Jordanie
IMAGES DE JORDANIE
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JORDANIE
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Nos voyages en Jordanie |
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Aqaba ![]() Réservoirs de pétrole, entrepôts bourrés de phosphate telle est l'image qu'offre à présent le port très actif d'Aqaba. Les Jordaniens y tentent depuis 1977 une expérience intéressante: le dessalement de l'eau de mer avec recours à l'énergie solaire. En face des plages et des hôtels pour touristes, de nombreux navires mouillent en attendant que des places se libèrent dans les docks, le long du môle à engrais ou encore à l'embarcadère de la ligne Aqaba Suez. La nuit, par temps clair, vous distinguerez les lumières d'Eilat, à quelques kilomètres de là. Dans le golfe, la «Côte d'Azur» jordanienne, à l'abri d'une chaîne de montagnes, vous séduira par ses plages de sable fin et par ses eaux cristallines, sur lesquelles souffle le vent du nord en provenance du désert du Néguev. La station vous offre un soleil constant, propice à la pratique d'innombrables activités sportives, notamment la plongée, et vous réserve en prime les valeurs immuables d'une population hospitalière et riche de culture. Sur le front de mer, derrière le Centre d'accueil touristique, vous pourrez explorer le petit fort des Mamelouks, du XIVe siècle, que durant la Première Guerre mondiale Lawrence d'Arabie arracha aux Turcs, au terme d'une marche forcée de deux mois à travers le désert du Hedjaz. Il fut en partie détruit par la marine britannique. Le musée tout proche expose des objets trouvés dans les fouilles de la colonie d'Ayla, datant du VIIe siècle. On peut aussi visiter le site archéologique, à quelques pas au nord le long de la route du front de mer. Le désert C'est dans l'oasis de Wadi Ram que l'armée de Lawrence fit relâche avant de se lancer à la conquête d'Aqaba. Après avoir traversé par-delà la chaîne de montagnes précitée l'arrière-pays d'Aqaba, composé de collines noires et pourpres surgissant de sables roses, vous atteindrez un petit poste tenu par la police du désert, puis découvrirez un temple nabatéen du premier siècle. Libre à vous d'effectuer la fin de ce trajet à dos de chameau ou en véhicule tout terrain! Parvenu à destination, vous serez accueilli par des officiers bédouins ceints d'une cartouchière. Au col, fréquenté des siècles durant par les caravanes, vous tomberez sur des vestiges d'époque nabatéenne, des fortifications romaines ainsi que des tombeaux et gravures sur pierre. Toutefois, le principal attrait de cette excursion réside dans une succession d'extraordinaires paysages désertiques. Lawrence, qui découvrit Wadi Ram un beau matin à l'aube, y vit une sorte d'«avenue» bordée de chaque côté, et cela sur des kilomètres, par des parois rocheuses s'élevant graduellement jusqu'à 300 m de hauteur. Vous pourrez d'ailleurs aller voir le puits de Lawrence, l'une des nombreuses sources qui jalonnent le djebel Ram, à mi-pente. Pétra La seule voie pour pénétrer dans le monde mystérieux des Nabatéens est celle qui emprunte la Bab es-Sik, autrement dit l'«entrée de la gorge». Ce défilé tint longtemps à l'écart les légions romaines, tandis que les dynamiques marchands de Pétra devenaient toujours plus riches et puissants, grâce au négoce des denrées de luxe. En 312 av. J.-C., l'historien grec Diodore de Sicile évoqua le florissant commerce de l'encens, de la myrrhe et des aromates les plus précieux, produits que des convois venus de l'Arabie Heureuse (l'actuel Yémen) livraient à ces marchands. Il faudrait des jours, voire des semaines, pour faire le tour de l'antique cité, tombée dans l'oubli jusqu'au siècle dernier. Le monument le plus célèbre et le mieux conservé est le tombeau aux trésors (El-Khasneh), avec sa superbe façade de 40 m de hauteur. Ses larges salles intérieures, creusées dans le grès rose, ne présentent presque aucun ornement. Remarquable exemple d'une architecture «baroque antique» tardive, ledit monument fut probablement un temple funéraire, élevé pour un souverain nabatéen au début de l'ère chrétienne. Le théâtre pouvait accueillir plusieurs milliers de personnes. Sa construction fut entamée sous Arétas IV, dont l'intronisation remonte à l'an 9 av. J.-C. C'est au temps de ce souverain, qui régna jusqu'en 40 de notre ère, que Pétra parvint au sommet de sa puissance. Le tombeau aux urnes, à l'architecture en terrasses étonnante, fut transformé en église sous l'épiscopat de Jason en 447 apr. J.-C., comme l'atteste une inscription en grec figurant dans le sanctuaire. Les tombeaux des rois nabatéens forment un ensemble compact au premier plan duquel vous remarquerez plus particulièrement le tombeau à étages (ou tombeau-palais), inspiré des canons de l'art hellénistique. Les proportions de ce monument étaient si démesurées que, la falaise n'y suffisant pas, les architectes durent en construire les derniers étages avec des pierres de taille et des briques. Au centre de la ville antique, les pavements de pierre bordés de colonnes datent de la période romaine. Tout au bout, derrière la porte voûtée, vous parviendrez au «Château de la Fille du Pharaon», le Qasr al-Bint Fira'un. Principal temple de Pétra, il était consacré à Dushara, le dieu des Nabatéens. Le musée abrite une collection de trouvailles archéologiques provenant des fouilles de Pétra. Vous y admirerez des sculptures de style hellénistico-nabatéen ainsi que divers objets d'art en fine céramique. Le relief intitulé Tragédie est spécialement digne d'intérêt. Lors d'une excursion d'une journée, vous aurez le temps de grimper jusqu'au sanctuaire chrétien d'el-Deir, c'est-à-dire le «couvent», qui domine la vallée de Pétra. Mer Morte et vallée du Jourdain En remontant vers le nord, vous gagnerez la mer Morte, l'un des lieux les plus singuliers, non seulement du Moyen-Orient, mais encore du monde. Cette mer doit son nom à la salinité exceptionnelle de ses eaux, qui rend toute vie impossible. Son niveau, qui ne cesse de s'abaisser, se situe bien au-dessous de celui de la Méditerranée, soit à 395 m, le point le plus bas de la planète. Du reste, la dépression du Jourdain se situe elle aussi, dans son ensemble, au-dessous du niveau des mers. Le nom que les Arabes ont donné à cette étendue d'eau Bahr al-Lut, «mer de Loth» rappelle l'épisode bien connu de la Genèse, selon lequel la femme de Loth, pour avoir regardé en arrière vers Sodome, fut changée en «colonne de sel». La baignade n'est guère agréable en ces lieux, mais vous aurez le loisir de vérifier le bien-fondé d'une légende, qui veut qu'on puisse s'y maintenir en position assise Gare aux yeux, en tout cas, et préparez-vous à courir sous la douche! Au nord de la mer Morte (longue de 75 km), vous atteindrez l'embouchure du Jourdain, l'un des fleuves les plus célèbres du «Croissant fertile». On a retrouvé dans sa vallée des traces de sédentarisation remontant à dix bons millénaires parmi les plus anciennes connues. C'est aussi par là que les Hébreux passèrent, au XIIIe siècle av. J.-C., après avoir traversé le désert du Sinaï. Ils franchirent le cours d'eau aux environs de l'actuel pont Allenby (pendant des années l'unique point de passage entre la Jordanie et Israël), avant de s'attaquer à Jéricho, la «plus vieille cité du monde», dont ils devaient abattre les murailles dans un concert de trompettes On a longtemps estimé que le site du baptême du Christ se trouvait sur la rive ouest du Jourdain (en Israël). Mais des fouilles archéologiques effectuées à la fin des années 1990 ont permis de le situer avec exactitude «au-delà du Jourdain» (Jean 1, 28), en Jordanie. Le Vatican, qui en a reconnu l'authenticité, prévoit même d'y construire la plus grande église du Moyen-Orient. Les vestiges datant de différentes périodes, dont le Ier siècle, ont été mis au jour dans un environnement marécageux entre le Tell al-Kharrar et le Jourdain, à 40 km d'Amman, au nord de la mer Morte. Ils sont aujourd'hui ouverts au public. On estime que seize églises y ont été construites; on peut y admirer les pavements décorés de mosaïques de l'église Nord et de celle dite de Jean-Paul II, un relais de pèlerin du IVe siècle, le monastère Rhotorios du Ve siècle et des cellules d'ermites creusées dans la roche. L'ensemble de la zone était alimenté en eau par d'ingénieux systèmes d'irrigation. Des canaux acheminaient le précieux liquide dans des citernes toujours bien visibles. Certains de ces bassins étaient utilisés pour baptiser les pèlerins. Les fouilles se poursuivent encore aujourd'hui et le site attire de plus en plus de visiteurs. Amman Au pont Allenby, vous vous trouverez à moins de 50 km de la capitale jordanienne. Comme toutes les villes orientales qui ont connu un développement spectaculaire, Amman (dont la population est estimée à 2 millions d'habitants) conserve peu de chose de son passé lointain. Pourtant, la présence humaine y est attestée depuis le néolithique, soit plusieurs milliers d'années avant notre ère. Si le dynamisme de la cité ne se dément pas durant toute l'Antiquité et encore au Moyen Age, c'est seulement avec la création de la Transjordanie, en 1921, qu'on pourra parler de renaissance à son propos. Pour repérer les vestiges du passé au milieu d'une urbanisation frénétique, il vous faudra d'abord monter à la citadelle. Celle-ci offre pour unique intérêt d'avoir été bâtie sur l'acropole de l'antique Philadelphie un site très certainement occupé dès la préhistoire. Mais, par sa situation, elle ménage aussi une bien belle vue sur le théâtre, qui accueille toujours des manifestations artistiques. Pourtant, c'est surtout le petit Musée archéologique qui vous dévoilera les richesses des civilisations disparues, avec notamment quelques-uns des fameux manuscrits de la mer Morte. Ces rouleaux furent découverts en 1948 à Qumrân, sur les rives de ladite mer. Bien qu'il s'agisse naturellement là de «copies de copies», celles-ci n'en remontent pas moins aux débuts de l'ère chrétienne (avant l'an 70). Ce sont de la sorte les plus anciens manuscrits connus de l'Ancien Testament. A une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale, vous passerez quelques heures agréables à flâner dans les rues de Salt. L'endroit était à l'époque ottomane un centre administratif assez dynamique, alors qu'Amman ne formait encore qu'un modeste village. Oublié après la Première Guerre mondiale, Salt ne connut ainsi pas d'urbanisation sauvage. Non loin de là, la vallée du Wadi Sir est un but d'excursion attrayant. Elle présente en effet de nombreuses grottes ainsi qu'un ancien aqueduc. Néanmoins, c'est surtout le palais qui mérite une mention spéciale. Cet édifice, qui date sans doute du IIe siècle av. J.-C., s'écroula lors du tremblement de terre de 362. Il fut remonté pierre à pierre, grâce à la persévérance d'un archéologue français, et le résultat s'avère tout à fait remarquable. Le nord Avec Pétra, Jérash constitue une des grandes surprises de tout voyage en Jordanie. Là fut découverte effectivement, au siècle dernier, une cité romaine, protégée du temps et des hommes par le sable. Derrière l'enceinte, dont il ne reste que de rares vestiges, vous aurez tout loisir de visiter une ville romaine classique des premiers siècles de notre ère. L'ancienne Gerasa, un temps occupée à l'époque omeyade, fut pour ainsi dire abandonnée au VIIIe siècle. Son plan s'ordonne autour de deux voies principales, le cardo maximus (axe nord-sud) et le decumanus (est-ouest). Ces rues se coupent à angle droit à la hauteur du tétrapyle sud, porte à quatre baies construite sur quatre bases distinctes. A proximité immédiate, le temple d'Artémis, l'édifice le plus important de Jérash, servit de carrière de pierres au cours des premiers siècles. Au sud, adossé au rempart, un théâtre qui devait accueillir 5000 spectateurs vient rappeler la place importante que tenait la tragédie chez les Anciens. (Le site renferme un second théâtre, très délabré.) Vous retrouverez évidemment ici les lieux publics habituels: forum et thermes. Quant à l'hippodrome, aménagé hors les murs, il pouvait semble-t-il recevoir jusqu'à 15'000 personnes. Près d'une dizaine d'églises et une cathédrale, mais aussi une synagogue et une mosquée, témoignent de la ferveur des populations qui se sont succédé en ces lieux et, en outre, d'un esprit de tolérance qui a déserté la Terre sainte depuis bien longtemps. A une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Jérash, la localité d'Ajlun conserve un bel exemple d'architecture militaire arabe. Sa forteresse, la Qala'at ar-Rabad, ne fut-elle pas élevée au XIIe siècle pour faire face à la menace franque? Dominant la vallée du Jourdain, elle devait d'une part prévenir toute attaque des croisés et, de l'autre, s'intégrer à un système de communication complexe, fondé sur l'usage de feux d'alarme et de pigeons voyageurs. Sous les Ottomans, une garnison y prit un temps ses quartiers, puis l'édifice, bientôt abandonné, tomba en ruine. Diverses restaurations ont permis de redonner une certaine allure à l'ensemble, comme le prouvent notamment les murailles, composées de belles pierres à bossage. Le présent itinéraire revient vers la vallée du Jourdain pour vous permettre de découvrir les vestiges de la cité de Pella (aujourd'hui Tabaqat Fahl). Les fouilles locales ont révélé des traces d'occupation humaine remontant à l'âge de la pierre (5000 ans av. J.-C.). C'est toutefois à l'époque gréco-romaine, puis sous les Byzantins, que Pella connut son apogée. Sans doute la cité fut-elle gravement endommagée, sinon totalement détruite, par le terrible séisme de 747. Malgré tout, le site resta en partie occupé jusqu'au XIVe siècle. La visite du chantier de fouilles est assez limitée. Vous verrez l'église ouest, un bâtiment byzantin qui ne conserve que trois colonnes debout, deux autres églises de la même période, et un théâtre du Ier siècle. Vous constaterez aussi que les Anciens savaient goûter les plaisirs du thermalisme, témoin les bains qu'ils installèrent sur le Wadi al-Jirm, source généreuse et fraîche qui dispense toujours ses bienfaits aux voyageurs d'aujourd'hui. Le voyage se termine dans le «Grand Nord» jordanien, où vous visiterez Umm Qais, à la rencontre des frontières jordanienne, syrienne et israélienne. L'endroit, vous vous en doutez, a connu les pires heures des conflits israélo-arabes, en particulier en juin 1967. Mais les temps ont changé, et le traité de paix jordano-israélien d'octobre 1994 annonce des jours meilleurs, appelés de leurs v ux par les deux camps. Umm Qais occupe l'emplacement de la Gadara gréco-romaine. Incluse dans la Provincia Syria au Ier siècle av. J.-C., la cité jouit d'une certaine prospérité, qu'elle devait pour l'essentiel à sa situation privilégiée sur le chemin de Damas. Les vestiges, qui datent tous de l'époque romaine, se trouvent dans un assez mauvais état de conservation. Mais vous remarquerez le théâtre, auquel une voie romaine donne accès, ainsi que la rue à portiques, qui fut l'artère commerçante de Gadara. Si vous êtes un turfiste averti, les traces d'un hippodrome depuis longtemps disparu ne vous échapperont pas. Le petit musée vous intéressera également; il expose nombre d'objets exhumés sur place ou dans la région, par exemple une belle mosaïque byzantine du IVe siècle. S'il vous reste un peu de temps, pourquoi ne pas aller voir les thermes d'Al-Hemma? Environnés d'une végétation luxuriante, ces bains illustrent une fois de plus la véritable passion que les Romains, même loin de l'Italie, éprouvaient pour le thermalisme. Mais pousser jusqu'à Umm Qais vous permettra aussi de jouir d'un panorama exceptionnel sur le plateau du Golan (occupé par Israël depuis 1967), le lac de Tibériade et la vallée du Jourdain. |
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