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Polynésie

BORA BORA PEARL BEACH RESORT & SPA ****

A PARTIR DE 271 € la nuit
Valable jusqu'au 31/12/2012
Séjour


Situé à 10 min en bateau de l’aéroport, sur le motu Tevairoa, face au mont Otemanu, cet hôtel vous dévoilera un panorama féerique. Membre des « Leading Small Hotels of the World », niché au cœur d&...

Offre Kuoni
POLYNESIE FRANCAISE
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Images Polynesie Francaise
Tahiti
La plus vaste des îles de la Polynésie française, Tahiti s'étend sur une superficie de 1042 km2, un peu plus petit que la Martinique. Elle est située entre l'équateur et le tropique du Capricorne et ressemble à un gros poisson, ou à un huit quelque peu déséquilibré. La majorité des habitants vivent sur Tahiti-Nui, la «boucle» la plus grande. Ses routes convergent vers Taiarapu (ou Tahiti-Iti), la «petite» boucle.

L'arrière-pays de Tahiti est d'une grande beauté. Il y a tout ce dont vous avez toujours rêvé: des montagnes d'un vert émeraude, qui descendent jusqu'aux plages de sable noir ou blanc; la mer qui passe d'un vert pastel au bleu turquoise. Pourtant, un siècle après que Gauguin eut découvert le charme de ces îles, les «nobles sauvages» portent un T-shirt à la mode et chevauchent des scooters dans le trafic encombré de la capitale.

Papeete
Papeete, la capitale de la Polynésie française, a beau être «défigurée» par les feux rouges et les parcomètres, elle exhale cette atmosphère particulière des mers du Sud. On y trouve des frangipaniers, des banians, des poinsettias sans oublier les célèbres vahinés avec leurs fleurs d'hibiscus et de tiaré dans les cheveux. De Fletcher Christian aux marins français, tous les hommes ont apprécié leur beauté légendaire, leur grâce et leur invariable bonne humeur.

Papeete reste malgré tout l'un des ports les plus accueillants du monde. Des paquebots et des ferries inter-îles mouillent près du boulevard principal, à proximité des yachts somptueux et des cargos à coprah. Le port est animé durant toute la journée. Dès le soleil couchant, vous pourrez observer la jeunesse locale se livrant à des courses de pirogues qui se terminent fréquemment par des sprints effrénés.

Au-delà du front de mer, la ville se présente sous la forme d'un amas de bâtiments hétéroclites et d'églises de style colonial, de petites boutiques et de centres commerciaux modernes. La toile de fond, en revanche, est superbe. Les flancs escarpés du mont Aorai, avec ses pentes volcaniques et ses dentelles de rocher, semblent s'élancer vers les nuages.

Les habitants de Papeete forment un métissage coloré réunissant indigènes, Chinois et Européens (pour la plupart des Français), plus quantité d'autres races. En langage tahitien, Papeete signifie «corbeille à eau», probablement en référence aux origines du village, qui était une source d'eau potable.

Sur le front de mer, on trouve l'Office du Tourisme, logé dans un bâtiment à l'allure tahitienne, Fare Manihini. On peut s'y procurer de la documentation sur toutes les îles.

A quelques centaines de mètres vers l'ouest, passé l'avenue Bruat, la plus belle de la ville, le Musée de la Perle, situé dans l'enceinte du magasin «La Perle Noire», propose de découvrir le fonctionnement d'une ferme perlière (vidéo et historique, très beaux objets de nacre et perles de différentes formes et couleurs).

Juste à côté, l'église protestante de Paofai, datant de 1873 et restaurée en 1980, est un magnifique bâtiment colonial: des escaliers tournants donnent accès à la galerie d'où l'on peut suivre le service le dimanche. Pour l'occasion, les hommes s'habillent de noir et les femmes, grand chapeau de pandanus tressé sur la tête, de blanc ou d'une grande robe missionnaire. Tous entonnent avec ferveur des himene, des cantiques en tahitien, polyphoniques et émouvants.

A un jet d'ananas, le marché couvert de Papeete, extrêmement coloré, est le plus vivant au lever du soleil, surtout le dimanche. Vers 8 h, l'activité diminue déjà. Dans le tohu-bohu et le désordre, on peut acheter un peu de tout: fruits, légumes, fleurs tropicales, cochons vivants, etc. Les poissons apparaissent en fin d'après-midi. L'étage est réservé aux artisans. C'est d'ici que partent les trucks, ces camions-bus bariolés qui sillonnent les routes de l'île.

Les bâtiments publics les plus importants sont réunis dans une «enclave» joliment fleurie. L'Assemblée territoriale et la résidence du Haut-Commissaire ont aussi trouvé place dans ces jardins.

A proximité de la poste se trouve le parc Bougainville, ainsi nommé en mémoire du fameux explorateur français du XVIIe siècle dont la statue en bronze occupe le centre du square. Avec une curieuse impartialité, les autorités ont choisi d'orner ce parc de deux canons. Ils proviennent de navires, l'un français et l'autre allemand, qui furent coulés durant la Première Guerre mondiale.

La cathédrale catholique, ceinturée par le centre d'affaires, ne présente pas une architecture très intéressante. Cependant, la décoration intérieure mérite votre attention. Les figurines des bas-reliefs représentent la vie et la mort de Jésus et ont des traits typiquement polynésiens. Certaines semblent même porter le paréo

Autour de l'île
Faire le tour de l'île est une institution à Tahiti. En fin de semaine, en scooter, en truck ou en voiture, tous les îliens y vont de leur balade. Au programme: 115 km de bitume, à quoi il faut ajouter, si l'on désire s'y rendre, une vingtaine de kilomètres dans chaque sens jusqu'à Tautira et Teahipoo, respectivement sur la côte nord et sud de Tahiti-Iti. En partant en direction du nord-est, depuis Papeete, vous ferez une première escale à Arue, située à environ 5 km de la capitale. Le dernier roi tahitien, Pomaré V, y est enterré. Pas vraiment considéré comme un personnage historique et héroïque, Pomaré V abdiqua en échange d'une pension versée par le gouvernement français. Il mourra alcoolique en 1891. Sa tombe, qui abritait la dépouille de sa mère, est aisément reconnaissable. Une sorte de bouteille de Bénédictine trône en son faîte.

A l'extrémité orientale de la baie de Matavai se situe la Pointe Vénus, où le capitaine Cook observa le passage de Vénus devant le soleil, le 3 juin 1769. Pour diverses raisons, son étude sur l'éclipse échoua, mais son expédition nous a beaucoup appris sur Tahiti.

Un petit Musée de la Découverte abrite les effigies de James Cook et de son prédécesseur Samuel Wallis. On y évoque, à travers des personnages de cire en costume d'époque, la rencontre des dignitaires tahitiens et des deux capitaines. Dans une chaumière proche, on vend des produits artisanaux.

La région située autour de la Pointe Vénus est un parc tranquille. Elle est surmontée d'un phare blanc qui veille sur les nombreuses pirogues échouées sur le sable noir de la baie. Cette plage est très fréquentée par les habitants de Papeete et les adeptes du canoë.

Un peu plus loin, la côte se présente sous la forme de falaises de lave et de basalte, qui plongent dans la mer. Le Trou du Souffleur d'Arahoho mérite bien une halte. La mer s'engouffre dans cette anfractuosité naturelle avec une telle puissance que, par compression de l'air, des gerbes d'eau pulvérisée en rejaillissent à intervalles réguliers.

A l'écart, à droite de la route, les cascades de Faarumai plongent dans une gorge avant d'arroser une plaine où paissent des bovidés. A 20 km de là, les cascades de Fa'autautia donnent naissance à une rivière. Tahiti possède une multitude de chutes d'eau qui irriguent des paysages luxuriants.

Juste après l'isthme reliant les deux boucles du 8 imaginaire que forment Tahiti-Nui et Tahiti-Iti, on traverse le district de Papeari, où se situent le magnifique jardin botanique et le Musée Gauguin. Le jardin doit son existence à un Américain, Harrison Willard Smith, professeur de physique. Juste après la Première Guerre mondiale, un important héritage lui permit d'acheter ce terrain. Il y planta tout ce qui le fascinait dans les pays tropicaux. Vous y découvrirez une belle collection de palmiers, de ficus, de bambous géants, ainsi qu'une magnifique forêt de mape (espèce rare de châtaignier local) sans oublier deux tortues des îles Galápagos.

Le Musée Gauguin occupe un terrain en bord de mer, à l'est du village de Mataiea où vécut le peintre lors de son premier séjour. On y trouve une abondance de documents d'archives et de reproductions, mais peu d' uvres originales quelques gravures sur bois, deux ou trois tableaux et une belle lithographie de Mallarmé. La vie du peintre y est racontée à travers des textes et des photos. Dans le jardin, vous remarquerez également trois tikis géants, dieux de pierre sculptés il y a plusieurs siècles. Ces statues imperturbables sont impressionnantes. On leur attribue d'ailleurs des vertus magiques

Sur la côte sud de Tahiti, le golf de 18 trous d'Atimaono a été créé sur l'emplacement d'une ancienne plantation de coton datant de l'époque de la guerre de Sécession. L'idée de produire du coton de façon compétitive à Tahiti paraissait excellente Des esclaves furent importés d'autres îles, mais ils s'avérèrent inefficaces. C'est alors qu'un millier de coolies furent recrutés en Chine pour s'occuper des plantations (leurs descendants durent attendre jusqu'en 1973 pour obtenir la nationalité française). Le boom du coton se termina à la fin de la guerre (1865), lorsque la production américaine redémarra.

A Mahaiatea, sur l'un des plus importants sites archéologiques de l'île, on a découvert les ruines d'un marae (sanctuaire) du XVIIIe siècle. Tous les temples païens furent détruits au XIXe siècle par des missionnaires ou par l'érosion naturelle. Les énormes blocs de roche volcanique noire témoignent de l'importance du site et de la grandeur de l'autel qui était utilisé pour les sacrifices. Non loin de là, à Papara, le Musée du Coquillage, créé à l'initiative d'un collectionneur passionné, abrite quelque 7000 pièces. Il est flanqué d'une Maison de l'Artisanat.

Environ 15 km plus loin, on trouve un autre site archéologique, le marae d'Arahurahu. Autrefois, il ne revêtait pas une importance particulière. Aujourd'hui, entièrement rénové, il rappelle la mémoire du passé tahitien aux étudiants et aux touristes venus du monde entier. Le marae, magnifiquement situé au pied d'une colline, fait fonction de scène pour des productions de rituels traditionnels ou des manifestations folkloriques. Bien entendu, on n'y commet plus de sacrifices

A Paea, en bord de mer, le centre artisanal d'Irihonu, d'architecture polynésienne, regroupe quelques-uns des meilleurs artisans de l'île. On peut y admirer des sculpteurs sur bois et des tresseurs de feuilles et il est possible d'acheter leurs produits sur place. Non loin de cet endroit, se trouve l'une des meilleures plages de Tahiti pour la pratique du surf. Les anciens Tahitiens, grands spécialistes du surf, l'exportèrent à Hawaii. Les missionnaires avaient banni ce sport, prétextant un habillement indécent.

A l'entrée de Punaauia, suivez la flèche jusqu'au Musée de Tahiti et des Iles, situé dans un grand parc à la pointe des Pêcheurs. Il s'agit certainement du musée le plus intéressant de Polynésie française et l'un des plus beaux du Pacifique Sud. Sa visite vous donnera un excellent aperçu de la culture polynésienne, ainsi que de la géologie, de la flore et de la faune insulaires. Des pirogues, d'anciens costumes, des javelots, des arcs et leurs flèches y sont exposés, entre autres objets. A l'extérieur, on peut admirer une ancre provenant d'un des bateaux du capitaine Cook, Adventure, qui a fait naufrage il y a deux siècles, avant d'être renfloué.

L'intérieur de Tahiti
A Tahiti, diverses agences proposent des randonnées d'un ou de plusieurs jours. Des excursions guidées en véhicule 4x4 tout terrain vous emmènent dans des régions montagneuses peu visitées. N'y allez pas en voiture de location, car les routes sont souvent impraticables.

L'un des tours les plus courants grimpe au sommet du mont Marau, qui domine Papeete du haut de ses 1493 m. Au sommet, un magnifique panorama récompense le voyageur qui a effectué ce trajet, qui demande autant de courage au conducteur qu'aux passagers

En découvrant l'espèce d'entonnoir verdoyant, qui ne peut être qu'un volcan éteint depuis longtemps, on a une vision très exacte des origines de Tahiti. Il reste à admirer la couleur de l'océan, de chaque côté du récif et, au loin, la superbe vue sur l'île s ur de Tahiti: Moorea.

Récemment ouvert aux 4x4, le chemin traversant Tahiti du nord au sud emprunte la vallée de Papenoo jusqu'au c ur de l'île. Il permet d'approcher le barrage de Marama Nui, la vallée de la Maroto (sites archéologiques) et le lac Vaihiria, coincé dans un cirque montagneux, avant de rejoindre Mataiea sur la côte sud. Partout, des cascades dévalent les pentes.

Moorea, l'île jardin
Pour ressentir le véritable romantisme du Pacifique Sud, il est indispensable d'assister à un lever de soleil dans la baie de Cook. Des chaînes volcaniques, recouvertes de verdure, ceinturent cette baie vaste et tranquille. Dès le lever du soleil, les ombres s'avancent et les couleurs changent au fil des heures. A proximité des nombreux yachts qui mouillent dans le lagon cristallin, des véliplanchistes évoluent avec élégance. Quelques toits de pandanus apparaissent ça et là au bord du lagon. Nul ne connaît le stress sur cette île magnifique, située à 20 kilomètres à peine de Papeete.

Sur une carte, le dessin de l'île fait songer à un papillon, ou à une queue de poisson triangulaire. Etrange coïncidence, si l'on en croit une légende bien plus ancienne que les premières cartes de la Polynésie française, Tahiti et Moorea ne formaient qu'une seule île précisément en forme de queue de poisson. Lorsque les dieux séparèrent les deux îles, la queue, Moorea, se détacha. Queue de poisson ou pas, le nom de Moorea signifie «le lézard jaune».

Au c ur de l'île, le mont Mouaputa doit sa forme bizarre à une légende qui raconte que le demi-dieu Pai jeta sa lance en direction d'un ennemi situé dans la lointaine île de Raiatea. Au lieu de survoler Moorea, qui se trouve dans l'alignement, la lance transperça le sommet du mont Mouaputa, qui signifie «la montagne percée». Par miracle, l'arme poursuivit sa trajectoire et tua ledit ennemi. De nos jours, on peut observer le ciel à travers ce sommet troué, en admirant la prouesse de Pai. La montagne de Mouaputa est certainement la plus excentrique des curiosités qui font de Moorea un endroit magique.

La majorité des habitants de l'île (environ 11'000 âmes) vivent à proximité du lagon. Ils sont pêcheurs, agriculteurs, ou travaillent dans le tourisme. Nombre d'entre eux font la navette et travaillent à Tahiti. A Moorea, il n'existe pas de véritable ville, mais seulement quelques petites agglomérations. Des sortes de petits villages, avec un bureau de poste, une école, une ou deux églises et une boutique de bric-à-brac, en principe tenue par un Chinois. Moorea est une île que l'on peut admirer sous tous ses angles. Par la mer, depuis la côte ou, à l'intérieur, du haut des sommets.

Sur sa côte nord, Moorea possède deux baies d'une beauté exceptionnelle. Naturellement, la plus connue est la baie de Cook. Niché au c ur de la baie, on découvre le village de Paopao avec ses quelques boutiques, ses bureaux, ses cafés et une école élémentaire modèle, qui accueille environ 200 élèves. Cette école (un complexe de plusieurs bungalows posés dans un jardin fleuri) est tellement agréable que l'on serait tenté de la confondre avec un hôtel de luxe. A voir également, l'église catholique de Paopao, célèbre pour ses peintures murales qui représentent la Sainte Famille, vue par des yeux tahitiens

Le village de Temae bénéficie d'une renommée obscure. L'écrivain américain Herman Melville y accosta après une série d'aventures incroyables dans le Pacifique Sud. Il avait passé plus d'une année en mer à bord d'un baleinier, puis connu la désertion, la mutinerie, et même la prison à Papeete. A sa libération, il gagna Moorea et s'y installa, avant de devenir un résident à part entière. Il finit par convaincre le chef du village de Temae de s'opposer aux interdits des missionnaires, et de permettre la réhabilitation d'une danse appelée Lory-Lory, réputée pour être un divertissement très suggestif Cet épisode lui fournit l'inspiration pour son roman Typee, dont l'action se passe dans les mers du Sud et aux Marquises.

Afareaitu, le centre administratif de l'île, a beau ressembler à l'un des nombreux petits villages typiques avec ses boutiques, ses bureaux et son église, il a également une signification historique. C'est ici que les missionnaires britanniques, qui avaient imposé la morale victorienne dans les mers du Sud, fondèrent une mission et une école. On y publia le premier livre imprimé en Polynésie: la Bible.

La côte est abondamment recouverte de cocotiers. Les anneaux de cuivre qui ceinturent le sommet de chaque tronc protègent les cocotiers des crabes ou des rats qui pourraient y grimper pour grignoter les noix de coco.

En poursuivant la route dans la même direction, on découvre des kilomètres de plages désertes sur la côte sud et sud-ouest. Haapiti, un petit village qui borde le lagon, fut le siège d'une mission catholique importante, comme en témoigne son imposante église. Un peu plus loin, au nord-ouest de Moorea, on trouve un grand nombre d'hôtels et de complexes touristiques.

Papetoai, chef-lieu de la côte nord, est réputé pour ses nombreuses maisons coloniales en bois, appelées ici «les maisons de vanille». Leur origine remonte au début du XXe siècle, à l'époque où la production de la vanille a rapporté des fortunes. Papetoai fut également la principale base de la Société Londonienne des Missionnaires (London Missionary Society). C'est ici que le roi Pomaré II se convertit au christianisme. Les missionnaires construisirent une église octogonale sur le site d'un ancien marae païen. Quant à l'église actuelle, érigée il y a un siècle, elle est la plus ancienne en service dans tout le Pacifique Sud.

Papetoai forme le début d'une autre baie, moins fréquentée mais tout aussi magnifique: la baie d'Opunohu. Celle-ci s'enfonce plus profondément dans le centre de l'île que la baie de Cook. Ne possédant pas de regard sur la mer, Opunohu ravira les amateurs de solitude.

L'intérieur de Moorea
Depuis la baie d'Opunohu, de même que de Pao Pao ou de la baie de Cook, plusieurs routes filent vers l'intérieur de l'île. En grimpant à travers la vallée d'Opunohu, tout un monde de merveilles s'offre au visiteur. Des vaches, heureuses et bien nourries, broutent sur des pâturages généreux; des plantations d'ananas ont remplacé la vanille; des arbres fruitiers, chargés de mangues, de pample-mousses, de papayes et d'avocats, plient sous le poids de leurs fruits. Plus haut, sur les flancs du mont Tohivea, la route serpente à travers des forêts rafraîchissantes d'acacias, d'acajou et de teck.

Avant l'arrivée des missionnaires, cette vallée représentait le centre principal de l'île. La population y était dense et les lieux de culte importants. Les archéologues y ont découvert de nombreux sites: des temples, des lieux de sacrifices, mais aussi des platesformes de tir à l'arc. Les compétitions de tir à l'arc, réservées aux guerriers et aux nobles, revêtaient une place importante dans la vie des anciens Tahitiens. Le plus grand marae découvert dans cette vallée est celui de Titiroa. Il a été restauré afin de rappeler la grandeur de cette époque. Aujourd'hui, les pierres noirâtres sont envahies par une forêt de mape, dont les racines soulèvent les dallages. Après la destruction de ces temples païens, les cultes et les anciens rituels se sont perdus. Rien n'avait été écrit et les missionnaires ont fait le nécessaire pour décourager la transmission orale.

Depuis le Belvédère, terminus de la route, s'ouvre une vue extraordinaire. Les deux baies aux couleurs vertes et bleues (avec le mont Rotui au centre) représentent l'un des panoramas les plus spectaculaires de la Polynésie française.

Huahine, la sauvage
Les collines vertes de Huahine sont chargées de légendes, d'histoires et de mystères. Cette île sacrée, riche en sites religieux, a vu naître nombre d'hommes intrépides, prêts à se battre pour la liberté. La population actuelle a conservé cet esprit venu du fond des âges.

En pénétrant dans la baie Maroe, toute la fascination de la Polynésie apparaît d'un coup: la mer d'un bleu profond, le récif de corail protégeant le paisible lagon turquoise, une petite île fertile parsemée de cocotiers et, derrière, les collines abruptes d'origine volcaniques de Huahine recouvertes d'un camaïeu de verts. Les sommets des collines dentelées semblent attirer les nuages et les mythes. Sur les berges, une grappe d'adolescents accueille les visiteurs.

Huahine est formée de deux îles peu éloignées, reliées entre elles par un pont de construction récente. La plus grande, HuahineNui, abrite la majorité de la population. C'est la plus touristique. Le nombre total des habitants des deux îles n'excède pas 5400 âmes.

C'est en 1769 que le capitaine Cook découvrit Huahine. Sa première vision de l'île donna naissance à une vieille chanson qui dit: «Huahine, dont l'entêtement est une habitude». Cook ne s'attendait pas à être reçu en héros. Son équipage fut en effet attaqué et dévalisé. Plus tard, les marins britanniques soumirent les indigènes.

Les habitants de l'île adoptèrent la religion protestante et commencèrent, avec un certain enthousiasme, à détruire les anciennes idoles. Mais, grâce à l'obstination des habitants, Huahine réussit à conserver son indépendance, même lorsque les forces armées d'Angleterre et de France envahirent Tahiti. C'est en 1888 seulement que Huahine fut mise sous protectorat français.

Le héros contemporain le plus célèbre de Huahine se nommait Oiuvana'a a Oopa. Il s'agissait d'un activiste politique qui défendait les droits des vétérans de la Première Guerre mondiale. Plus tard, il se battit pour l'indépendance polynésienne. Ce rôle lui valut l'hostilité du gouvernement français et on le jeta en prison pour conspiration. Finalement, il se fit pardonner, réhabiliter et il termina sa carrière dans la politique jusqu'à sa mort, en 1977. Il était député à l'Assemblée Nationale à Paris.

La ville de Fare, située sur la côte ouest de Huahine-Nui, est le modèle d'un village polynésien très fleuri, avec ses coquets bungalows entourés de pelouses soignées et de jardins colorés. La route principale traverse le centre-ville, qui se résume à la mairie, un bureau de poste moderne, quelques restaurants, des boutiques chinoises encombrées et quelques petites pensions. En face de Fare, les passes sont célèbres et appréciées par les amateurs de surf

La plupart du temps, la vie à Fare est relativement calme. Mais lorsque les cargos accostent, venant de Papeete, livrant les vivres, puis chargeant le coprah et les pastèques, toute la population se rassemble sur le port pour assister au spectacle.

Au nord de Fare, dans un environnement peuplé d'hibiscus, de lauriers, de bananiers, d'arbres à pain et de cocotiers géants, un hôtel moderne abrite un petit musée archéologique surprenant, avec ses objets fabriqués il y a plus de mille ans. Pendant la construction de l'hôtel, des reliques précieuses furent mises au jour. Le Dr Yoshiko Sinoto, archéologue réputé du Musée Bishop de Honolulu, fut invité à passer les fouilles au peigne fin. Parmi les objets exposés figurent des coquillages nacrés, des appâts, des hameçons, des haches, des burins et des ancres qui équipaient les pirogues géantes de la Polynésie.

A Huahine, tout témoigne de l'importance de la culture ancienne de la Polynésie. Même le motu (îlot) blanchi de coquillages, sur lequel l'aérodrome fut construit dans les années 1970, possède son propre marae, l'un des anciens sanctuaires les plus importants de l'île.

L'introduction d'un service aérien quotidien n'a pas eu un impact révolutionnaire sur la vie de l'île. Tandis que les fonctionnaires et les gens pressés apprécient les avantages de l'avion, le gros de la population préfère toujours voyager et en toute convivialité sur les schooners marchands.

Avant l'arrivée des Européens, le village le plus important de Huahine était Maeva, situé au nord-est de l'île. Tous les chefs de district habitaient à proximité du village et chacun possédait son propre temple. Maeva demeure la capitale spirituelle de la Polynésie. Les excursions font halte près du marae restauré du lagon, où histoires et légendes se racontent à mi-voix.

Sur ce site, on trouve également une maison de rencontre restaurée, construite sur des pilotis au-dessus du lagon; elle abrite un Musée de l'Ecologie. Les pierres volcaniques horizontales et verticales du marae furent taillées dans la colline et transportées sur cette côte sacrée. Ramasser une pierre et la conserver comme souvenir est tabou. C'est aussi irrespectueux que de profaner une cathédrale en Europe

Dans l'eau saumâtre du «lac», à l'endroit le plus étroit, les pêcheurs utilisent toujours des pièges à poissons en pierre, comme ce fut le cas pendant des siècles. Poussé par la marée, le poisson s'engouffre dans la pierre creusée en forme d'entonnoir, avant d'être emprisonné dans une trappe de bois.

En escaladant la colline, on découvre plusieurs autres marae restaurés par le Dr Sinoto. Sur la montagne Matairea se situe la partie la plus sacrée de l'île. Cet endroit est dédié à Tane, le dieu de la lumière.

De retour sur la côte, le touriste peut assister à un banquet typique, le tamaaraa, préparé dans un grand four tahitien nommé ahimaa. Sont enveloppés dans du papier d'aluminium (à défaut de feuilles de bananiers) du porc, du poulet, des fruits d'arbre à pain, des épinards, des bananes, du taro, des patates douces et du poi, une sorte de pudding de tapioca à la saveur de fruits tropicaux.

En descendant au sud, vers Huahine-Iti, la plus petite île, on découvre d'immenses plages, d'autres sites archéologiques avec d'anciens pétroglyphes et la beauté naturelle du village de Parea. Sur le chemin de la côte ouest, jetez un il à l'hôtel Hana Iti, l'un des plus beaux (et également l'un des plus chers!) de la région.

Raiatea et Tahaa
Les «progrès» de la civilisation ont commencé à infiltrer Raiatea, la plus vaste et la plus peuplée des îles «sous le vent». On y trouve des téléphones, des vidéos, des taxis et des routes à deux voies. Mais on a heureusement encore le temps d'apprécier les joies simples de la Polynésie, comme la natation, l'aviron, la danse et la marche pieds nus sur la braise, que l'on nomme aussi la danse du feu. Même si cela paraît incroyable, le sorcier semble parfaitement maîtriser les braises brûlantes par ses incantations. Un certain nombre de courageux touristes s'étant brûlés en essayant de le suivre, ces représentations sont devenues rares. Et quand elles ont lieu, seul les vrais maîtres en sorcellerie ont le droit de poser leurs pieds sur la braise.

Tahaa, l'âme s ur de Raiatea, partage le même lagon. La traversée entre les deux îles s'effectue en quelques minutes. Tahaa représente un lieu idéal pour les randonnées à pied ou à vélo qui mènent vers des plages désertes.

La tradition nous apprend que Raiatea fut le point de départ d'incroyables voyages migratoires en pirogues vers Hawaii et la Nouvelle-Zélande.

Une histoire étonnante que l'on raconte ici est celle du sanctuaire socio-religieux le plus important de l'île. Lorsque le capitaine Cook visita Raiatea en 1774, il se trouva embarrassé lors de sa rencontre avec le chef de l'île. «Un grand chef doit avoir son propre marae», affirma le chef Oro en demandant son nom à l'Anglais. Le capitaine donna alors le nom de sa paroisse londonienne: «Stepney». En tahitien, la prononciation donna «Tapinu» et ce mot fut scandé avec respect par une centaine de voix indigènes, devant Cook fort mal à l'aise.

Vers la fin du XIXe siècle, un chef de Raiatea, nommé Teraupoo, se fit connaître jusqu'à Paris en se révoltant contre les lois françaises. Bien après que les autres îles eurent accepté le protectorat français, les forces locales rebelles de Raiatea défiaient tout effort de pacification. Des troupes françaises accostèrent donc en 1897 afin de rétablir l'ordre. Il leur fallut six semaines pour réduire Teraupoo, réfugié dans la vallée d'Avera.

La capitale de Raiatea, Uturoa, revêt une importance considérable pour les îliens. La vie moderne y est bien présente avec un hôpital (le plus important mis à part celui de Papeete), une centrale électrique, une poste, une pharmacie, un poste de police, un tribunal, des magasins, des cafés et une salle de billard. Il y règne une atmosphère commerçante très vivante autour des magasins chinois qui sont bourrés d'objets étonnants.

Les lève-tôt peuvent aller faire un tour au marché, où chaque jour et particulièrement le dimanche les paysans venus de leurs campagnes et les pêcheurs vendent le produit de leur récolte.

Aux environs d'Uturoa, on découvre quelques bungalows coquets, à l'ombre des arbres fruitiers tropicaux. Derrière la ville, les véhicules tout terrain peuvent grimper jusqu'au sommet du mont Tapioi. De ce point, la vue porte jusqu'à Tahaa, l'île la plus éloignée de Bora Bora et de Huahine. Ici aussi, la magie perpétuelle du contraste des eaux turquoise du lagon et du bleu marine du Pacifique se répète à l'infini

D'autres excursions sont proposées le long de la côte luxuriante. Elles se terminent en apothéose, lorsque la route s'ouvre sur la baie de Faaroa.

Plus loin au sud, dans la région d'Opoa, les ruines monumentales du marae Taputaputea révèlent l'importance de ce site ancien. Ici, les chefs et leurs proches venaient vénérer Oro, le dieu de la guerre. Ce véritable édifice national est l'un des plus grands marae de Polynésie. Il se présente sous la forme d'un rectangle pavé de dalles volcaniques, aménagé en face d'un autel gigantesque. Les vestiges des offrandes existent encore à ce jour.

Une balade assez appréciée consiste à remonter la rivière Faaroa, la seule navigable de Polynésie française, à bord d'une pirogue à moteur. Rapidement, la rivière se rétrécit et devient un cours d'eau primitif et tropical, où l'on s'attend à rencontrer quelques crocodiles (mais ce sont les troncs d'arbres qui font illusion). En s'enfonçant plus loin dans la forêt vierge, il est surprenant de remarquer des huttes de pêcheurs isolées sur les berges. Des pirogues rapides naviguent dans ce lagon entre l'embouchure de la rivière et le récif, vers des motus (îlots) inhabités. Au sommet des plus grands palmiers, les pétrels (oiseaux tropicaux) à l'air menaçant surveillent la mer, prêts à foncer sur leur proie. Pour les amoureux de la nature, nager et plonger dans ce lieu idyllique mérite le détour.

La marche sur les braises, un rituel auquel ils est de plus en plus rarement donné d'assister, est néanmoins la spécialité de Raiatea. Aux sons des percussions, des danseuses se déhanchent pendant que le sorcier tombe en transe. Pour cette curieuse cérémonie, des charbons volcaniques sont méticuleusement nettoyés et toute aspérité supprimée, afin d'éviter les blessures. Le sorcier (le seul à porter des chaussures!) médite longuement, vérifie le charbon, murmure des formules magiques et donne le feu vert. Les vahinés en jupes de paille passent d'un pas léger sur les braises incandescentes. Les hommes suivent courageusement.

Tahaa, l'autre petite île située à côté de Raiatea, n'est pas aussi intacte qu'un motu désertique, mais pas surexploitée pour autant. Sa population est évaluée à environ 4000 habitants (10'000 sur Raiatea). La plupart des visiteurs viennent de Raiatea pour la journée. Des ferries et des goélettes la relient fréquemment à l'île s ur. L'arrivée des grands cargos depuis Bora Bora ou même Tahiti représente toujours un événement important.

Une excursion à Tahaa permet de découvrir un paysage de toute beauté; pas aussi vert et fertile que Raiatea cependant, car la petite île n'est pas aussi montagneuse, et par conséquent moins arrosée. On vous proposera la visite d'une plantation de vanille ou on vous invitera à un banquet «tamaaraa», où les mets les plus élaborés sont cuits dans un four traditionnel tahitien.

Bora Bora
Pratiquement chaque fois que vous voyez une photo de la Polynésie dans un magazine, il s'agit d'une image de Bora Bora

Images immuables de vagues battant le récif de corail ou du lagon immense, scintillant, dont les nuances vont de l'améthyste au turquoise en passant par les reflets argentés du sable fin. Au-dessus de ce paradis veille un volcan mystérieux, chapeauté de nuages vaporeux fort suggestifs.

La Perle du Pacifique, comme la baptisa le capitaine Cook, couvre à peine 39 km2 et compte aujourd'hui un peu plus de 5800 habitants. Le vélo est le moyen de transport favori pour parcourir la route de 32 km qui fait le tour de l'île. Pour les indigènes, le nom de Bora Bora est difficile à prononcer, car la lettre «B» ne figure pas dans leur alphabet. Ils préfèrent dire «Pora Pora».

Comme il n'existe aucun document historique, il est impossible de vérifier la moindre hypothèse concernant les origines de Bora Bora. On prétend que cette île était un lieu d'exil pour les Tahitiens qui avaient violé un tabou. Une autre théorie veut que Bora Bora ait perdu la guerre qui l'opposait à Raiatea à propos de la suprématie religieuse des îles «sous le vent». Avant l'arrivée des Européens, il existait au moins quarante marae à Bora Bora. Nombre d'entre eux ont récemment été restaurés. Les missionnaires britanniques y débarquèrent très tôt, et dès 1822 ils avaient érigé une église à Vaitape. Aujourd'hui, Bora Bora abrite plus de protestants que la moyenne des autres îles: 88%, contre 5% seulement de catholiques.

La redécouverte de Bora Bora par les marins américains, durant la Seconde Guerre mondiale, changea radicalement le cours de son développement. Les soldats construisirent un aérodrome (le premier de Polynésie) et une base logistique qui ne joua pas un grand rôle durant les conflits. Les GI's dont un certain James Michener plus nombreux que les indigènes, ne s'en plaignirent certes pas: ils étaient entourés d'une population amicale et fort belle, tandis que les combats se déroulaient à des milliers de kilomètres de là. La prospérité de Bora Bora se poursuivit pendant les années d'après-guerre, grâce au marché mondial florissant du coprah et de la vanille. Ensuite, le tourisme arriva

Vaitape, la capitale administrative de Bora Bora, possède une église protestante à flèche rouge et, à proximité, une petite église catholique peinte en bleu. Devant le quai se trouve le tombeau de l'aventurier français Alain Gerbault (1893 1941), qui boucla le premier tour du monde à la voile en solitaire. Après son décès sur l'île de Timor en Indonésie, la Marine française à ramené ces cendres à son île préférée.

Sur les collines au nord de Vaitape, les passionnés de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale découvriront quelques pièces d'artillerie installées là pour défendre le col stratégique de Teavanui, sur la route du lagon.

Au c ur du village de Faanui se situe une centrale électrique peu conventionnelle. On y brûle les coques des noix de coco. On produit ainsi près du tiers de l'énergie électrique de l'île. Les environs de Faanui furent au centre des opérations militaires américaines pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les vestiges, on peut voir une rampe pour les hydravions, un bassin et un grand magasin de munitions construit dans le flanc de la colline.

Le marae Fare Opu, proche du lagon, se trouve un peu plus loin sur la route. D'accès facile, ce sanctuaire est remarquable pour ses gravures rupestres facilement déchiffrables. Les pétroglyphes représentent des tortues sacrifiées lors des rituels païens. Avant l'arrivée des Européens à Bora Bora, ce marae était sensiblement plus vaste. Mais, à partir de 1820, les missionnaires utilisèrent une grande partie des pierres du sanctuaire pour construire un quai à Vaitape.

Le village d'Anau est situé sur la côte est de Bora Bora. Comme à travers toute l'île, on peut y découvrir des espèces de boîtes aux lettres sur pilotis. Quelques-unes sont même pourvues de petits toits, comme d'étranges petits reliquaires. Ce n'est pas pour le courrier (que les gens vont chercher à la poste), mais pour abriter la baguette de pain quotidienne. Une preuve que la civilisation française est encore bien présente en Polynésie.

La plage de Matira est certainement l'une des plus belles du monde. Son sable étincelant, parfaitement blanc, plonge dans le lagon transparent. Ce lieu, idéal pour les enfants, est également apprécié pour la plongée en apnée et d'autres activités nautiques. Bordant la plage, on trouve d'élégants palmiers, des hibiscus et des frangipaniers.

Vous distinguerez peut-être quelques épaves de navires disséminées dans le lagon. Ces bateaux ont fait naufrage non pas durant les guerres, mais lors des ouragans de 1983 et de 1990. Deux des navires s'échouèrent sur les coraux, un troisième, la proue en avant, dans l'eau plus profonde.

Quelques souvenirs de guerre ont été rassemblés dans le Musée Tatu, à environ 5 km au sud de Vaitape. Un excentrique local a décidé d'exposer ici un canon rouillé et deux ancres, sauvés du lagon, ainsi que les restes de véhicules militaires.

Les petites îles
Tetiaroa et Maupiti
Ces deux petites îles de la Société méritent votre visite. Tetiaroa, située à 42 km au nord de Tahiti, est en réalité un atoll de 13 îlots qui ceinturent un lagon merveilleux. Tetiaroa, qui était réputée comme lieu de villégiature et retraite politique des rois de Tahiti, fut rachetée par l'acteur Marlon Brando, en 1966. Des colonies d'oiseaux de mer évoluent à proximité d'un sanctuaire aujourd'hui baptisé «l'Ile aux oiseaux».

Maupiti, à environ 40 km à l'ouest de Bora Bora, se présente sous la forme d'une juxtaposition de motus entourant une île volcanique dont les falaises majestueuses s'élèvent jusqu'au ciel. Avec ses 1000 habitants à peine, Maupiti (qui n'abrite aucun hôtel) n'est pas vraiment prête à accueillir le tourisme. Mais la beauté de son paysage et ses plages de sable blanc font qu'elle ne restera pas ignorée très longtemps

L'archipel des Tuamotu
Avant 1960, l'archipel tentaculaire des Tuamotu était à peine connu du reste du monde. Puis les Français installèrent une base d'essais nucléaires sur l'atoll de Mururoa Durant des siècles, on craignit cet archipel réputé dangereux à cause de ses récifs mal cartographiés et de ses courants imprévisibles.

La douzaine d'îles constituant les Tuamotu sont des atolls de corail (à une exception près) qui s'élèvent à peine au-dessus du niveau de l'eau. Les indigènes vivent du commerce des noix de coco et des produits de la mer, parmi lesquels les fameuses perles. La plongée en apnée a ici une longue tradition.

Des explorateurs venus de France, du Portugal, d'Espagne, d'Angleterre et de Hollande commencèrent à rapporter des informations sur les Tuamotu à partir du XVIe siècle. Deux expéditions russes y firent des recherches importantes au début du XIXe siècle, ce qui explique pourquoi, sur des cartes anciennes, certaines îles de l'archipel portent des noms slaves comme Kutuzov, Lazarev ou encore Yermolov.

Rangiroa
La plus vaste de l'archipel des Tuamotu est un modèle d'île déserte. Le genre d'endroit qu'il faut visiter en prenant son temps. Des bâtiments abritent une population évaluée à 3000 habitants. Mais aucune maison ne dépasse la hauteur d'un cocotier. Pas même l'église

En découvrant l'atoll, on remarque le schéma habituel des tons qui apparaissent comme sur un drapeau fantaisiste des mers du Sud: bleu, blanc et vert pour la mer, le sable et l'alignement de cocotiers. L'immensité de Rangiroa apparaît une fois le récif franchi. Le lagon est si vaste qu'il pourrait contenir toute l'île de Tahiti! L'atoll dépasse à peine de la surface de l'eau et il n'y a aucune colline. Un sentiment de vulnérabilité domine, lorsqu'on se rend compte qu'il n'y a aucun refuge en cas d'ouragan.

En 1616, les explorateurs Willem Schouten et Jacques LeMaire y accostèrent lors de leur tour du monde. Ils écrasèrent quelques mouches voraces et baptisèrent Rangiroa «l'Ile aux mouches». Un siècle plus tard, un autre voyageur, le Hollandais Jacob Rogeveen, eut une impression plus positive de l'endroit qu'il appela «Bonne Espérance».

Près du petit port de Tiputa, le village principal, vous goûterez le calme sur des bancs ombragés. les enfants accourent en nombre pour serrer la main des étrangers. Le reste de la population sourit et observe les visiteurs un peu timidement, ou vend des coquillages près de la plage. En faisant le tour de l'île à pied ou à vélo, vous remarquerez la mairie, le bureau de poste, la gendarmerie et une petite école.

Autres îles des Tuamotu
Manihi, 1150 habitants, un autre atoll corallien des environs de Rangiroa, propose un joli lagon avec des plages de sable immenses. Industrie inhabituelle, la culture des perles noires s'effectue en utilisant des huîtres spécialement élevées dans l'eau tiède du lagon

La petite île d'Ahe, voisine de Manihi, est très exiguë. Privée d'aérodrome et d'hôtels pour touristes, la vie sur l'atoll est réduite à l'essentiel: la pêche et la cueillette des noix de coco sont les principales ressources.

Les îles australes
Quelque 1000 km au sud de Tahiti, le long du tropique du Capricorne, l'archipel des Australes présente un climat plus doux que le reste de la Polynésie. On y dénombre cinq îles habitées. Tubuai est la plus importante. On y cultive des oranges, du café et des noix de coco. Ce fut la première escale des mutinés du Bounty, avant leur exil permanent sur l'île de Pitcairn. Les ruines d'un fort, construit par ces derniers, sont toujours visibles.

Rurutu, à la nature sauvage, est totalement entourée d'une barrière de récifs et culmine à 389 m au sommet de la montagne Taatioe. Les habitants sont réputés pour la qualité de leur artisanat. Ils confectionnent principalement des chapeaux de paille et des nattes.

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