

Maison de Mickiewicz

Côté gauche, au no 11 de la rue Bernardinu,, la maison où vécut en 1822 le poète lituano-polonais Adam Mickiewicz (Mickeviciaus Memorialinis Butas-muziejus) a été transformée en un petit musée. Quelques objets retracent la vie et l' uvre de l'écrivain, romantique enfiévré, qui contribua, sous l'occupation russe, à réveiller la conscience nationale polonaise.

Eglise Saint-Michel

A deux pas, l'église Saint-Michel (Sv. Mykolo Baznycia) fut consacrée en 1625 à l'initiative du grand hetman (chef militaire) de Lituanie Leonas Sapiega qui choisit d'y abriter son caveau de famille. L'un des plus beaux exemples d'architecture de la Renaissance à Vilnius, l'église fut saccagée par les Cosaques en 1655. Elle abrite depuis l'époque soviétique un Musée d'Architecture (Architekturos Muziejus).

Eglise Sainte-Anne

En contrebas de la petite place se dresse l'église Sainte-Anne (Sv. Onos Baznycia), chef-d' uvre de l'art gothique tardif (XVIe siècle). Sa façade, véritable dentelle de briques (33 sortes ont été utilisées) mêle lignes courbes, clochetons, tourelles ajourées et arches flamboyantes. Selon la légende, Napoléon rêvait de la ramener en France! L'église est accolée aux bâtiments décrépits d'un monastère fermé en 1863 par les autorités russes, dont dépendait l'église des bernardines (Bernardinu, Baznycia), de style gothique. Fondée elle aussi au début du XVIe siècle, elle abrite quelques fresques. A proximité s'élève un grand monument à Mickiewicz.

Musée de l'Ambre

Revenez vers Pilies gatve par l'étroite rue Sv. Mykolo. Le no 8 abrite un petit Musée de l'Ambre doublé d'une galerie de vente (Gintaro Muziejus Galerija). L'exposition, superbement mise en scène, a pour cadre les anciennes caves voûtées du XVe siècle, où travaillaient des potiers. Vous y verrez des morceaux bruts, de couleurs variées, de nombreuses inclusions d'insectes, des amulettes néolithiques et des bijoux contemporains.

Université

Au bout de la ruelle, prenez presque en face la rue Skapo, qui conduit au palais présidentiel (Prezidentura), un bâtiment néo-classique massif (1824 1832) édifié sur le site du palais médiéval des évêques. En vis-à-vis se trouve l'entrée principale de l'Université de Vilnius, qui occupe tout un pâté de maisons.

Fondée en 1579 par le roi Etienne Ier Bathory, administrée par les jésuites, elle est l'une des plus anciennes d'Europe de l'Est. Sa bibliothèque abrite cinq millions de livres et de manuscrits remontant pour les plus anciens au XIIIe siècle. Au c ur du combat pour la survie de l'identité polonaise (Mickiewicz y étudia), elle fut fermée par les Russes en 1832, pour ne rouvrir qu'en 1919. Son influence fut déterminante jusque dans le combat pour l'indépendance des années 1990. L'Université regroupe 13 facultés, reliées par un dédale de douze cours intérieures. Celle de Pocobuto vaut tout particulièrement le coup d' il pour la façade de l'Observatoire, ornée de signes du zodiaque. Elle est reliée à l'âme du lieu, la Grande Cour, vaste ensemble pavé entouré d'une superbe couronne de bâtiments à arcades de style maniériste.

Eglise Saint-Jean

Au fond de la Grande Cour se dresse l'église Saint-Jean (Sv. Jonu Baznycia), dont la construction débuta en 1387, à l'initiative du grand-duc Jagellon. Aux XVIe et XVIIe siècles, les remises de diplôme de l'Université y avaient lieu. L'essentiel du bâtiment actuel, de style baroque tardif, date de la reconstruction opérée à la suite d'une série d'incendies dans les années 1730 1740. Le ch ur baroque contraste avec le reste de l'édifice, assez sobre.

Eglise du Saint-Esprit

Un court détour par la rue Universiteto, puis par la Dominikonu gatve vous mènera (au no 8), à l'église du Saint-Esprit (Sv. Dvasios Baznycia). Fondé à la fin du XIVe siècle et plusieurs fois reconstruit, ce sanctuaire catholique est le point de rencontre de la communauté polonaise de Vilnius. Restée en activité même sous l'ère soviétique, l'église révèle un intérieur baroque du XVIIIe siècle, aux plafonds peints sur une note rose, aux stucs et aux ors généreux.

Juste au sud, Gaono gatve était autrefois au c ur du quartier juif de Vilnius un ghetto y fut constitué durant la dernière guerre.

Didzioji gatve

La rue Sv. Jono ramène vers Pilies gatve, peu avant une petite place où se tient un marché artisanal. Là, elle devient Didzioji gatve. Au no 2, l'église orthodoxe Paraskovila Piatnickaya (Piatnickajos Cerkve), sans être remarquable, n'en est pas moins la plus ancienne de la ville (1345). L'arrière-grand-père d'Alexandre Pouchkine, un esclave africain baptisé Hannibal offert au tsar par le sultan de Turquie, y fut baptisé! Au no 4, le palais Chodkevich abrite un Musée de Peinture et de Sculpture lituaniennes (Vilniaus Paveikslu Galerija) des XVIe IXe siècles.

Place de l'Hôtel de Ville

Dans le prolongement se profile la longue place de l'Hôtel de Ville (Rotuses aikste), étirée en triangle, où battait autrefois le c ur de la ville. Au no 1, une plaque rappelle que Stendhal, l'auteur du Rouge et le Noir, séjourna ici en décembre 1812, «lors du passage de l'armée napoléonienne»! Parmi les belles maisons restaurées, voyez le no 10, dont la façade s'orne de deux atlantes. Au no12, l'église orthodoxe russe Saint-Nicolas (Sv. Mikalojaus Cerkve) affiche un style gothique byzantin entremêlé d'éléments baroques postérieurs.

A l'autre bout de la place, l'ancien Hôtel de Ville néo-classique, reconstruit en 1799, abrite la Maison des Artistes.

Eglise Saint-Casimir

Au sud de la place se détache l'église Saint-Casimir (Sv. Kazimiero Baznycia), fondée en 1604 par les jésuites à la suite de la canonisation de Casimir IV (Jagellon). Plus ancienne église baroque de la ville, elle a connu un destin chaotique. Convertie au culte orthodoxe dans la première moitié du XIXe siècle, elle se vit ajouter des coupoles. A l'arrivée des Allemands, en 1915, elle devint temple protestant, puis, après avoir servi un temps de grenier à céréales, Musée de l'Athéisme du temps de l'URSS L'intérieur, sobre, possède un maître-autel de style baroque flamboyant.

Bastion d'Artillerie

Côté gauche, la longue rue Subaciaus mène jusqu'au bastion d'Artillerie (Artilerijos Basteja), greffé sur les derniers vestiges (reconstruits) de l'enceinte orientale de Vilnius au XVIIe siècle. Dans les sombres galeries en briques sont exposées armures et armes anciennes.

Eglise orthodoxe russe

Gagnez la rue des Portes de l'Aurore (Ausros Vartu, gatve), la plus jolie de la vieille ville, par le jardin de l'église orthodoxe russe du Saint-Esprit (Staciatikiu, Sv. Dvasios Cerkve), consacrée en 1638. L'intérieur révèle une immense iconostase vert menthe, une coupole et des plafonds rose et bleu pastel! Sont exposés trois saints du XIVe conservés intacts, vêtus de blanc pour Noël, de noir durant le Carême et de rouge le reste de l'année!

Portes de Basilian

Parvenu sur la rue des Portes de l'Aurore, jetez un coup d' il, face à la terrasse du très chic hôtel Europa (fin XIXe), aux monumentales portes de Basilian (Bazilijonu, Vartai), récemment restaurées, de style baroque tardif. Elles marquent l'entrée d'un monastère dominicain qui devrait bientôt être reconstruit.

Porte de l'Aurore

Dans la direction opposée se dresse l'église baroque Sainte-Thérèse, à l'intérieur richement orné. En 1671, ses carmélites firent élever au-dessus de la porte de l'Aurore (Ausros Vartai) voisine une chapelle destinée à abriter une icône miraculeuse de la Vierge (XVIIe). Habillée d'argent, celle-ci attire toujours un grand nombre de pèlerins, Polonais en particulier.

La porte est l'unique survivante des dix anciennes entrées percées dans les remparts de Vilnius. C'est de l'extérieur qu'on voit le mieux son attique Renaissance décoré des armes de la Lituanie médiévale et d'une tête d'Hermès, dieu grec des marchands. Il ne vous reste plus qu'à rebrousser chemin.

En dehors du centre

L'ouest de la vieille ville est ponctué de nombreux clochers d'églises, dont la plupart sont en manque crucial de rénovations notamment l'église Saint-Nicolas (1320), la plus ancienne de Lituanie.

Musée d'Art lituanien

Rue Vilniaus, le petit palais de Radvilos (XVIIe) abrite le Musée d'Art lituanien (Lietuvos Dailes Muziejus), regroupant surtout, malgré son nom, des uvres étrangères (mineures).

Musée des Victimes du Génocide

Plus au nord, la ville nouvelle a commencé à s'étendre au XIXe siècle autour de la grande avenue Gedimino Prospektas, le long de laquelle s'alignent les principaux bâtiments publics de l'Etat lituanien. Sur Lukiskiu, aiksþte× (l'ex-place Lénine), face à un petit parc, le grand palais néo-classique qui fut le quartier général de la Gestapo, puis du KGB, abrite dorénavant le Musée des Victimes du Génocide (Genocido Auku, Muziejus). Des visites guidées par d'anciens détenus permettent d'approcher les cellules du sous-sol, restées quasi inchangées. Plus avant se dressent côte à côte la monumentale Bibliothèque nationale soviétique et le Parlement moderne.

Tour de la Télévision

Plus loin à l'ouest de la ville, dans la banlieue de Karoliniskes hérissée de HLM pointent les 326 m de la tour de la télévision (Televizijos Bokstas), devenue symbole national depuis que les troupes russes donnèrent l'assaut le 13 janvier 1991 laissant derrière elles 14 morts civils. Un ascenseur permet d'accéder au restaurant panoramique.

Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul

A l'est de la colline de Gédyminas, vous découvrirez le plus bel exemple d'architecture baroque de Vilnius: l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (Sv. Apastalu, Petro ir Povilo Baznycia), dont la construction fut initiée en 1668 par le grand hetman de Lituanie Michael Casimir Pac.

Quand bien même la façade peut sembler un peu austère, franchissez le portail pour une surprise totale: du bas des murs jusqu'au haut des voûtes et des coupoles, l'intérieur, entièrement blanc, est orné de quelque 2000 représentations de personnages bibliques, mythologiques et historiques, de scènes de batailles, de stucs, de hauts-reliefs et de fresques. Des Italiens dirigèrent une équipe de 200 artistes pour décorer ce chef-d' uvre de ferveur.

Même aux heures les plus noires de l'ère soviétique, l'église resta toujours ouverte aux fidèles.

Trakai

A 28 km à l'ouest de Vilnius, Trakai, l'ancienne capitale de la Lituanie établie sur une longue péninsule séparant deux lacs, au c ur d'un parc national historique portant son nom, fut fortifiée dès le XIVe siècle.

Château de Trakai

Au nord, sur l'un des 21 îlots du lac Galve×, le château, atteint par une passerelle en bois, dessine une image d'éternité: ses murailles de briques rouges, ses quatre fortes tours restaurées se reflètent dans les eaux calmes, que sillonnent bateaux à voile, barques et pédalos. Défensif d'abord, le château devint résidence d'été des grands-ducs et lieu de réception après la victoire sur les chevaliers Teutoniques en 1410. Négligé dès la fin du XVe siècle, il fut plusieurs fois démantelé et réédifié. Les belles salles voûtées du château et un bâtiment de la seconde enceinte abritent le Musée d'Histoire de Trakai, où sont exposés le résultat des fouilles locales et des collections variées.

Château de Pusiasalio

En longeant le bord du lac vers le sud, on atteint le site du second château (Pusiasalio Pilis), construit à la même époque par le grand-duc Kestutis pour repousser les chevaliers Teutoniques. Il se dressait jadis sur le tertre boisé dominant la péninsule, entre lacs Galve× et Luka. Plusieurs fois incendié, ses seuls vestiges sont des murs et bastions de l'enceinte.

Musée ethnographique

Regagnez votre point de départ par la rue Karaimu,, bordée de maisons en bois colorées, qui s'étire parallèlement au lac. Au no 22, le petit Musée ethnographique Karaime se penche sur le sort de la minorité caraïte (de confession juive), originaire de Crimée, dont les hommes furent engagés en 1397 comme gardes personnels et du château par le grand-duc Vytautas (objets quotidiens, armes, photos, etc.).

A deux pas, au no 30 se dresse encore une kenessa du XVIIIe siècle, lieu de prière caraïte.

Europos Parkas

A 19 km au nord de Vilnius, sur la route de Mole×tai, un panneau indique la direction du très renommé musée de sculptures en plein air d'Europe centrale, fondé en pleine forêt, en 1991, par le sculpteur lituanien Gintaras Karosas. Sur 55 ha sont exposées 70 uvres d'art contemporain d'artistes lituaniens et internationaux.

Centre de l'Europe

Environ 4 km au nord de l'embranchement, une autre pancarte indique le Centre géographique de l'Europe, défini par l'Institut géographique national français en 1989 (25°19' de longitude, 54°54' de latitude). L'endroit, un peu difficile à trouver, est marqué par un gros rocher gravé d'une inscription. Pour y parvenir, grimpez jusqu'au calvaire et redescendez sur l'autre versant: il est situé au-delà d'un tout petit pont.

L'EST
Au nord-est de Vilnius s'étend un pays pittoresque légèrement ondulé, couvert de prairies et de pans de forêt, de villages aux maisons de bois, et de nombreux lacs, aux rives colonisées par les roseaux.

Le parc de Labanoro

Dans la région lacustre de Moletai, le parc se découvre depuis la tour d'un vieil observatoire astronomique soviétique perché sur une colline. Son architecture n'est pas très heureuse, mais le panorama est splendide; avec la lunette, votre guide parviendra peut-être même à repérer une cigogne sur son nid! Le centre, devenu Musée lituanien d'Ethnocosmologie (Lietuvos Etnokosmologijos Muziejus), retrace les liens entre astronomie et cosmogonie .

Le parc national d'Aukstaitija

Vers le nord-est, ce parc national, fondé en 1974, s'étend sur 300 km2 dans une splendide forêt de pins et de bouleaux. Héritage de l'ère glaciaire, la zone révèle un incroyable ensemble de 126 lacs, reliés pour la plupart par des rivières et des chenaux, composant un immense terrain de découverte pour les passionnés de canoë, de camping ou de pêche. Les deux principaux lacs sont au nord le Baluosas, cerné par la forêt, sur lequel flottent sept îles, et au sud le Lu¯sþia, plus petit et plus développé. Pour un joli point de vue, gagnez le sommet de la colline de Ledakalnis. Plusieurs des villages du parc, dont les maisons de bois se blottissent dans les clairières, ont été classés réserve ethnographique: ainsi de Sþuminai et Strazdai, de Ginuciai, où l'on peut voir un très joli moulin à eau restauré du XIXe siècle, de Stripeikiai, dont une maisonnette abrite un joli Musée de l'Apiculture, de Paluse aussi, où se dresse l'église en bois Saint-Joseph et son clocher séparé (1750).

A l'est du parc, dans un tout autre registre, Ignalina fait l'objet d'âpres débats: sa centrale nucléaire, d'un modèle identique à celle de Tchernobyl, devrait être fermée sous peu pour éviter tout risque d'accident.

LE SUD
Les Lituaniens l'ont baptisé Dainava, le «pays des chants». Le sud étend ses prairies, ses lacs et ses pinèdes de part et d'autre du fleuve Nemunas, qui s'écoule en larges et lentes boucles.

Druskininkai

Près de la frontière biélorusse, la principale ville d'eaux du pays depuis le XVIIIe siècle s'étire sur sa rive droite. Largement développée à l'époque soviétique, avec ses 7 sources minérales et ses 10 sanatorija, la petite ville conserve néanmoins un centre charmant, avec une église orthodoxe (1865) en bois, aux bulbes élancés, et de nombreuses maisons, en bois elles aussi. Deux d'entre elles abritent des musées dédiés à deux célèbres enfants du pays: au no 17 de la rue Sv. Jokubo, le petit Musée juif se consacre au sculpteur Jacques Lipchitz, né à Druskininkai en 1891, et au passé juif de la ville. Au no 35 de la rue Ciurliono se trouve la maison-musée du peintre et compositeur national M. K. Cþiurlionis (1875 1911), qui passa ici une grande partie de son enfance. Jusqu'à Vare×na, lieu de naissance de Ciurlionis, des sculptures en bois brut ou peint ont été érigées en 1975 à la mémoire de l'artiste, le long de la «route Ciurlionis».

Grutas

A 7 km de Druskininkai, un industriel lituanien enrichi dans la vente de champignons a créé sur le bord d'un lac le parc de sculptures soviétiques de Grutas (Gruto Parkas). Toutes les grandes statues de l'URSS mises au rebut en 1990 1991 se retrouvent ici: Staline, Marx, Lénine, héros soviétiques lituaniens et allégories de la Patrie se disséminent dans la forêt, le long d'un sentier formant deux boucles. Le centre d'information a été constitué en petit musée soviétique, avec bustes des dirigeants, littérature officielle, hymnes et drapeaux.

Le parc national de Dzukija

Au nord de Druskininkai, le plus grand parc national de Lituanie s'étend sur 559 km2. Couvert aux quatre cinquièmes de pins, il occupe une ancienne plaine fluvio-glaciaire que traverse la Nemunas, serpentant entre des collines boisées ou couvertes de prairies. Des excursions en bateau rejoignent le village de Lisþkiava, dominant le fleuve (beau point de vue depuis le site de l'ancien château). On y visite une grande église baroque (XVIIe) dotée de sept autels et accolée à un monastère du XVIIIe.

Merkine

En aval, Merkine× offre depuis la colline du château, lui aussi évanoui, un autre panorama imprenable, ici sur le confluent de la Nemunas et de la Merkys. On y trouve également un Musée ethnographique. Plusieurs bourgades dzukai (l'une des quatre ethnies lituaniennes) aux maisons de bois et toits de chaumes, bordant la rivière Ula, ont par ailleurs été classées réserve ethnographique, à l'instar de Zervynos.

KAUNAS
Deuxième ville du pays (423000 habitants), Kaunas a grandi au confluent des rivières Neris et Nemunas. Cité marchande prospère au Moyen Age, elle fut durant l'entre-deux-guerres capitale de la Lituanie à une époque où Vilnius était occupée par les troupes polonaises. Aujourd'hui moderne et industrielle, elle a néanmoins conservé un petit centre historique attachant.

Centre historique

C'est là, au plus près des cours d'eau, que l'histoire de Kaunas débuta réellement, autour du château édifié à partir du XIIIe siècle pour repousser les chevaliers Teutoniques. Malheureusement, seuls une tour et un pan de mur reconstruits témoignent encore de sa grandeur passée.

Hôtel de Ville

La rue A. Jaksto mène au c ur vibrant de la cité médiévale: la place de l'Hôtel de Ville (Rotuses aikste), encadrée de belles maisons en briques des XVe et XVIe siècles. Datant de 1542, l'Hôtel de Ville (Kauno Rotuse), surnommé le «Cygne blanc», mêle plusieurs styles architecturaux. Son fronton baroque est accolé à un puissant campanile, dépassant les tours jumelles de l'église des jésuites (XVIIe) voisine. Palais des Mariages sous l'URSS, il abrite dans ses caves voûtées un Musée de la Céramique.

Musée d'Histoire médicale

Parmi les autres musées encadrant l'esplanade, ne manquez pas d'aller visiter, au no 28, le passionnant Musée d'Histoire médicale et pharmaceutique qui occupe une vieille demeure du XVIe siècle. Dans ses caves sont exposés divers ustensiles médicaux et chirurgicaux, dont les plus anciens remontent au XVIe siècle. Le musée abrite également une magnifique apothicairerie du XIXe siècle.

Cathédrale

Juste à l'angle, la grande cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul (XVe), de style gothique remodelé en baroque, veille sur la place. L'intérieur, aux plafonds et murs peints, orné de colonnes, de statues et de neufs autels (un par pilier!) est d'une très grande richesse.

Maison de la Foudre

Au sud de la place, près de l'église gothique Vytautas (XVe), ne manquez pas, au no 6 de la rue Aleksoto, la belle maison de la Foudre (Perkuno Namas). Cette étonnante demeure gothique en briques rouges du XVIe possède un fronton très ornementé à flèches.

Vilniaus gatve

Du pied de la cathédrale s'étire l'axe principal de la vieille ville: Vilniaus gatve, une large rue pavée encadrée de vieilles demeures colorées, hautes de deux à trois étages.

Voyez en particulier au no 11 la belle maison patricienne en brique, classée monument historique, qui abrite une librairie. Lorsque Kaunas était la capitale de Lituanie, le président Antanas Smetona résidait plus avant, au no 33, juste après le passage souterrain sous la rue Gimnazijos.

La ville nouvelle

Dans le prolongement, l'avenue piétonne Laisves traverse de part en part la ville moderne, née au XIXe siècle. Longue de 1,7 km, l'artère, toujours animée, se termine au pied de la monumentale église néo-byzantine de l'Archange Saint-Michel orthodoxe à l'origine et aujourd'hui catholique.

Juste au nord, sur la très soviétique place de l'Unité (Vienybes aikste), le Monument de la Liberté (1918), toujours fleuri, rappelle la courte gloire de la Lituanie indépendante de l'entre-deux-guerres.

Musée militaire

Le Musée militaire de Vytautas le Grand abrite à la fois une vaste collection d'armes et un musée d'histoire de la Lituanie. Une entrée séparée, à l'arrière du bâtiment, mène au Musée d'Art M. K. Cþiurlionis, consacré à la peinture lituanienne du XVe au début du XXe siècle. Ne manquez pas les étonnantes sculptures en écorce et troncs d'arbre d'Elzþbieta Dauguiliene× (1886 1959), native de Kaunas.

Musée du Diable

Au-dessus de la place de l'Unité, au no 64 de la rue Putvinskio, un édifice sans caractère abrite le très original Musée du Diable. Son initiateur, l'artiste Antonas Zmuidzinavicius, grand collectionneur devant l'Eternel, rassembla au tournant du XXe siècle quelque 260 pièces à l'effigie du diable. Le musée en compte aujourd'hui 1800: statuettes, céramiques, pipes, masques, sculptures sur bois, de Lituanie, mais aussi du monde entier!

Pazaislis

A 9 km à l'est, près du lac artificiel de Kaunas, l'Ordre des camaldules fit élever à la fin du XVIIe siècle le superbe monastère de Pazaislis. L'ensemble baroque s'organise autour d'une puissante église (1674) dont la façade à l'italienne, coiffée de deux clochers, doit beaucoup à des architectes venus de Florence. La grande coupole se dresse au-dessus de colonnes en marbre rose aux chapiteaux corinthiens. Stucs, statues et fresques sont eux aussi dus en grande partie à des peintres et sculpteurs italiens. Pillé par les troupes de Napoléon en 1812, le monastère fut fermé après le soulèvement de 1831 et donné à l'Eglise orthodoxe. Il fut rendu à la congrégation en 1992 et est à nouveau habité par des religieuses. Pazaislis est très réputé pour ses concerts de musique classique, organisés au début de l'été.

Rumsiskies

A 23 km à l'est de la ville, à l'extrémité du lac de Kaunas, le musée en plein air de Rumsiskies (Liaudies Buities Muziejus), l'un des plus réussis des Pays Baltes, regroupe sur un immense territoire plus de 140 bâtiments et annexes (fin XVIIIe début XXe) transplantés des quatre coins de la Lituanie. Constituant des ensembles cohérents, entre pans de forêt, champs et prairies, le site donne l'impression de visiter de véritables villages d'autant que des artisans y sont à l' uvre six mois de l'année.

L'OUEST DE LA LITUANIE
Siauliai

L'une des principales villes du pays, Siauliai ne mérite guère que l'on s'y attarde, si ce n'est pour sa jolie église Saint-Pierre et Saint-Paul (1634), coiffée d'une haute flèche et révélant un intérieur baroque tout blanc. A proximité, on peut aussi voir une grande horloge solaire, surmontée d'un archer en bronze doré, édifiée en 1986 pour commémorer le 750e anniversaire de la bataille de Saule× qui vit la défaite des chevaliers Porte-Glaive devant les Samogites du duc Vykintas.

Colline des Croix

C'est pour la colline des Croix (Kryziu, Kalnas), située à environ 10 km au nord de Sþiauliai, le long de la route de Riga, que les visiteurs viennent dans la région. Depuis les premières, déposées après les révoltes contre l'occupant russe au XIXe siècle, plus de 50000 croix, symboles de l'attachement des Lituaniens à la foi catholique, ont été plantées sur cette butte: petites ou grandes, minuscules ou géantes, simples ou finement sculptées, en bois ou en métal, elles s'entassent en une masse confuse de bras et de Christ douloureux. Chaque fois que les autorités soviétiques ont tenté de les faire disparaître, elles sont revenues, ont repoussé dans la nuit, presque aussi vite qu'elles avaient été rasées. Depuis la visite de Jean-Paul II en 1993, les pèlerins viennent plus nombreux encore, surtout à Pâques.

Parc national Zemaitija

Dans l'angle nord-ouest du pays, près de la frontière lettone s'étendent les hautes terres de Zemaitija, collines douces et prairies protégées en partie, depuis 1991, par le parc national Zemaitija. Héritage de la dernière ère glaciaire, la région, recouverte à moitié de forêts de pins, est constellée de lacs 26 en tout, dont le grand Plateliai, découpé en un dédale infini de baies, de chenaux, de péninsules boisées et de caps. Le village de Plateliai, ancré au nord-ouest du plan d'eau, est à la fois le quartier général du parc et un lieu de villégiature très fréquenté lors du solstice d'été.

Salantai

Avant de gagner le littoral, n'hésitez pas à faire un détour par Salantai. A la sortie sud de la ville se trouve l'étonnant jardin Orvydas (Orvydu, Sodyba), créé sous l'ère soviétique par Vilius Orvydas (1952 1992) une sorte de facteur Cheval lituanien Les grottes, sculptures, statues, croix et pierres gravées du jardin font une large place aux thèmes religieux et mystiques, qui valurent à la famille de longues années de harcèlement.

Le littoral

La région côtière de la Lituanie, longue de 99 km seulement, entre la Lettonie et la poche russe de Kaliningrad, n'a fait que très tardivement partie du pays. Après avoir longtemps subi les raids vikings, elle tomba au XIIIe siècle aux mains des chevaliers germaniques pour devenir prussienne et allemande jusqu'à la Première Guerre mondiale. D'un point de vue naturel, le lieu est exceptionnel: enserrant une vaste lagune, où se jette la Nemunas, les dunes de l'immense cordon littoral de Courlande s'étirent face à la Baltique. Depuis la nuit des temps, on ramasse ici l'ambre rejeté par les vagues.

Palanga

Principale station balnéaire du pays, Palanga semble être née autour d'un très ancien comptoir de l'ambre. Lieu de villégiature depuis le XIXe siècle, elle profite d'un air revigorant et d'une plage longue de 10 km soulignée par des dunes plantées de pins. Autrefois élitiste, Palanga, très animée en été, est aujourd'hui familiale et plutôt jeune. On y pratique toutes sortes de sports nautiques, le volley-ball et le trampoline sur la plage, les bains de boues thérapeutiques; on profite aussi aux beaux jours de nombreuses animations. But de promenade favori: la longue jetée en bois s'étirant face au centre de la plage, très appréciée pour admirer le soleil couchant.

Au sud du centre-ville, un jardinier français, Edouard André, a dessiné dans les dernières années du XIXe siècle un vaste parc adossé au littoral. En son sein, la famille Tyszkiewicz, issue de la noblesse polonaise, fit aménager un palais, devenu Musée de l'Ambre (Gintaro Muziejus). On peut y voir quelque 4500 pièces, certaines avec de superbes inclusions d'insectes ou de plantes, mais aussi des morceaux bruts de plusieurs kilos, des amulettes néolithiques, des bijoux du Moyen Age à nos jours.

Klaipeda

Principal port et troisième ville du pays (206000 habitants), Klaipeda s'ancre à l'embouchure de la rivière Dane, face au détroit séparant la lagune du cordon littoral de Courlande. Des siècles durant, depuis la fondation en 1252 d'un château des chevaliers Livoniens, elle s'appela Memel. Développée grâce au commerce maritime, elle passa en 1525 sous domination de la Prusse dont elle marquait la limite nord. A l'aube de la Première Guerre mondiale, sa population était encore à moitié allemande. Après le conflit, elle fut placée sous mandat français, jusqu'à ce que la Lituanie l'annexe en 1923. Endommagée durant la dernière guerre, Klaipeda conserve néanmoins, rive gauche, quelques vieilles maisons aux toits de tuiles d'un style dit fachwerk (briques et colombages), typique de l'ancienne Memel germanique.

La place du Théâtre

Commencez votre balade à l'ouest de la vieille ville, près de la berge de la rivière Dane×, là où se dessinent les derniers vestiges du château des chevaliers Livoniens. A deux pas, la place pavée du Théâtre (Teatro aikste) est dominée par le théâtre classique (1857) d'où, le 23 mars 1939, Hitler proclama l'Anschluss de la région au Reich. A ses pieds, la fontaine élevée en mémoire du poète allemand Simon Dach, né à Memel (1605 1659) est surmontée d'une statue d'Aennchen von Tharau, l'une de ses héroïnes épiques.

Maisons à colombages

C'est au sud de la place que l'on peut voir les plus beaux entrepôts et maisons anciennes de style fachwerk par exemple le no 18 de la rue Sukileliu (XVIIIe), devenu restaurant. D'autres se regroupent sur la rue Aukstoji, avec en particulier le no 3, ancien marché aux poissons devenu salle d'exposition (Galerija Baroti).

Musées

A l'angle de la rue Didzioji Vandens, le Musée d'Histoire de la Lituanie mineure (Mazovios Lietuvos Istorijos Muziejus) occupe la résidence d'un marchand du XVIIIe siècle. Monnaies, mobilier, cartes et photos anciennes, résultats de fouilles locales retracent l'histoire de la ville depuis ses origines, entre Prusse et Lituanie. A l'extrémité sud de la vieille ville, sur la rue Saltkalvi,u, près du marché couvert, le Musée du Forgeron (Kaluystes Muziejus) expose outils et objets en fer forgé typiquement lituaniens dont des croix de cimetières.

Ville nouvelle

La ville nouvelle (XIXe XXe) occupe la rive droite. Au no 12 de la rue Liep,u, le Musée de l'Horlogerie et des Montres (Laikrodziu Muziejus) occupe une belle demeure néo-classique du XIXe siècle.

Le bâtiment voisin, en briques rouges, est celui de la poste, dont les magnifiques intérieurs peints accueillirent il y a bien longtemps les enfants du roi Frédéric-Guillaume III durant l'occupation de Berlin par les troupes napoléoniennes! Le carillon de la tour donne des concerts le samedi et le dimanche à midi.

Presque en face (au no 7), dans un joli bâtiment baroque se trouve un petit musée ethnographique.

Enfin, plus à l'est, vous pourrez vous promener dans l'ancien cimetière, devenu jardin de sculptures (Mazvydo Parkas).

Cordon littoral de Courlande

Du petit port proche du château, les bacs descendent la rivière Dane× et traversent le chenal en moins de 10 minutes pour gagner Smiltyne×, à l'extrémité nord du cordon littoral de Courlande.

Musée de la Nature

Du débarcadère, une longue promenade (autorisée aux seuls minibus et calèches) s'étale face au port de Klaipe×da. Le long de ses 1,5 km, on découvre le Musée de la Nature du cordon littoral de Courlande (Kursiu, Nerijos Gamtos Muziejus), abrité dans trois maisons en bois il se consacre à sa formation, aux activités humaines ainsi qu'à la faune. Plus avant voisinent de vieux navires en cale sèche et une exposition ethnographique, recréant le cadre de vie et l'intérieur d'un pêcheur du XIXe siècle.

Musée maritime

Au bout de la promenade se trouvent un delphinarium et un vieux fort prussien (XIXe), encore entouré de ses douves, qui abrite le Musée maritime (Juru, Muziejus) aquarium et collections. Du débarcadère de Smiltyne×, on peut se diriger directement par les sentiers traversant les pins vers la longue et large plage, adossée à de hautes dunes où fleurissent les églantines.

Parc national

Une excursion des plus classiques consiste à descendre le long du cordon littoral, devenu en 1991 parc national du cordon littoral de Courlande (Kursiu, Nerija), récemment classé par l'Unesco. Large de 400 m à 4 km, celui-ci s'étire sur 98 km (dont 50 km en Lituanie), jusqu'à Kaliningrad, en territoire russe. Depuis près de 10000 ans, le sable balayé par les courants et les vents de la Baltique a constitué de très hautes dunes, enserrant la lagune de Courlande. Parfois surnommé «Sahara lituanien», le cordon est couvert aux deux tiers par une belle pinède habitée par élans, daims et sangliers.

La région étant située sur une importante route migratrice, on y rencontre aussi de nombreux oiseaux: canards, cygnes, aigles, colonies mixtes de hérons gris et de cormorans, etc. Si la berge de la lagune est bordée de roseaux, celle de la Baltique, longée par la plage, invite à la baignade.

Villages

Habitée depuis la nuit des temps par des pêcheurs, la péninsule compte tout juste quatre villages du côté lituanien. Juodkrante (ex-Schwarzort), où l'on extrayait autrefois l'ambre, fut un lieu de villégiature très réputé au XIXe siècle.

Son pittoresque petit port de pêche est longé par une agréable promenade bordant la lagune, entre sculptures et maisons colorées en bois. Juste en surplomb, le superbe sentier de Raganu Kalnas, la colline des Sorcières, sillonne une jolie forêt d'épicéas et de pins. Sur ses flancs se dressent des dizaines de sculptures sur bois inspirées des mythes anciens: sorcières, diables, gnomes, dragons

La route passe ensuite au large des villages de Pervalka et Preila, installés en ces lieux depuis le XIXe siècle après que leurs premiers sites furent ensevelis par les dunes. Celle de Vecekrugas, au sud de Preila, est la plus grande du parc (67,2 m).

Nida

Juste avant la frontière russe, à l'orée d'un champ de dunes immenses, voici enfin Nida (ex-Nidden), côté lagune. Enfouie dans les arbres, la principale station «balnéaire» du cordon (2000 habitants) entretient malgré sa grande popularité son allure de vieux village de pêcheurs; beaucoup de ses maisons de bois s'ornent de girouettes élaborées et colorées.

Sur les traces de leur passé, de nombreux touristes allemands viennent visiter la maison-musée de Thomas Mann (Rasytojo T. Mano Kulturos Centras), que l'écrivain, tombé amoureux de l'endroit, fit bâtir dès son premier séjour. Il n'eut le temps d'y venir que deux étés, avant de devoir quitter l'Allemagne en 1933. Coupures de journaux et vieilles photos retracent le contexte de l'époque. Plus au sud, l'église évangélique allemande (XIXe) s'entoure d'un cimetière aux étonnantes croix de bois sculptées (krikstai): elles diffèrent selon l'âge et le sexe du défunt

En face, la Galerie d'Ambre (Gintaro Galerija-muziejus) expose amulettes néolithiques, morceaux d'ambre bruts et bijoux. A voir encore, la Maison du Pêcheur (Zvejo etnografine sodyba).

Sur le port, quelques kurenai, des bateaux de pêche traditionnels proposent des sorties sur la lagune. On peut leur préférer le vélo, les balades sous les pins ou le long de la promenade menant aux dunes véritables montagnes de sable. Un escalier de 180 marches grimpe sur celle de Parnidis, la plus longue du parc, qui s'étire sur 7 km, jusqu'en territoire russe. Du pied de la grand horloge solaire en granit plantée au sommet, une vue splendide se révèle sur le village, les dunes, la lagune et la Baltique.

Parc régional

Sur l'autre versant de la lagune de Courlande, la Nemunas se jette en un vaste delta, protégé depuis 1997 par un parc régional de 350 km2. Ce labyrinthe d'îles, de chenaux, de forêts, de fondrières et de prairies inondées à la fin de l'hiver et au printemps est un véritable paradis pour les oiseaux marins et migrateurs. Beaucoup se regroupent sur la grande île plate de Rusne×. Ici, les cigognes sont partout: près d'une par maison en dehors de la bourgade principale.

De l'autre côté du delta, un phare et une station ornithologique (musée) se dressent côte à côté à Vente Ragas, une langue de terre battue par les vents située sur un point de convergence de plusieurs routes migratrices. Les oiseaux y sont bagués.

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